Posts Tagged “société”

Photo de la Gay Pride de Jérusalem

Les manifestants sont restés sages et les chars extrêmement discrets… © Activestills.org / Oren Ziv.

(Blogmensgo, 30 juillet 2010) La 9e Gay Pride annuelle de Jérusalem a rassemblé environ 2 000 participants et presque autant de policiers pour les encadrer, sur fond d’intolérance religieuse. La manifestation fut très sage, car les organisateurs avaient interdit toute attitude provocatrice.

Le cortège revendiquait l’égalité des droits pour tous les couples et individus, quelle que soit leur orientation sexuelle. Cette revendication a trouvé son point d’orgue devant le Parlement national (Knesset). La revendication était souvent d’ordre religieux, nombre de participants ayant revêtu une kipa juive aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Presque 2 000 contre-manifestants se réunissaient pendant ce temps-là dans le quartier ultrareligieux de Méa Shéarim. Ils ne se sont pas privés de psalmodier contre la Gay Pride, mais la police leur avait strictement interdit d’utiliser des ânes pour stigmatiser la population LGBT.

Si Jérusalem n’interdit pas l’homosexualité, elle la tolère beaucoup moins que Tel-Aviv où l’ouverture d’esprit est plus grande. Il existe bien une plage dans la capitale où l’on peut afficher son homosexualité au grand jour, mais cette plage jouxte une plage réservée aux chiens.

La Gay Pride de Jérusalem n’a bien sûr pas manqué de commémorer la fusillade qui endeuilla, le 1er août 2009, un centre LGBT à Tel-Aviv (cf. notre article du 3 août 2009). Le tireur fou n’a jamais été appréhendé.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 29 juillet 2010, dont AFP et blog News du Proche et du Moyen-Orient)

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Photo de footballeurs

Depuis qu'il a fait son coming out, il ne touche plus terre ! © Getty Images 2010 / Ian Walton.

(Blogmensgo, 28 juillet 2010) Deux chercheurs de l’université du Staffordshire organisent un sondage en ligne dont les résultats (ici au format Word) de la première vague de questions montrent que 93 % des 2 000 répondants affirment que l’homophobie n’a pas sa place dans le football, 7 % considérant que les joueurs gay n’ont pas leur place dans le football. Dans le même ordre d’idées, 90 % des sondés pensent que seules comptent les performances sportives des footballeurs et non pas leurs préférences sexuelles. Le sondage se poursuit avec une deuxième vague de questions visant cette fois-ci à affiner les réponses glanées lors de la première vague.

Pendant trois semaines, la première vague de questions s’est penchée à plusieurs reprises sur la question du coming out et de l’outing. Selon les premiers résultats, les footballeurs gay choisissent de rester dans le placard afin de préserver leur valeur commerciale et non pas parce qu’ils craignent les réactions de leurs fans ou de leurs coéquipiers. Les répondants sont 60 % à juger qu’un footballeur gay doit avoir le courage de ne pas rester dans le placard, mais ils sont 40 % à penser que les footballeurs gay n’ont pas à faire connaître leur orientation sexuelle car il s’agit là d’un sujet strictement privé.

Beaucoup de personnes interrogées estiment comparable la situation des footballeurs homosexuels d’aujourd’hui à celle des joueurs noirs dans les années 1970 et 1980. On peut toutefois objecter que la négritude d’un joueur est une donnée objective, alors que son homosexualité reste facilement indétectable sur le terrain.

La deuxième vague de questions cherche à tirer les enseignements de la première vague et sollicite l’avis des sondés sur diverses questions sociétales. Par exemple, sur l’impact réel des campagnes contre l’homophobie ou de multiples sorties du placard. De même les deux chercheurs, Ellis Cashmore et Jamie Cleland, demandent-ils aux internautes leur avis sur l’outing forcé des footballeurs gay par les médias.

Les deux chercheurs soupçonnent que les footballeurs craignent plus la réaction des médias que celle de leurs fans ou de leurs coéquipiers. C’est ce qui inciterait les footballeurs gay à ne pas dévoiler leur homosexualité. Le joueur noir Justin Fashanu (cf. notre article du 12 mars 2009) reste à ce jour le seul footballeur professionnel britannique ayant révélé son homosexualité avant la fin de sa carrière. « Il se trouve, explique Ellis Cashmore, que j’ai interviewé feu Justin Fashanu [il s’est suicidé en 1998] avant qu’il ne sorte du placard. Il était tellement confronté au racisme dans les années 1980 qu’il n’en pouvait plus. Et lorsqu’il a fait son coming out, il craignait le pire. Mais en fait, les pires attaques sont venues des médias. »

Commentaire. Sondage plutôt anglo-britannique, mais dont la teneur et les enseignements sont facilement transposables au-delà de la Manche. Les médias, plus redoutables que les fans ou les coéquipiers ? Ellis Cashmore pense que l’homophobie verbale des supporteurs servirait juste à faire « couleur locale » et n’aurait rien à voir avec une homophobie réelle. Mouais. Et quand on voit l’attitude des grévistes de l’équipe de France à l’encontre de l’homosexualité supposée de leur coéquipier Yoahnn Gourcuff, l’on se dit que les médias, aussi fangeux soient-ils, sont peut-être des agneaux inoffensifs.
Et si Cashmore avait raison ? Peut-être que les supporteurs traitent aujourd’hui Gourcuff de pédé ou d’enculé pour faire couleur locale, et qu’ils cesseront de l’appeler de la sorte si d’aventure le beau joueur bordelais avouait qu’il est homosexuel…

Philca / MensGo
(via toute la presse du 27 juillet 2010, dont Grioo.com et So Foot)

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Photo de l'EuroPride 2010

Le costume flashy des policiers était presque plus adapté que celui des manifestants… © Maniak713.

(Blogmensgo, 19 juillet 2010) Environ 8 000 personnes ont participé au défilé de l’Europride 2010 (site web | page sur Facebook) qui se tenait à Varsovie, en Pologne, le 17 juillet 2010. Les gays, lesbiennes et sympathisants demandaient une plus grande ouverture d’esprit en faveur de l’homosexualité, ainsi que l’égalité des droits entre les LGBT et le reste de la population.

Les organisateurs attendaient officiellement 15 000 participants à la parade gay de Varsovie. Le défilé de samedi dernier constitue malgré tout le plus important rassemblement arc-en-ciel qu’aient vécu la Pologne en général et Varsovie en particulier. L’ancien maire de la capitale et défunt président, Lech Kaczyńskin, avait interdit en 2005 une parade gay beaucoup plus modeste.

L’EuroPride 2010 s’est déroulée en dépit de la neutralité de façade affichée par la municipalité, qui a toutefois mobilisé 2 000 policiers afin de protéger le cortège et ses 11 chars. Cela n’a donc pas empêché la tenue de la parade gay, ni le déploiement de ses banderoles arc-en-ciel ou revendicatives, ni les décibels de sa musique festive. Des contre-manifestants ultracatholiques ou ultranationalistes ont tenté de freiner la progression du cortège, certains même en lançant des œufs sur les participants. La police s’est toutefois fermement interposée, protégeant l’EuroPride et interpellant huit contre-manifestants.

Bandeau Europride 2010

La plateforme revendicative était presque aussi minimaliste que le cerveau des contre-manifestants lanceurs d'œufs… © Europride2011.eu.

Si l’EuroPride de Varsovie fut moins débridée et cinq fois moins fréquentée que celle de Zurich en 2009 ou que les Gay Prides londonienne, parisienne ou madrilène, l’on ne peut malgré tout que se réjouir de ce qu’elle a finalement eu lieu. Avec une participation fort honorable, eu égard à l’homophobie ambiante.

Selon divers sondages réalisés avant l’EuroPride, deux tiers des Polonais dénient aux organisations homosexuelles tout droit de manifester en public, 79 % sont hostiles au mariage gay, plus de 90 % se disent catholiques et 93 % sont hostiles à l’adoption homoparentale.

Et en 2011, l’EuroPride fera escale à Rome.

Commentaire. Les choses progressent en Pologne. À la vitesse d’un défilé, certes, mais c’est déjà ça !

Philca / MensGo
(via toute la presse du 17 juillet 2010, dont France 24, RTLinfo.be et NouvelObs.com)

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Photo de manifestants devant le Sénat argentin

Les partisans du mariage gay (photo) ont manifesté devant le Sénat, comme les opposants au texte. Mais séparément. © Globovisión.

(Blogmensgo, 18 juillet 2010) Le Sénat argentin a adopté, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2010, un texte de loi autorisant le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale. Quinze heures d’un débat souvent houleux auront été nécessaires pour adopter, avec une courte majorité (par 33 voix contre 27 et trois abstentions), un texte validé par l’Assemblée nationale le 5 mai. La région de la capitale Buenos Aires avait déjà institué un pacs en 2002.

Le texte s’inscrit dans le cadre d’une législation en faveur des minorités. Il autorise le mariage entre personnes de même sexe (le code civil sanctionne désormais une union entre « contractants » et non plus entre « mari et femme ») et aligne les droits des couples gay et lesbiens mariés sur ceux des couples hétérosexuels mariés. Les mariés homosexuels obtiennent par conséquent le droit à l’adoption, aux allocations familiales, aux congés parentaux, à l’héritage, etc.

Le vote du texte était notamment soutenu par le gouvernement de centre-gauche et par la présidente Cristina Fernández, qui doit encore le ratifier. En revanche, l’Église catholique en général et en particulier l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergloglio, ont appelé à l’organisation d’un référendum et à voter contre le texte, au motif que la procréation « naturelle » nécessitant un homme et une femme, l’adoption naturelle nécessite elle aussi un couple hétérosexuel. Plus de 90 % de la population argentine se dit catholique.

Les sondages antérieurs au vote sénatorial montrent une opinion publique profondément divisée sur la question du mariage homosexuel. Les sondés le refusaient à 29,6 % dans les grandes villes selon un sondage, mais à 46,2 % sur l’ensemble du territoire selon un autre sondage.

Une fois assortie de son décret présidentiel, la nouvelle loi donnera un caractère définitif et irrévocable – sauf par divorce – au mariage contracté par Alejandro Freyre et José Maria Di Bello le 28 décembre 2009 à Ushuaïa (cf. notre article du 31 décembre 2009). Les deux hommes étaient devenus le premier couple homosexuel à se marier officiellement et légalement en Argentine. La demi-douzaine de mariages homosexuels prononcés depuis lors était menacée de nullité par une décision de la Cour suprême qui n’aura donc finalement pas besoin de statuer sur cette question.

L’Argentine devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale. Ce grand pays sud-américain est le dixième pays au monde à autoriser le mariage gay, après les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Canada, l’Afrique du Sud, la Norvège, la Suède et le Portugal.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 14 juillet et toute la presse du 15 juillet 2010, dont Le Figaro et Libération)

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(Blogmensgo, 6 juillet 2010) En septembre 2010, Budapest deviendra la seule ville au monde ayant vu circuler, d’une manière très officielle, à la fois une Gay Pride (le 10 juillet) et une « Hétéro Pride » (le 4 septembre). La capitale de la Hongrie a en effet autorisé la tenue d’un défilé LGBT, mais aussi celle d’une contre-manifestation ouvertement homophobe. Cela n’empêchera pas les contre-manifestants de vociférer leurs slogans aux abords de la Gay Pride, comme ils l’ont déjà fait d’une manière violente le 5 juillet en marge d’un événement LGBT.

Bandeau Budapest Pride

Budapest est donc le berceau de l'homosexualité, en quelque sorte. © Budapestpride.hu.

Environ 2 000 personnes sont attendues dans le cortège de la Budapest Pride 2010, soit peut-être moins de manifestants que de contre-manifestants. Ce sera toutefois le point d’orgue d’une série d’événements LGBT festifs qui se tiennent dans la capitale hongroise depuis le 4 juillet et se poursuivront jusqu’au 11 juillet, avec une dominante cinématographique et culturelle.

La Budapest Pride est orchestrée par la Fondation Rainbow, avec le soutien officiel des ambassades néerlandaise et américaine. L’ambassade britannique y participe aussi en prêtant des locaux. Une partie de la classe politique hongroise soutient discrètement l’événement.

J’ai appris des tas de choses en lisant l’excellente source qui sert de support à cet article. Par exemple que c’est un écrivain hongrois du XIXe siècle, Károly Kertbeny (fiche Wikipédia), qui inventa et popularisa le vocable « homosexuel ». Honte à moi, je l’ignorais – et n’ai jamais lu la moindre œuvre de cet écrivain.

Commentaire. C’est au nom de la liberté d’expression que Budapest autorise la très homophobe Hétéro Pride. Nul doute que les dirigeants de la capitale hongroise autoriseraient, au nom de cette même liberté d’expression, des marches prônant l’assassinat des Noirs, l’extermination des Juifs, l’ostracisme à l’encontre des Polonais, l’asservissement des femmes ou les bombardements sur la Palestine…

Philca / MensGo
(via Hu-lala du 5 juillet 2010)

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