Deux hommes ensemble

En Argentine aussi, on se mobilise. ©Onusida/TangoPhoto/P.Carrera

(Blogmensgo, 30 juillet 2008) Le Rapport sur l’épidémie mondiale de sida, publié le 29 juillet 2008 par l’Onusida, montre de réelles avancées dans la prévention et les thérapies, mais sans baisse significative du nombre de personnes contaminées. Les deux tiers des séropositifs (67 %) vivent en Afrique.

Quelque 2 millions de personnes sont mortes du sida en 2007. Cette maladie est la première cause de mortalité en Afrique, où les femmes représentent 60 % des personnes infectées au VIH.

Le rapport biennal de l’Onusida dénombre environ 33 millions de séropositifs en 2007, dont près de 2,7 millions de nouvelles infections cette année-là contre 3 millions de contaminations en 2001. Des progrès sensibles ont été enregistrés, à l’échelle de la planète, dans les domaines de la prévention (notamment celle de l’enfant à naître), de la sensibilisation et des traitements par antirétroviraux. En revanche, de nombreux pays voient le nombre de nouvelles infections augmenter, par exemple la Chine, l’Indonésie, le Kenya, le Mozambique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Russie, l’Ukraine et le Vietnam.

Pour en savoir plus, on consultera le rapport biennal du 29 juillet 2008, disponible aussi dans un format théoriquement adapté à la lecture en ligne ou encore téléchargeable en fichier zip.

On peut également, cette fois-ci au format PDF, en télécharger un « résumé d’orientation » ou bien télécharger le rapport chapitre par chapitre.

Philca / MensGo
(via Onusida du 29 juillet 2008)

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Campagne antisida en Afrique du Sud

Antirétroviraux ou pas, on met sa capote ! © MediaClubSouthAfrica.com / Chris Kirchhoff.

(Blogmensgo, 29 juillet 2008) Les personnes contaminées par le virus du sida vivent en moyenne treize ans de plus, dans les pays développés, depuis que l’on associe les antirétroviraux sous forme de trithérapies. Les traitements ont en outre fait chuter de 40 % la mortalité due au sida. Mais attention, on soigne les séropositifs sans pouvoir faire disparaître le virus d’une manière définitive ! Telles sont les conclusions de deux études scientifiques dont les résultats ont été publiés, le 26 juillet 2008, dans la revue britannique The Lancet.

Une compilation de 14 études en Europe et en Amérique du Nord a comparé le taux de mortalité des personnes soignées par antirétroviraux entre trois périodes : 1996-1999 (premiers balbutiements des combinaisons d’antirétroviraux), 2000-2002 et 2003-2005. Il en ressort qu’à l’âge de 20 ans l’espérance de vie est inférieure d’un tiers chez les personnes infectées par rapport à la population dans son ensemble. À 20 ans, les patients sous antirétroviraux pouvaient espérer vivre jusqu’à 56,1 ans en 1996-1999 et jusqu’à 69,4 ans en 2003-2005 ; l’espérance de vie a donc progressé de treize ans en moins d’une décennie. Avec toutefois de grandes variations au sein de la population, les femmes vivant plus longtemps et les personnes contaminées par injection de drogue vivant moins longtemps que la moyenne des personnes sous antirétroviraux.

La prise d’antirétroviraux n’est pas pour autant synonyme d’immunisation sur le long terme, comme le révèle une autre étude publiée par The Lancet. Des chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie) ont conclu, modèle mathématique à l’appui, que les rapports non protégés entre deux partenaires sérodifférents – dont l’un séropositif sous antirétroviraux – étaient quatre fois plus risqués que les rapports avec préservatif.

Campagne antisida au Mali

Les deux meilleures protections : la prudence et la capote. © 2006, Unesco / Sabine Detzel.

L’équipe du Dr David Wilson a calculé que sur 10 000 couples sérodifférents ayant chacun 100 relations sexuelles pendant dix ans, on risquait d’obtenir en moyenne 215 contaminations de femme à homme, 425 contaminations d’homme à femme et 3 524 contaminations d’homme à homme. « Le risque de contamination entre partenaires homosexuels masculins est élevé en cas d’expositions répétées », conclut l’étude australienne.

Cette étude transforme ipso facto en idée reçue l’opinion, formulée en janvier 2008 par la Commission fédérale suisse du sida (CFS) et jusque-là consensuelle, selon laquelle certains patients bien traités sous antirétroviraux devenaient sexuellement non contagieux.

Signalons par ailleurs que l’Unesco a lancé une brochure d’information intitulée Édusida, qui vise notamment à « prévenir la propagation du VIH par le biais de l’éducation ». La brochure est téléchargeable au format PDF en français, en anglais, en espagnol, en portugais et dans plusieurs autres langues.

On rappellera enfin que la 17e conférence internationale sur le sida se tiendra du 3 au 8 août 2008 à Mexico.

Philca / MensGo
(via Vedura.fr, Le Point et Romandie News du 24 juillet, Libération du 25 juillet 2008)

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Photo de Youssef Chahine

Youssef Chahine, citoyen du monde rebelle, © Éric Mulet.

(Blogmensgo, 28 juillet 2008) Il ne faisait jamais rien comme les autres : chrétien dans un monde musulman, rebelle dans un carcan ultraconformiste, homosexuel dans une société homophobe… Le scénariste et réalisateur égyptien Youssef Chahine [site officiel, fiche Wikipédia, fiche Allociné] est mort à 82 ans, le 27 juillet 2008, dans la banlieue du Caire, des suites d’une hémorragie cérébrale.

De son premier film en 1950 à son dernier en 2007, le cinéaste d’Alexandrie a toujours dénoncé la bêtise, la censure, l’intégrisme, le fanatisme, la corruption et les clichés.

Son dernier grand film, Alexandrie-New York (2004) [fiche Allociné, fiche IMDB], est considéré comme son testament cinématographique. Du moins est-ce là le dernier film de son triptyque autobiographique, où l’auteur évoquait enfin ouvertement l’homosexualité, à travers les amours homosexuelles entre un Alexandrin et un soldat britannique.

Notre témoignage sur le cyberregistre de condoléances de Youssef Chahine : « Aucun anglicisme et aucun semi-laid (néologisme forgé par un autre grand francophone disparu) ne sauraient dire l’affliction que j’éprouve, qui est celle des esprits libres. »

Affiche du film Alexandrie-New York

Affiche du film Alexandrie-New York, l'un des grands films de Chahine, © Pyramide Distribution.

Et pour terminer, une petite anecdote piquée sur Le Tour du monde en 180 jours d’Espace francophone (cliquer sur Monde arabe). Pourquoi Chahine insérait-il souvent des chansons et des chorégraphies dans certains films, au risque d’en ralentir le rythme et l’intérêt ? « Avant, c’était par contrainte, explique Youssef Chahine. Tu ne travaillais pas si tu n’avais pas au moins deux chansons et une danse dans chaque film. Alors il y avait deux danses et une chanson. Ou deux chansons et une danse… »

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Allociné du 27 juillet et Libération du 28 juillet 2008)

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