oct 292010
 

(Blogmensgo, 29 octobre 2010) Les réfugiés pour homosexualité croient avoir fait le plus dur en obtenant droit d’asile dans un pays du Nord. Erreur. Il leur faut encore s’acclimater à un pays où les gens n’ont pas la même culture, ni les mêmes références, ni dans certains cas la même couleur de peau. Deux rendez-vous donneront chacun leur propre version de ce fossé entre univers hétérogènes, des deux côtés de l’Atlantique : le festival Image+nation à Montréal et les rencontres culturelles de l’association Tjenbé Rèd à Paris.

Logo Image+nation

Un festival « cochon », car dans ce festival tout est bon ! © Image-nation.org.

La vingt-troisième édition du festival LGBT québécois propose, depuis le 28 octobre et jusqu’au 7 novembre 2010, des longs-métrages et courts-métrages de fiction ou de documentaire en si grand nombre que je renonce à les compter. On y trouvera bien sûr tous les films récents de 2009 et les nouveautés de 2010, notamment Le Fil qui clora le festival et dont on a parlé il y a quelques jours sur les blogs de MensGo en français et en espagnol, mais aussi quelques vieilleries comme ce Taxi Zum Klo de 1980 qui ne me rajeunit guère, ou encore une évocation d’Hervé Guibert dont la disparition me bouleverse encore.

À noter le site web du « doyen des festivals de films LGBT au Canada », particulièrement bien conçu et informatif à souhait. Le millésime 2010 offre une programmation très internationale et met l’accent, à travers la section « Mundo Hispanico », sur onze films hispanophones. On en aura un aperçu en téléchargeant le communiqué de presse en PDF.

Affiche Tjenbé Rèd

Seulement trois heures au Théâtre du Temps… © Tjenbered.fr.

Tjenbé Rèd consacrera, en soirée du 23 novembre 2010, ses deuxièmes rencontres culturelles à la « Place des artistes noirs et métis LGBT dans la culture française » (présentation en PDF). Deux tables rondes et la projection d’un documentaire figurent d’ores et déjà au programme de cet événement qui se tiendra au Théâtre du Temps, dans le onzième arrondissement de Paris, en présence de plusieurs écrivains, artistes et intellectuels (je mets tout au masculin par commodité, mais il s’agira bien sûr de rencontres « mixtes »).

Philca / MensGo
(via courriel de Tjenbé Rèd reçu le 26 octobre et Métro Montréal du 27 octobre 2010)

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oct 272010
 
Photo de Natalie Rickli

Natalie Rickli. Le populisme de l'UDC a un visage… © Svp-zuerich.ch.

(Blogmensgo, 27 octobre 2010) Bien que le Conseil national ait voté par 89 voix contre 80 la création d’un registre national des pédophiles et délinquants sexuels, le Conseil des États (c’est-à-dire l’autre chambre de l’Assemblée fédérale) s’y refuse. Le fichier proposé recenserait les pédophiles, les délinquants sexuels et les auteurs de violences graves.

C’est la conseillère nationale Natalie Rickli, 33 ans, membre de la section zurichoise du parti UDC, qui a fait voter la création de ce fichier par le Conseil national. Un tel fichier s’ajouterait au casier judiciaire et permettrait de localiser plus facilement les pédophiles, soutient-elle.

Le Conseil des États, à l’unanimité de sa commission des affaires juridiques, refuse toutefois la création d’un tel registre. Selon la commission, les cantons disposent déjà d’un fichier similaire et il serait d’autant plus disproportionné d’en créer une version nationale que la mobilité des délinquants se joue d’un tel outil par ailleurs facilement sujet aux erreurs et aux inexactitudes.

Commentaire. Un fichier de ce genre existe en France, mais il n’est consultable que par certaines autorités administratives, policières et judiciaires dûment habilitées.
On imagine la finalité d’un fichier des pédophiles dans l’esprit d’un parti aussi populiste que l’UDC. La presse britannique en sait quelque chose, qui publia naguère un copier-coller du fichier local des pédophiles. Et comme bien des gens confondent allégrement l’homosexualité et la pédophilie, l’Ouganda n’est pas loin où un journal dressait récemment une liste d’homosexuels – réels ou supposés – et appelait à les pendre.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Tribune de Genève du 26 octobre et Journal du Jura du 27 octobre 2010)

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oct 262010
 
Affiche du film Le Fil

Effets d'eau, mais pas de fil à la patte ! © Pyramidefilms.com.

(Blogmensgo, 26 octobre 2010) Mehdi Ben Attia, réalisateur du long-métrage Le Fil (sorti le 12 mai 2010 en France) et l’acteur Selim Kechiouche ont accordé une interview exclusive à notre collègue Carlos Carzam, à l’occasion du 1er Festival du cinéma gay de la Costa del Sol, en marge du salon ExpoGays (cf. notre article du 22 octobre 2010). Claudia Cardinale, qui tient le premier rôle féminin dans Le Fil, était la marraine d’ExpoGays. Pour les gens qui ne maîtriseraient ni la langue espagnole ni Google Traduction, voici quelques éléments extraits de l’interview susmentionnée.  :-)

Tout d’abord, un résumé du film extrait du dossier de presse en PDF : « De retour en Tunisie, après la mort de son père, Malik, la trentaine, doit à nouveau vivre chez sa mère. Il voudrait lui dire qu’il aime les hommes, mais il n’y arrive pas et s’enfonce dans ses mensonges. Lorsqu’il rencontre Bilal, tout devient possible : le jeune architecte, son amant et sa mère s’affranchissent des interdits pour embrasser pleinement la vie. Dans la chaleur de l’été tunisien, chacun va toucher du doigt le bonheur auquel il a longtemps aspiré. »

Mehdi Ben Attia rappelle que la Tunisie ne tolère qu’en apparence l’homosexualité, puisqu’elle demeure punie d’emprisonnement par le code pénal. Et le réalisateur de préciser que son film s’est inspiré de situations bien réelles, par exemple le mariage entre un gay et une lesbienne, dont l’homosexualité était connue de tous les invités au mariage.

Photo du film Le Fil

En avril, ne te découvre pas d'un Fil ! © Pyramidefilms.com.

Carlos Carzam a tenté de comprendre s’il est possible de livrer sans être homosexuel une interprétation aussi convaincante que celle des deux principaux acteurs masculins, Selim Kechiouche (que Carlos trouve « incroyablement sensuel ») et Antonin Stahly-Vishwanadan. L’acteur et son réalisateur lui ont expliqué, en substance, qu’un interprète joue avec son talent et non pas en fonction de son orientation sexuelle.

Mehdi Ben Attia espère pour sa part que son film permettra de décrisper les mentalités tunisiennes, même si pour cela il fallait « télécharger illégalement ou pirater des DVD ». À propos de DVD, la date de sortie n’est pas mentionnée dans l’interview, mais je présume que la galette du film devrait être commercialisée en novembre ou décembre 2010. Et puis j’ai appris – honte à moi, je l’ignorais ! – que Claudia Cardinale est née et a passé sa jeunesse en Tunisie, pays dont elle conserve la nationalité.

Philca / MensGo
(via BlogMensGo.es du 25 octobre 2010)

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