Posts Tagged “coming out”

Photo de footballeurs

Depuis qu'il a fait son coming out, il ne touche plus terre ! © Getty Images 2010 / Ian Walton.

(Blogmensgo, 28 juillet 2010) Deux chercheurs de l’université du Staffordshire organisent un sondage en ligne dont les résultats (ici au format Word) de la première vague de questions montrent que 93 % des 2 000 répondants affirment que l’homophobie n’a pas sa place dans le football, 7 % considérant que les joueurs gay n’ont pas leur place dans le football. Dans le même ordre d’idées, 90 % des sondés pensent que seules comptent les performances sportives des footballeurs et non pas leurs préférences sexuelles. Le sondage se poursuit avec une deuxième vague de questions visant cette fois-ci à affiner les réponses glanées lors de la première vague.

Pendant trois semaines, la première vague de questions s’est penchée à plusieurs reprises sur la question du coming out et de l’outing. Selon les premiers résultats, les footballeurs gay choisissent de rester dans le placard afin de préserver leur valeur commerciale et non pas parce qu’ils craignent les réactions de leurs fans ou de leurs coéquipiers. Les répondants sont 60 % à juger qu’un footballeur gay doit avoir le courage de ne pas rester dans le placard, mais ils sont 40 % à penser que les footballeurs gay n’ont pas à faire connaître leur orientation sexuelle car il s’agit là d’un sujet strictement privé.

Beaucoup de personnes interrogées estiment comparable la situation des footballeurs homosexuels d’aujourd’hui à celle des joueurs noirs dans les années 1970 et 1980. On peut toutefois objecter que la négritude d’un joueur est une donnée objective, alors que son homosexualité reste facilement indétectable sur le terrain.

La deuxième vague de questions cherche à tirer les enseignements de la première vague et sollicite l’avis des sondés sur diverses questions sociétales. Par exemple, sur l’impact réel des campagnes contre l’homophobie ou de multiples sorties du placard. De même les deux chercheurs, Ellis Cashmore et Jamie Cleland, demandent-ils aux internautes leur avis sur l’outing forcé des footballeurs gay par les médias.

Les deux chercheurs soupçonnent que les footballeurs craignent plus la réaction des médias que celle de leurs fans ou de leurs coéquipiers. C’est ce qui inciterait les footballeurs gay à ne pas dévoiler leur homosexualité. Le joueur noir Justin Fashanu (cf. notre article du 12 mars 2009) reste à ce jour le seul footballeur professionnel britannique ayant révélé son homosexualité avant la fin de sa carrière. « Il se trouve, explique Ellis Cashmore, que j’ai interviewé feu Justin Fashanu [il s’est suicidé en 1998] avant qu’il ne sorte du placard. Il était tellement confronté au racisme dans les années 1980 qu’il n’en pouvait plus. Et lorsqu’il a fait son coming out, il craignait le pire. Mais en fait, les pires attaques sont venues des médias. »

Commentaire. Sondage plutôt anglo-britannique, mais dont la teneur et les enseignements sont facilement transposables au-delà de la Manche. Les médias, plus redoutables que les fans ou les coéquipiers ? Ellis Cashmore pense que l’homophobie verbale des supporteurs servirait juste à faire « couleur locale » et n’aurait rien à voir avec une homophobie réelle. Mouais. Et quand on voit l’attitude des grévistes de l’équipe de France à l’encontre de l’homosexualité supposée de leur coéquipier Yoahnn Gourcuff, l’on se dit que les médias, aussi fangeux soient-ils, sont peut-être des agneaux inoffensifs.
Et si Cashmore avait raison ? Peut-être que les supporteurs traitent aujourd’hui Gourcuff de pédé ou d’enculé pour faire couleur locale, et qu’ils cesseront de l’appeler de la sorte si d’aventure le beau joueur bordelais avouait qu’il est homosexuel…

Philca / MensGo
(via toute la presse du 27 juillet 2010, dont Grioo.com et So Foot)

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Photo de prêtre

J'espère que mon mignon de ce soir aura des arguments solides… © Photoxpress.com / Alexeï Klementiev.

(Blogmensgo, 26 juillet 2010) Le magazine italien Panorama a publié, le 23 juillet 2010, un une enquête sur la vie sexuelle des prêtres gay du Vatican. Le diocèse de Rome a aussitôt exigé des prêtres gay qu’ils se dénoncent et qu’ils quittent une Église catholique où l’homosexualité des prêtres est considérée comme incompatible avec leur sacerdoce.

L’article de Panorama dévoile, en s’appuyant sur des photos et vidéos prises en caméra cachée, comment la vie nocturne de certains prêtres gay se transforme en luxure débridée, avec escort boys et galipettes, dans des bars homo, dans des discothèques ou chez eux.

L’affaire a quelque peu débordé, par ses réactions, un cadre strictement catholico-chrétien. Selon le magazine français @rrêt sur images, l’enquête de Panorama sur « Les nuits chaudes des prêtres gay » est en fait une réponse du berger à la bergère, ou plus précisément de Silvio Berlusconi au pape Benoît XVI. Le quotidien épiscopal Avvenire ne s’était pas privé pour stigmatiser les aventures extraconjugales du Cavaliere depuis août 2009. Or, l’hebdomadaire à scandales Panorama appartient au groupe Mondadori, lui-même contrôlé par Sua Emittenza.

Sergio Ravasio, secrétaire de l’organisation LGBT Certi Diritti, a ensuite fait de nouvelles révélations tout en appelant au respect de sexualité des prêtres gay. Selon Ravasio, nombre de prêtres et cardinaux utilisent un certain « terrain de chasse » gay – dont il ne dévoile pas l’adresse – dans l’enceinte même du Vatican. Des hiérarques de l’Église catholique n’hésitent pas à y jouer du pipeau la nuit alors même que pendant la journée, en toute hypocrisie, ils dénoncent l’homosexualité.

Commentaire. Il suffit de regarder la colonne de droite du blog de Panorama pour situer cet « organe de presse » à son juste niveau : au-dessous de la ceinture. Quant à la réaction d’une Église qui refuse le mariage des prêtres, qui refuse l’homosexualité des prêtres, qui refuse l’ordination des femmes, qui dénonce la contraception, qui refuse l’avortement et qui se prétend seule détentrice de la Vérité, cette nouvelle « affaire » confirme le crédit qu’il convient de (ne pas) lui accorder.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Tribune de Genève du 23 juillet et AFP du 24 juillet 2010)

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Photo de Sean Hayes

Sean Hayes. Un front immense et un talent qui ne l'est pas moins. © Advocate.com.

(Blogmensgo, 11 mars 2010) L’acteur américain Sean Hayes a confirmé qu’il est effectivement gay, dans une très longue interview au mensuel gay The Advocate daté d’avril 2010. Son homosexualité était devenue un secret de polichinelle depuis quelque temps à Hollywood, mais Sean Hayes ne l’avait jamais publiquement dévoilée, sans pour autant s’inventer des aventures hétérosexuelles. Il gagnerait à être plus connu de ce côté-ci de l’Atlantique, car en plus d’être un beau gosse de 39 ans il semble avoir les neurones qui vont avec.

C’est son interprétation de Jack McFarland dans la sitcom Will & Grace qui l’a fait connaître du grand public. Jack, l’extravagant voisin gay qu’il incarna de 1998 à 2006, lui a valu quatre récompenses professionnelles dont un Emmy de meilleur second rôle (l’équivalent d’un « 7 d’or ») – et ses premières interviews dans la presse gay. C’est alors que Sean Hayes a usé d’une géniale pirouette afin de cacher son homosexualité sans mentir : il affirmait que sa meilleure technique pour apparaître aussi crédible dans le rôle d’un gay que dans la peau d’un hétéro consistait à en dire le moins possible sur sa vie sexuelle. Et la presse LGBT a gobé ça !

Plus fort encore. Sean Hayes, lourdement estampillé « interprète de rôles gay dans des sitcoms », prépare sa reconversion dans la comédie musicale. Il incarnera prochainement Chuck dans Promises Promises, comédie musicale de Burt Bacharach sur un livret de Neil Simon (inspirée du film La garçonnière de Billy Wilder) qui fut jouée de 1968 à 1972 avant quatre décennies d’hibernation. « J’arrive à tenir une note », se défend Sean Hayes. De fait, il était pianiste classique avant de devenir acteur professionnel.

Le beau Sean n’est pas non plus dépourvu d’humour, option autodérision : « Je crois que j’ai prodigieusement contribué à l’avancement du mouvement gay en Amérique, et si quelqu’un le conteste on peut toujours en discuter. » Le plus beau compliment vient de Neil Simon. « Pourquoi ce spectacle n’a plus été donné pendant quarante ans ? Mais parce qu’il a fallu quarante ans pour dénicher Sean Hayes ! »

Philca / MensGo
(via News de stars du 10 mars 2010)

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Livre Je suis le seul joueur de foot homo

Yohann Lemaire a raconté son expérience dans un livre (cliquer pour voir). © Textesgais.com

(Blogmensgo, 1er mars 2010) Deux mois après l’émission « Sports et homosexualités : c’est quoi le problème ? », Yohann Lemaire regrette un peu d’avoir été le seul footballeur français à témoigner de son homosexualité sur Canal+. Son coming-out médiatique a fait se consumer un peu plus un torchon qui brûlait déjà avec le FC Chooz, son petit club des Ardennes françaises. C’est ce qu’il a dit ce matin, sur France Inter, au micro de Pascale Clark dans Comme on nous parle (émission téléchargeable pendant une semaine).

Pour écouter l’interview de quatre minutes, régler le chrono à 4:34. En voici quelques extraits significatifs. « Depuis deux ans il y avait de l’homophobie dans le club, explique Yohann. J’ai arrêté le foot parce que je ne pouvais pas continuer dans ces conditions-là. […] Le club continue de dire des choses navrantes sur moi, ça me pollue la vie. » Et Lemaire d’évoquer le déplacement annuel du FC Chooz pour un match avec le Paris Foot Gay au Parc des Princes, dont le club ardennais a subitement décidé de faire payer les frais de transport par Yohann Lemaire lui-même.

Désormais retraité du ballon rond, Yohann revient sur la manière dont il encaissait les vexations au quotidien. « Pendant plusieurs années, je n’ai trop rien dit. Quand vous entendez [dire] pédé, tarlouze, pédale par des coéquipiers… j’ai un peu laissé tomber. J’en parlais quand même aux dirigeants, mais sans non plus en faire de trop. »

Son passage médiatique sur Canal+ a rallumé la mèche, suscitant des propos violemment homophobes de la part d’un coéquiper. « Le président du club m’a dit, quelques jours après : “On ne va pas suspendre l’homophobe en question, parce qu’il serait discriminant de prendre une sanction envers quelqu’un qui a le droit de ne pas aimer les homos !” » Et Yohann Lemaire de conclure : « Ce qui est navrant, c’est l’indifférence totale. Les dirigeants, les élus, personne ne s’intéresse au problème. […] Aujourd’hui, c’est vraiment compliqué, c’est difficile… Je regrette un peu, quelque part. »

Philca / MensGo
(via l’émission « Comme on nous parle » du 1er mars 2010)

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Photo de Gareth Thomas

Gareth Thomas, homme de muscles… et de courage. © Wikipedia.org.

(Blogmensgo, 21 décembre 2009) Gareth Thomas est devenu le 19 décembre 2009, à 35 ans, le premier joueur de rugby professionnel encore en activité à dévoiler son homosexualité. Capitaine de l’équipe du pays de Galles jusqu’à sa retraite internationale en 2007 et actuel sociétaire des Cardiff Blues, Gareth Thomas (fiche Wikipedia) est considéré comme le plus grand joueur gallois de sa génération.

C’est par une très longue interview au Daily Mail que l’homme aux 100 sélections en équipe nationale a choisi de faire son coming out. Pourquoi être sorti du placard avant la retraite sportive ? « Je veux envoyer un message positif aux autres gays pour leur dire qu’eux aussi, ils peuvent le faire », explique Gareth Thomas.

« C’est à seize ou dix-sept ans que j’ai su que j’étais gay, explique-t-il, mais le savoir et l’accepter sont deux choses très différentes. » C’est aussi à cette époque-là que commença l’infernal engrenage de l’apparente normalité hétérosexuelle. Gareth s’inventait des conquêtes féminines et surjouait l’hétéro viril, croyant ainsi nier son réel penchant et pouvoir oublier sa première expérience sexuelle gay à l’âge de dix-huit ans. Son mariage fut un vrai mariage d’amour, même s’il fut entrecoupé de brèves rencontres masculines.

Ce mariage d’amour contribua à entretenir une longue période de déni et de culpabilité. Gareth Thomas aura attendu l’été 2006 pour avouer son homosexualité à sa femme Jemma, qu’il avait épousée en 2002 ; le couple est aujourd’hui en instance de divorce. C’est aussi à cette époque-là qu’il révéla son orientation sexuelle à l’entraîneur et à deux coéquipiers des Cardiff Blues. Tous trois auront soigneusement gardé le secret…

Commentaire. Dommage qu’il n’ait pas fait son coming out pendant qu’il était encore international. Il n’empêche, Gareth Thomas est incontestablement notre homme de l’année 2009.

Philca / MensGo
(via Daily Mail du 19 décembre 2009)

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