
Presque les couleurs de l'arc-en-ciel… Attention, le poppers risque de t'en faire voir de toutes les couleurs. J'ai bien dit RISQUE, parce qu'inhaler du poppers peut être RISQUÉ. ©Wikipedia.fr.
(Blogmensgo, 30 juin 2011) Le ministère français chargé de la Santé s’apprête à faire interdire la vente et l’offre « des produits contenant des nitrites tels que ceux contenus dans les poppers », selon une décision rendue publique le 30 juin 2011 par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Cette interdiction imminente, décidée « en raison des risques de dépendance ou d’abus », doit encore être entérinée par un arrêté publié au Journal officiel.
[Update du 11 juillet 2011. L'interdiction est désormais en vigueur. Le Journal officiel du 7 juillet 2011 a publié un « arrêté du 29 juin 2011 portant application d’une partie de la réglementation des stupéfiants aux produits contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères », stipulant ceci : « L’offre et la cession au public des produits, à l’exception des médicaments, contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères sont interdites. »]
Les autorités françaises s’appuient sur une « proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) » et sur les résultats, dévoilés le 29 juin 2011, du « Baromètre santé 2010 de l’Inpes sur les pratiques d’usage de substances psychoactives par les adultes » (François Beck, Romain Guignard, Jean-Baptiste Richard, Marie-Line Tovar, Stanislas Spilka, Les niveaux d’usage des drogues en France en 2010. Baromètre santé 2010, Tendances, 2011, n° 76, 6 pages). Ce baromètre constate que « les poppers voient leur diffusion augmenter, c’est ainsi que 5,3 % des 18-64 ans en ont consommé au cours de leur vie alors qu’ils étaient 3,9 % en 2005 ».
C’est plus précisément la commercialisation de certain dérivés des nitrites qui sera interdite au grand public, sauf dans le cadre réglementé d’une prescription médicale. Dans un long et documenté article du 22 avril 2006, notre blogueur Stéphane précisait que les poppers existent sous forme « de nitrites d’amyle [c’est-à-dire de pentyle] ou de nitrites de butyle ». Ce même article rappelait sans ambiguïté les conséquences graves et parfois mortelles de l’utilisation des poppers dans certaines circonstances.
Les autorités sanitaires et politiques françaises appuient en outre leur décision sur le risque de « pertes visuelles prolongées mais réversibles » liées à l’inhalation de poppers, risque mis en lumière par une étude d’octobre 2010.
En 2009, le Conseil d’État avait annulé un décret interdisant la commercialisation des poppers en France.
Commentaire. Des « risques de dépendance ou d’abus » ? Nul doute que la France va très vite interdire la commercialisation de l’alcool et du tabac, qui jusqu’à preuve du contraire tuent beaucoup plus que les poppers !
Des poppers, j’en ai vendu des centaines de flacons à une époque où le Viagra et le Cialis n’existaient que dans les rêves des impuissants. Et déjà à cette époque lointaine, je m’interdisais de vendre cette camelote aux mecs souffrant d’insuffisance cardiaque ou susceptibles de prendre des stimulants cardiaques. Les risques liés aux poppers sont de notoriété publique depuis des décennies.
Mieux vaudrait aujourd’hui renforcer l’obligation d’information. Car si l’on interdit la vente des poppers, on ne fera que déplacer le problème – vers l’étranger ou vers d’autres substances – et les accidents consécutifs à l’inhalation de poppers augmenteront à mesure que l’information s’amenuisera.


