jan 312011
 
Sondage TNS Sofres

Le Parlement français tiendra-t-il compte des sondages ? © TNS Sofres.

(Blogmensgo, 31 janvier 2011) Un sondage téléphonique TNS Sofres (résultats ici en PDF) montre que 58 % des Français sont favorables au mariage homosexuel et 49 % à l’adoption homoparentale. La principale différence est que 35 % de répondants se disent opposés au mariage, gay, alors que l’adoption d’enfants par des couples homosexuels hérissent encore 47 % des personnes interrogées.

(Enquête effectuée pour Canal+ et réalisée le 26 janvier 2011 par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 950 personnes, selon la méthode des quotas.)

L’acceptation du mariage homosexuel semble d’autant plus large que seuls 18 % des sondés y sont « tout à fait opposés ». L’hostilité au mariage gay se rencontre surtout parmi les plus de 65 ans (62 %), parmi les sympathisants du parti d’extrême droite Front national (56 %) et même au sein de la droite dans son ensemble (52 %). En revanche, les partisans du mariage entre personnes de même sexe sont plus volontiers des personnes jeunes (74 % chez les moins de 35 ans), de gauche (72 %), d’un milieu aisé (70 %) ou de sexe féminin (63 %).

L’opinion des Français face au mariage homosexuel aura notablement évolué entre 2006 et 2010. Sur la période, on est passé de 45 % à 58 % d’opinions favorables, alors que dans le même temps l’hostilité régressait de 51 % à 35 %.

L’acceptation de l’adoption homoparentale enregistre un cheminement assez spectaculaire là aussi, quoique moins rapide. En 2001, seuls 30 % des Français se disaient favorables à l’adoption par des couples homosexuels et ils sont 49 % aujourd’hui. De même la proportion de personnes hostiles à l’adoption par des couples de même sexe a-t-elle décru de 68 % en 2001 à 47 % aujourd’hui, 23 % des personnes interrogées y demeurant résolument hostile.

Les femmes sont nettement plus favorables à l’adoption homoparentale que les hommes. Le sujet suscite 55 % d’avis favorables chez les femmes contre 42 % chez les hommes (soit 13 points d’écart contre 10 points au sujet du mariage gay), tandis que 42 % des femmes et 52 % des hommes y sont hostiles (soit 10 points d’écart contre 5 points sur le mariage). À noter que l’hostilité est beaucoup plus marquée à droite (64 %) que ne le sont les avis favorables à gauche (60 %).

Commentaire. Il est quelque peu délicat de comparer les différents sondages consacrés au même sujet pendant la décennie, car ils ont été administrés de manières différentes, tantôt par téléphone et tantôt en face-à-face. Dommage que TNS Sofres n’ait pas mentionné les opinions religieuses des sondés, cela eût sans doute été très très révélateur.
[Update du 1erfévrier 2011. Sur le même sujet voir aussi le sondage Ifop de juin 2008.]

Philca / MensGo

(via toute la presse du 28 janvier 2011, dont Libération et Le Figaro)

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jan 282011
 
Fléau de justice

Mauvaise Constitution, changer de Constitution… © MVit / Photoxpress.com.

(Blogmensgo, 28 janvier 2011) Estimant que « le dernier alinéa de l’article 75 et l’article 144 du code civil sont conformes à la Constitution » française, le Conseil constitutionnel a, le 28 janvier 2011, tranché la question prioritaire de constitutionnalité qui lui avait été soumise le 16 novembre 2010 par la Cour de cassation en validant l’interdiction du mariage homosexuel en France. Les sages de la rue Montpensier ont par conséquent jugé (ici en HTML ou ici en PDF) que le mariage à la française ne pouvait être prononcé qu’entre un homme et une femme.

(Sur toute cette affaire, lire nos articles du 17 novembre 2010 et du 18 janvier 2011. Sur les motivation des deux requérantes, Corinne C. et Sophie H., cette dépêche publiée par l’AFP le 26 janvier 2011 est assez complète.)

Le Conseil constitutionnel reconnaît toutefois implicitement dans un communiqué de presse que l’égalité de traitement entre couples homosexuels et couples hétérosexuels n’est pas au rendez-vous dès lors qu’il s’agit de mariage. Mais « il n’appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur sur la prise en compte, en cette matière, de cette différence de situation », précise la haute instance, non sans avoir rappelé que le « droit de mener une vie familiale normale » tel que défini par la Constitution de 1946 « n’implique pas que les couples de même sexe puissent se marier ».

Autrement dit, le Conseil constitutionnel suggère à demi-mot deux issues possibles au Parlement : soit le maintien de la Constitution en l’état, sachant qu’il appartient « au législateur de définir les conditions pour pouvoir se marier dès lors que ces conditions ne sont pas contraires à d’autres exigences constitutionnelles » ; soit une modification de la Constitution.

Commentaire. La décision du Conseil constitutionnel n’a rien de surprenant, cette institution n’ayant pas l’habitude de jouer les trublions.

Il ne reste donc plus qu’à profiter de la présidentielle de 2012 et de sa campagne électorale – voire des primaires internes à chaque parti – pour inscrire au cœur du débat des sujets aussi cruciaux que le mariage gay, le droit à l’adoption homoparentale et même le droit à la procréation médicalement assistée.

D’aucuns affirment – je l’ai lu sur plusieurs forums – qu’il ne faut pas mélanger tous les sujets et qu’il vaut mieux y aller progressivement, sous prétexte que des gens qui sont favorables au mariage homosexuel ne le sont pas forcément dès lors qu’il s’agit de l’homoparentalité, et inversement. Fausse bonne idée ! Revenons cent soixante ans en arrière : pouvait-on juger concevable d’y aller progressivement dans l’abolition de l’esclavage et de ne l’octroyer que d’une manière progressive, par exemple d’abord aux Noirs, puis aux métis, puis à tutti puis à quanti, sous prétexte que certains esprits chagrins pensaient que l’esclavage des uns se justifiait mieux que celui des autres ? Eh bien avec le mariage homosexuel et l’homoparentalité, c’est un peu la même chose : il est tout aussi inique d’interdire l’un ou l’autre de ces deux droits fondamentaux. L’avenir nous donnera raison.

Philca / MensGo

(via toute la presse du 28 janvier 2011, dont 20 Minutes)

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jan 272011
 
Affiche du 1er Salon LGBT à Lille

« Affiche glaciale, salon génial ! » (vieux dicton lillois). © Lillepride.fr.

(Blogmensgo, 27 janvier 2011) La Lesbian & Gay Pride Lille organise, les 29 et 30 janvier 2011, le 1er Salon gay, lesbien, bi et trans dans la métropole nordiste. La périodicité de cette nouvelle manifestation n’est pas encore précisée ; on devrait en savoir plus en se rendant sur place, précisément à la salle du Gymnase sise au 7, place de Sébastopol.

La première édition de ce « salon LGBT des gens du Nord » réunira en un même lieu une vingtaine d’associations LGBT locales, régionales et nationales (voire internationales), mais aussi des artistes sur scène ou en expo, des commerces et commerçants LGBT.

C’est cette étiquette commerçante, en l’occurrence de « photos sexy », que les organisateurs du salon LGBT lillois ont collée sur le torse bombé de l’artiste D’Geyrald, dont l’article qu’on lui a consacré il y a huit jours vient d’être actualisé, afin d’évoquer son imminente paternité. Profitez-en aussi, gens du cyberespace, pour visionner – tout en bas de ce même article – l’envolée roborative de D’Geyrald sur l’homosexualité, le mariage gay et l’adoption homoparentale.

À noter que les deux euros du billet d’entrée seront entièrement reversés à la Lesbian & Gay Pride Lille qui, en plus d’organiser ce salon, annonce plusieurs événements LGBT dans le cadre du Festival culturel 2011 de Lille (du 27 mai au 2 juin) et prépare la Gay Pride du 5 juin 2011.

Philca / MensGo

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