Archives pour la catégorie “société”
 John Roberts. Le président de la Cour suprême invite les bigots homophobes à se faire voir ailleurs. © Wikipedia.org.
(Blogmensgo, 3 mars 2010) Les couples homosexuels peuvent se marier à Washington dès aujourd’hui et 200 candidats au mariage gay sont attendus ce jour à l’ouverture du bureau des affaires matrimoniales. Le 2 mars 2010, la Cour suprême a en effet refusé de surseoir à l’entrée en vigueur d’une loi autorisant la célébration de mariages homosexuels à Washington (cf. notre article du 2 décembre 2009).
Le président de la Cour suprême, John G. Roberts Jr, 55 ans, explique dans un arrêt (en PDF) que son institution n’a pas à invalider le mariage gay en attendant la tenue d’un référendum d’initiative populaire. La Cour suprême, explique-t-il, n’a pas à s’immiscer dans cette affaire à caractère local tant que les voies de recours juridiques ne sont pas épuisées au sein même du District de Columbia (circonscription qui englobe la capitale Washington). Une intervention prématurée de la Cour suprême des États-Unis apparaît d’autant moins opportune, poursuit Roberts, que le Congrès n’a pas choisi de bloquer cette loi dans le délai légal de trente jours.
L’arrêt de la Cour suprême porte sur la forme et non pas sur le fond de l’affaire. Plusieurs voies de recours s’offrent encore aux adversaires du mariage entre personnes de même sexe à Washington, emmenés par un pasteur du cru. Le premier de ces recours consiste à organiser un référendum local. C’est ce qu’a voulu faire le lobby hostile au mariage gay, en ajoutant une question sur le mariage homosexuel à un autre référendum déjà programmé. La municipalité y a mis son veto et cette décision fait l’objet d’un recours devant la cour d’appel du District de Columbia.
Les mariages entre personnes de même sexe peuvent donc être contractés dès le 3 mars dans la capitale américaine. Il faut toutefois compter, à Washington, un délai légal de trois jours francs ouvrés entre le dépôt du dossier et la célébration du mariage. Autrement dit, aucun mariage homosexuel ne deviendra effectif avant le 9 mars 2010.
Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Business Week du 2 mars, Associated Press et Le Figaro)
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 Yohann Lemaire a raconté son expérience dans un livre (cliquer pour voir). © Textesgais.com
(Blogmensgo, 1er mars 2010) Deux mois après l’émission « Sports et homosexualités : c’est quoi le problème ? », Yohann Lemaire regrette un peu d’avoir été le seul footballeur français à témoigner de son homosexualité sur Canal+. Son coming-out médiatique a fait se consumer un peu plus un torchon qui brûlait déjà avec le FC Chooz, son petit club des Ardennes françaises. C’est ce qu’il a dit ce matin, sur France Inter, au micro de Pascale Clark dans Comme on nous parle (émission téléchargeable pendant une semaine).
Pour écouter l’interview de quatre minutes, régler le chrono à 4:34. En voici quelques extraits significatifs. « Depuis deux ans il y avait de l’homophobie dans le club, explique Yohann. J’ai arrêté le foot parce que je ne pouvais pas continuer dans ces conditions-là. […] Le club continue de dire des choses navrantes sur moi, ça me pollue la vie. » Et Lemaire d’évoquer le déplacement annuel du FC Chooz pour un match avec le Paris Foot Gay au Parc des Princes, dont le club ardennais a subitement décidé de faire payer les frais de transport par Yohann Lemaire lui-même.
Désormais retraité du ballon rond, Yohann revient sur la manière dont il encaissait les vexations au quotidien. « Pendant plusieurs années, je n’ai trop rien dit. Quand vous entendez [dire] pédé, tarlouze, pédale par des coéquipiers… j’ai un peu laissé tomber. J’en parlais quand même aux dirigeants, mais sans non plus en faire de trop. »
Son passage médiatique sur Canal+ a rallumé la mèche, suscitant des propos violemment homophobes de la part d’un coéquiper. « Le président du club m’a dit, quelques jours après : “On ne va pas suspendre l’homophobe en question, parce qu’il serait discriminant de prendre une sanction envers quelqu’un qui a le droit de ne pas aimer les homos !” » Et Yohann Lemaire de conclure : « Ce qui est navrant, c’est l’indifférence totale. Les dirigeants, les élus, personne ne s’intéresse au problème. […] Aujourd’hui, c’est vraiment compliqué, c’est difficile… Je regrette un peu, quelque part. »
Philca / MensGo
(via l’émission « Comme on nous parle » du 1er mars 2010)
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 Culotté ! Douglas F. Gansler a commandé un rapport sur le mariage gay à un sénateur… gay. © Oag.state.md.us.
(Blogmensgo, 25 février 2010) Le Maryland va prochainement reconnaître les unions homosexuelles célébrées ailleurs que dans cet État, a déclaré le 24 février 2010 son ministre de la Justice, le démocrate Douglas F. Gansler. Et de préciser que les administrations du Maryland doivent dès maintenant accorder aux couples homosexuels mariés les mêmes droits que ceux des couples hétérosexuels mariés.
Douglas Gansler appuie sa décision sur un rapport (en PDF) qui lui a été remis la veille par un sénateur ouvertement gay, Richard S. Madaleno Jr. Le « principe de base », est-il stipulé page 53, « est qu’un mariage valable là où il a été célébré reste valable au Maryland ».
Seuls cinq États américains autorisent la célébration de mariages gay : l’Iowa et quatre des six États de la Nouvelle-Angleterre (Connecticut, Massachusetts, New Hampshire et Vermont). Le district de la capitale Washington reconnaît lui aussi les unions homosexuelles contractées ailleurs (cf. notre article du 2 décembre 2009), de même que l’État de New York. Avec le Maryland, on obtient une formule de 5 + 3, voire bientôt 6 + 2, puisque Washington DC autorisera les mariages homosexuels sur ton territoire dès mars 2010.
La décision de Gansler risque toutefois d’être contestée en justice, car elle suscite un tollé dans les milieux politiques conservateurs et plusieurs évêques s’en offusquent publiquement. Bien qu’il préfère la solution du pacs à celle du mariage gay, le gouverneur démocrate Martin O’Malley a fait sienne la décision de son ministre de la Justice. Les autres leaders démocrates estiment qu’une telle décision n’est pas forcément opportune à l’approche des élections générales d’octobre 2010.
Philca / MensGo
(via toute la presse américaine du 25 février 2010, dont Washington Post et CatholicCulture.org)
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 En France, on ne peut plus impunément assimiler l'homosexualité à la pédophilie. © Photoxpress.com / Dinostock.
(Blogmensgo, 5 février 2010) Le conseil des prud’hommes de Lille (Nord) a condamné une association locale à 10 000 euros pour avoir discriminé un employé gay à cause de son orientation sexuelle avant de le licencier. En revanche, la validité du licenciement a été démontrée car le salarié avait par ailleurs fauté.
Le calvaire de Julien P. a commencé en octobre 2006, lorsqu’il a révélé son homosexualité à ses collègues de la Fédération laïque des associations socio-éducatives du Nord (Flasen). Depuis lors, une pluie de vexations, d’humiliations et de réflexions désobligeantes, notamment de la part du directeur de la Flasen, s’est abattue sur le pauvre salarié. Jusqu’à son licenciement en avril 2007, mais pour un autre motif que le jugement prud’homal (au format PDF) a reconnu parfaitement légitime.
Le conseil des prud’hommes, s’appuyant en partie sur les conclusions de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), reconnaît que Julien « a subi une discrimination prohibée par l’article L 1132-1 du code du travail au regard de son orientation sexuelle, dont la Flasen devra supporter la charge en lieu et place de [son directeur] dans le présent litige. » L’indemnité de 10 000 euros vise à réparer le préjudice du salarié, qui avait fait une dépression nerveuse après avoir été honteusement suspecté de pédophilie par ses collègues.
Tous les employeurs français ne sont aussi rétrogrades. Chez Orange (groupe France Télécom), par exemple, les droits des salariés pacsés avec une personne du même sexe sont devenus presque identiques à ceux des pacsés hétérosexuels. Du moins est-ce l’avis que donne Mobilisnoo, association des personnels LGBT du groupe français, dans son état des lieux (au format PDF) au 3 février 2010.
Mobilisnoo déplore des carences résiduelles en matière de pension de réversion (retraite après décès du conjoint) et d’assurance-décès. Mais, précise l’association, cela relève de la législation française et non des entreprises elles-mêmes.
Philca / MensGo
(via Le Figaro et NouvelObs.com du 2 février [prud’hommes], communiqué Mobilisnoo du 3 février 2010, reçu par courriel [Orange])
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 Pascal Broulis. Le président du Conseil d'État de Vaud signe un rapport très contesté. © Vd.ch.
(Blogmensgo, 4 février 2010) Dans un rapport sur « les discriminations dont sont victimes les homosexuels » rendu public le 20 janvier 2009, le Conseil d’État du canton de Vaud (Suisse) se contente d’un statu quo, jugeant « qu’il convient désormais de laisser le temps à la société d’évoluer et que des préjugés parfois fort anciens ne peuvent pas disparaître du jour au lendemain ». Les organisations LGBT suisses n’apprécient pas, mais pas du tout cette position autosatisfaite et timorée.
C’est la députée de gauche Anne Papilloud qui a demandé au Conseil d’État de faire un rapport sur la discrimination dont sont victimes les gays et les lesbiennes. Dans son document de sept pages, daté du 16 décembre 2009, le Conseil d’État estime en substance que l’on a déjà beaucoup fait comme cela et qu’il faut donner du temps au temps. La haute instance paraît se contenter des deux principaux acquis de ces dernières années : l’introduction de la prévention de l’homophobie dans les cours d’éducation sexuelle et l’adaptation dans le droit vaudois du pacs institué à l’échelle fédérale.
Le rapport laisse dans l’ombre la question cruciale du suicide chez les jeunes homosexuels et de sa prévention. « Un tiers des suicides de jeunes en Suisse sont liés à leurs questionnements sur leur orientation sexuelle », rappelle pourtant un article de GayRomandie, journal interactif de Vogay. Quant à l’organisation d’assises contre l’homophobie à l’image de celles de Genève (cf. notre article du 3 septembre 2009), le Conseil d’État n’en voit pas l’utilité.
Philca / MensGo
(via 24 Heures du 4 février 2010)
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