Posts Tagged “éducation / enseignement”
 Pascal Broulis. Le président du Conseil d'État de Vaud signe un rapport très contesté. © Vd.ch.
(Blogmensgo, 4 février 2010) Dans un rapport sur « les discriminations dont sont victimes les homosexuels » rendu public le 20 janvier 2009, le Conseil d’État du canton de Vaud (Suisse) se contente d’un statu quo, jugeant « qu’il convient désormais de laisser le temps à la société d’évoluer et que des préjugés parfois fort anciens ne peuvent pas disparaître du jour au lendemain ». Les organisations LGBT suisses n’apprécient pas, mais pas du tout cette position autosatisfaite et timorée.
C’est la députée de gauche Anne Papilloud qui a demandé au Conseil d’État de faire un rapport sur la discrimination dont sont victimes les gays et les lesbiennes. Dans son document de sept pages, daté du 16 décembre 2009, le Conseil d’État estime en substance que l’on a déjà beaucoup fait comme cela et qu’il faut donner du temps au temps. La haute instance paraît se contenter des deux principaux acquis de ces dernières années : l’introduction de la prévention de l’homophobie dans les cours d’éducation sexuelle et l’adaptation dans le droit vaudois du pacs institué à l’échelle fédérale.
Le rapport laisse dans l’ombre la question cruciale du suicide chez les jeunes homosexuels et de sa prévention. « Un tiers des suicides de jeunes en Suisse sont liés à leurs questionnements sur leur orientation sexuelle », rappelle pourtant un article de GayRomandie, journal interactif de Vogay. Quant à l’organisation d’assises contre l’homophobie à l’image de celles de Genève (cf. notre article du 3 septembre 2009), le Conseil d’État n’en voit pas l’utilité.
Philca / MensGo
(via 24 Heures du 4 février 2010)
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(Blogmensgo, 22 janvier 2010) Un court-métrage d’animation du réalisateur homosexuel français Sébastien Watel, intitulé Le baiser de lune, destiné aux élèves de CM1 et CM2 (9-11 ans), suscite la polémique en France car il traite ouvertement de l’homosexualité masculine. Le film évoque à la fois l’amour que Félix le poisson-chat porte à Léon le poisson-lune et la manière dont la très hétérosexuelle grand-mère de Félix perçoit cet amour. La controverse enfle alors même que le « tournage » du film ne se terminera qu’en mars 2010.
 Félix le poisson-chat, scandaleux héritier du déjà scandaleux Félix the Cat… © Le-baiser-de-la-lune.fr.
Pas de quoi fouetter un poisson-chat ? Voire. Plusieurs organes de presse de la droite nationaliste mènent un combat contre le court-métrage de 26 minutes et contre le « lobby homosexuel » en général. L’inspection académique du département d’Ille-et-Vilaine ne soutient plus le film ostensiblement et attend de visionner le produit final avant de se prononcer sur sa (non-)diffusion dans les écoles du département.
Le film, spécifiquement destiné à un public d’enfants et conçu dans un cadre pédagogique, veut pourtant « lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence » en donnant à combattre la naissance des préjugés qui naissent à la fin de l’enfance, explique le réalisateur. Et Sébastien Watel de préciser qu’il « souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe. Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles. »
Les promesses de subventions permettent presque au budget de production d’atteindre son objectif, soit 150 000 euros. Tout le monde se dit prêt à épauler le film, depuis la ville de Rennes jusqu’à la région de Bretagne, en passant par les départements des Côtes-d’Armor et du Finistère, sans oublier des entités LGBT aussi connues que le magazine Têtu ou l’association SOS Homophobie.
Mais les revirements de dernière minute n’étant pas exclus, une souscription en ligne est lancée auprès des particuliers et des entreprises.
Philca / MensGo
(via Ouest-France du 22 janvier 2010, ici et là)
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 Pas de logo UDC pour la section gay de l'UDC. Ambiance… © Gaysvp.ch.
(Blogmensgo, 18 décembre 2009) Des gays et lesbiennes germanophones, sous l’égide du député bisexuel Thomas Fuchs, viennent de créer une section gay au sein de l’Union démocratique du centre (UDC). Au 18 décembre 2009, la section gay de l’UDC revendiquait dix-sept membres. L’initiative engendre un malaise palpable au sein même du parti.
Connu pour ses discours musclés « contre la surpopulation étrangère », l’UDC a suscité le récent référendum qui interdit la construction de minarets en Suisse. Sur ce blog, on connaît surtout l’UDC par sa section du Valais romand et plus particulièrement à travers les déclarations fort peu homophiles d’un dirigeant des Jeunes UDC du Valais romand, Grégory Logean (cf. nos articles des 16 juillet et 16 octobre 2009). Thomas Fuchs n’avait pas manqué de dire, à l’époque, tout le mal qu’il pense des déclarations de Grégory Logean et de la mentalité du jeune politicien.
La section gay entend faire connaître ses positions sur plusieurs thèmes, dont celui de l’homosexualité. Le fait d’être homosexuel, expliquent les UDC gay, est un motif légitime d’émigration en cas de persécutions ou de menaces graves contre la personne. La section « rose » de l’UDC incite le système scolaire suisse à fournir une information objective sur l’homosexualité et sur la prévention du sida. Thomas Fuchs et ses camarades sont par ailleurs favorables à l’adoption homoparentale… que combat fermement l’UDC.
Si elle ne condamne pas l’initiative, la direction du parti ne se montre guère enthousiaste. Son secrétaire général, Martin Baltisser, affirme ainsi que « l’orientation sexuelle de nos membres n’est pas un problème mais [que] nous devons maintenant contrôler qui sont vraiment ces gens ». La section gay s’est vu refuser l’utilisation du logo de l’UDC.
« Je m’oppose à la banalisation de l’homosexualité et me distancie complètement de cette section », déclare pour sa part le très sympathique Grégory Logean.
Philca / MensGo
(via 20 Minutes du 15 décembre 2009, ici et ici)
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 « Et si je remplaçais le couple lesbien par un couple transsexuel ? » (citation apocryphe) © Amulet Books.
(Blogmensgo, 4 novembre 2009) Scholastic, organisateur de salons du livre scolaire aux États-Unis, a fait pression sur une auteure afin qu’elle remplace dans son dernier ouvrage un couple de parents d’élève lesbien en couple hétérosexuel. En revanche, Scholastic dément toute censure.
L’affaire concerne le livre Luv Ya Bunches de l’écrivaine Lauren Myracle, spécialisée dans la littérature pour préados. L’auteure y narre les aventures de quatre copines aussi dissemblables que possible, hormis le fait qu’elles ont toutes un nom de fleur en guise de prénom. L’une d’elles, Milla, est élevée par un couple lesbien. Scholastic a écrit à l’éditeur Amulet Books, lui demandant que Lauren Myracle supprime de son livre les nombreux jurons et qu’elle remplace les mère lesbiennes par un couple hétérosexuel.
L’auteure a accepté d’amender le langage des quatre gamines, mais pas l’orientation sexuelle des mamans. « En Amérique, plus de 200 000 enfants sont élevés par des parents de même sexe, tout comme Milla. Alors, inutile de tout maquiller ou de se cacher derrière son petit doigt », plaide Lauren Myracle.
Scholastic affirme n’avoir pas eu le temps de contrôler le livre afin de l’inclure dans ses salons d’automne. En revanche, Luv Ya Bunches sera bien présent dans les salons de printemps, précise Scholastic en récusant toute idée de censure.
Commentaire. On dirait un remake de l’affaire And Tango Makes Three, cette fois-ci en version lesbienne. Sauf qu’il s’agit là du premier tome d’une saga en quatre volumes ; si la censure n’est pas établie, la tentative de pression semble indiscutable.
Philca / MensGo
(via School Library Journal du 21 octobre et ActuaLitté du 2 novembre 2009)
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 Un gentil slogan fourni sans aspirine… mais avec un beau mec. © Enseignementsup-recherche.gouv.fr.
(Blogmensgo, 3 novembre 2009) Alors que la France enclenche la deuxième phase de sa campagne contre l’homophobie en milieu universitaire, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, va rappeler aux directeurs d’établissement leur obligation de diffuser cette campagne dans les lieux qu’ils administrent. La ministre s’y est engagée, le 3 novembre 2009, après avoir rencontré plusieurs associations spécialisées, dont l’Inter-LGBT.
La ministre de l’Enseignement supérieur va notamment rappeler aux directeurs des universités et des grandes écoles qu’ils seront tenus de faire diffuser dans leur établissement les quatre affiches prévues pour la seconde campagne antihomophobie. Elle leur rappellera aussi, dans une lettre, que les actes homophobes dont sont victimes les gays et lesbiennes contribuent au taux de suicide « quatre à sept fois supérieur » à celui de la population étudiante hétérosexuelle.
La première campagne française contre l’homophobie dans les universités, lancée en juin 2009 avec deux affiches, a subi ici et là à des actes de malveillance susceptibles de nuire à sa bonne diffusion. Des affiches ont ainsi été arrachées dans des établissements aussi prestigieux que l’École polytechnique. Outre les campus, la nouvelle campagne sera relayée par les associations, les commerces de proximité dans les villes ayant plus de 100 000 habitants et, jusqu’au 13 novembre, sur Internet.
Dans un communiqué, le collectif Inter-LGBT rappelle qu’il n’a pas pu faire adopter le slogan « l’hétérosexualité ce n’est pas normal, c’est seulement majoritaire », car ce slogan était perçu comme « trop subversif ».
Commentaire. La France est le berceau des droits de l’homme… homosexuel hétérosexuel. Ou de la connerie. Car il faut être sacrément décérébré pour interdire d’affiche un slogan aussi malin que celui proposé par l’Inter-LGBT.
Philca / MensGo
(via communiqué Inter-LGBT du 2 novembre et AFP du 3 novembre 2009)
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