déc 312010
 
Photo de Mickey Rourke

« Le rugby à XV, ça se joue bien avec 15 ballons ? » © Wikipédia / David Shankbone.

(Blogmensgo, 31 décembre 2010) L’acteur américain Mickey Rourke, 58 ans, compte interpréter le rôle du joueur de rugby gallois Gareth Thomas, 36 ans, dans un biopic relatant la vie du premier joueur de rugby professionnel ayant fait son coming out avant la fin de sa carrière (cf. notre article du 21 décembre 2009). C’est ce qu’il a confirmé à l’animateur TV gay Alan Carr dans une émission sur Channel 4 réservée aux téléspectateurs et internautes résidant au Royaume-Uni.

Mickey Rourke – qui est également scénariste, selon sa (fiche Wikipédia) – a déjà rencontré Gareth Thomas afin d’examiner l’éventuel tournage d’un biopic. Il s’agira d’évoquer la vie d’un grand joueur de rugby qui se trouve être gay, et non simplement la vie d’un gay qui devient un grand joueur de rugby. Autrement dit, le film aura pour thème principal le sport et non pas l’homosexualité.

Commentaire. Un symbole de virilité (Mickey Rourke) incarnant un symbole de virilité (Gareth Thomas) ? L’affaire n’est pas si simple, pour au moins trois raisons :
1. Parce que Rourke a l’âge d’être le père de Thomas ; on suggère d’ailleurs à Mickey Rourke d’interpréter un triple rôle : celui du père de Gareth Thomas, celui de Gareth Thomas lui-même et celui d’un fils imaginaire de Gareth Thomas. Mickey Rourke n’est pas à un défi près, qu’il s’agisse de sport (cet ancien boxeur a obtenu son plus beau succès en jouant un personnage de catcheur) ou de performance cinématographique (il s’est spécialisé dans les interprétations d’individus psychiquement torturés).
2. Parce ce que Gareth Thomas est aussi inconnu aux États-Unis que le rugby. Au pays du football américain, on ne fait bien évidemment pas la différence entre le rugby à XV, où Gareth Thomas a construit son palmarès, et le rugby à XIII, où l’ancien international gallois termine sa carrière.
3. Parce que l’homosexualité, dans ce qui s’annonce comme un film à grand spectacle et à large public, est un sujet délicat entre tous. Surtout aux États-Unis. Mais qu’un acteur aussi connu et aussi talentueux que Mickey Rourke réussisse, alors ce sera sans nul doute une grande victoire. Car cet acteur gay-friendly est aussi fort apprécié par les… homophobes.

Philca / MensGo
(via Allociné et Première du 28 décembre 2010)

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déc 302010
 
Elton John papa !

Ouf, ils ne l’ont pas appelé Santa Claus ou Jesus… © Eltonjohn.com. / Kevin Mazur.

(Blogmensgo, 30 décembre 2010) Le chanteur anglais Elton John, 63 ans, et son compagnon de 48 ans, le réalisateur et producteur canadien David Furnish, sont papas d’un petit Zachary Jackson depuis le 25 décembre 2010. L’accouchement s’est bien passé, Zachary Jackson Levon Furnish-John se porte bien et il pèse 3,6 kg pour 56 cm. Il est né en Californie d’une mère porteuse et son père biologique serait Elton John lui-même, croit savoir le Daily Mail. Pour tout complément d’information, le site officiel de la pop star redirige redirigeait les internautes vers ce scoop de US Magazine.

Pacsés depuis 2005, Elton et David refusent de préciser les modalités de la gestation. Le registre informatisé des naissances indique toutefois que le père est Elton John, tandis que David Furnish est désigné comme la mère de l’enfant. Cela signifierait, selon la coutume administrative californienne, que c’est Elton et non David qui a donné son sperme.

Le couple aurait déboursé un million de dollars pour devenir papa, selon le Daily Mail. Cette somme inclut les actes médicaux et les honoraires de la clinique (dans les 150 000 dollars), les frais administratifs et une récompense pour la mère porteuse. Elton et David auraient d’ailleurs tout aussi bien pu choisir une mère porteuse au Royaume-Uni, mais le pays du chanteur interdit la rémunération des mères porteuses. La mère porteuse californienne n’est pas la mère biologique du petit Zachary. Les noms de la mère biologique et de la mère porteuse n’ont pas été divulgués.

C’est surtout David qui, à l’origine, voulait devenir papa, Elton se contentant de ses six filleuls (dont deux enfants du couple Beckham). En 2009, Elton et David ont toutefois décidé d’adopter deux enfants ukrainiens, Lev (14 mois) et son frère séropositif Artyom, mais les autorités ont refusé l’adoption début 2010 en raison de l’homosexualité des adoptants. Cette adoption homoparentale empêchée aura donné d’irrépressibles bouffées de paternité à Elton John, qui a rapidement fait de son rêve une réalité. Le couple n’a pas pour autant oublié les deux enfants ukrainiens et fait tout pour leur trouver des parents adoptifs de qualité.

Commentaire. Zachary va devoir, jusqu’à l’âge adulte, mener un combat qui n’est pas gagné d’avance. Non pas à cause de la célébrité de ses parents, ni à cause de leur homosexualité, ni même à cause de son propre pedigree inhabituel. Non, Zachary devra surtout lutter contre l’excès d’amour de ses papas, lequel aurait tout pour attendrir s’il ne risquait pas de transformer n’importe quel chérubin en gamin gâté-pourri…

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Le journal de Québec du 29 décembre et le Daily Mail du 30 décembre 2010)

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déc 242010
 
Bonnes fêtes !

Bonnes fêtes aussi aux militaires américains ! © Photoxpress.com / Yves Bonnet.

(Blogmensgo, 24 décembre 2010) Le blog se met en repos pendant un long week-end. Retour en activité le mercredi 28 décembre 2010, si la météo le permet.

Comme je risque de n’avoir aucun accès Internet pendant ces quelques jours, je désactive temporairement les commentaires.

Bonnes fêtes à tout le monde !

Philca / MensGo

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déc 232010
 

(Blogmensgo, 23 décembre 2010) Le président américain Barack Obama a officiellement contresigné, le 22 décembre 2010, la proposition de loi récemment votée par le Congrès et visant à l’abrogation du tabou gay au sein de l’US Army. Instaurée en 1993 et surnommée « Don’t ask, don’t tell » (ne rien demander, ne rien dire), cette loi militaire homophobe sera définitivement abrogée dans quelques mois, après que d’ultimes dispositions réglementaires auront été prises.

La cérémonie de signature officielle s’est transformée en un show à l’américaine entremêlant humour et émotion. Une cérémonie presque aussi marrante que moi, mais beaucoup plus émouvante et orchestrée par un mec autrement plus sexy que moi. Ce moment historique donna à l’assistance l’occasion de scander un slogan qui ne le sera pas moins : « Yes we did! » – On l’a fait !

La vidéo ci-dessus peut être visionnée, mais aussi téléchargée en MP4 (253 Mo) et – seulement pour la bande-son – téléchargée en MP3 (24 Mo).

Barack Obama aura donc tenu une de ses grandes promesses électorales, en tout cas la plus importante en ce qui nous concerne. Il devient ainsi, à mon avis, notre homme de l’année 2010 – même si ce millésime n’a pas encore dit son dernier jour.

Philca / MensGo (via toute la presse du 22 décembre 2010, dont AFP et NouvelObs.com)

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déc 202010
 
Photo du Père Noël

S’il vous plaît, dessine-moi un soldat gay ! © Army.mil / DR.

(Blogmensgo, 20 décembre 2010) Le Sénat américain a adopté le 18 décembre 2010, par 65 voix contre 31, une proposition de loi visant à abroger la loi « Don’t ask, don’t tell » (ne rien demander, ne rien dire) qui interdit aux militaires de dévoiler leur homosexualité sous peine de limogeage. Trois jours auparavant (cf. notre article du 16 décembre 2010), la Chambre des représentants votait elle aussi en faveur de l’abrogation de cette loi militaire en vigueur depuis 1993. Mais il se passera sans doute plusieurs mois entre le votre du Congrès et l’instauration d’une armée ouvertement gay-friendly.

La proposition de loi, soutenue par le camp de démocrate (55 voix), a été votée aussi par huit républicains et deux indépendants. Aucun sénateur démocrate n’a voté contre l’abrogation.

Les gays et lesbiennes peuvent-ils enfin servir dans l’armée ?

Non. Les militaires devront cacher leur homosexualité tant que la loi n’aura pas été définitivement abrogée.

Les votes de la Chambre et du Sénat ne constituent qu’une première étape. Après la ratification du vote par le chef de l’État (sans doute avant fin 2010), il faudra que les deux commissions parlementaires chargées des affaires militaires soient officiellement informées que l’US Army est bien prête à accueillir des personnels ouvertement homosexuels sans que cela nuise à son efficacité ni au moral des troupes. Une lettre en ce sens devra être cosignée par le chef de l’État, le secrétaire à la Défense et le commandement suprême des forces armées. L’abrogation de la loi « Don’t ask, don’t tell » ne prendra effet que soixante jours après la transmission de cet avis conjoint aux deux commissions parlementaires.

Un officier en retraite, Clifford Stanley, a été chargé de coordonner les efforts du Pentagone vers l’acceptation officielle de l’homosexualité au sein de l’armée américaine.

Les gays et lesbiennes peuvent donc en théorie être limogés pour homosexualité pendant ce laps de temps. Mais leur limogeage devra être validé par le commandant suprême du corps d’armée auxquels ils appartiennent.

Les militaires virés pour homosexualité seront-ils réintégrés ?

Pas forcément.

Les personnels déjà exclus de l’armée en raison de l’homosexualité ne pourront pas obtenir leur réintégration avant plusieurs mois. Le processus d’abrogation va d’ailleurs probablement geler temporairement toutes les procédures judiciaires en cours.

Il y a de fortes chances qu’ils soient réintégrés si leur limogeage avait pour unique motif leur orientation sexuelle. C’est du moins ce que préconise une étude préliminaire du Pentagone (cf. notre article du 11 novembre 2010).

Si le licenciement n’était pas directement motivé par l’homosexualité du demandeur, il n’est pas certain que la réintégration aboutisse. Les demandes de réintégration seront d’ailleurs examinées au cas par cas, sans être automatiques.

Y aura-t-il un statut spécial pour les soldats homosexuels ?

Le Pentagone alignera probablement le statut des militaires homosexuels sur celui des militaires ayant contracté mariage.

Donc, pas de discrimination par des mesures de confinement (carré des homos ou douches spéciales, etc.) ou d’identification spécifiques. Mais discrimination quand même, puisque le mariage gay n’est reconnu que par quelques États américains et non pas à l’échelle du pays tout entier.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont AFP et NouvelObs.com du 18 décembre, Los Angeles Times et Wall Street Journal du 20 décembre 2010)

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