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 L'homophobie est-elle un sentiment ? En tout cas, le prochain livre de Michel Tremblay sort en juin 2010. © Actes-sud.fr.
(Blogmensgo, 14 avril 2010) L’écrivain québécois Michel Tremblay recevra, le 17 mai 2010, le prix Lutte contre l’homophobie 2010 institué en 2003 par la Fondation Émergence. Dramaturge et romancier, scénariste et parolier, traducteur et librettiste, Michel Tremblay (fiche Wikipédia | biographie officielle en PDF) succède à l’humoriste Dany Turcotte, lauréat en 2009 (cf. notre article du 9 avril 2009).
Michel Tremblay est récompensé pour son œuvre riche en personnages homosexuels, mais aussi pour son implication à titre personnel. Il fut notamment l’une des premières personnalités québécoises à révéler son homosexualité, à une époque où cela ne se faisait guère.
La remise du prix se fera à une date symbolique, celle de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, dont on aura l’occasion de reparler très bientôt ici même.
Philca / MensGo
(via Cyberpresse.ca du 13 avril 2010)
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Publié par philca dans livres, tags: livres
 Ce livre eût largement mérité le Goncourt ! © Blogmensgo.fr / Philca.
(Blogmensgo, 17 février 2010) Puisque l’on parle beaucoup de transidentité ces temps-ci, voici quelques notes au sujet d’un roman d’Emmanuelle Pagano intitulé Les adolescents troglodytes ; le livre date de 2007, mais il se trouve que je l’ai lu il y a quelques jours.
C’est l’histoire d’une femme née dans un corps d’homme.
Un roman sans barnum ni esbroufe, sensible mais dénué de sensiblerie, sans rhétorique ni voyeurisme, pudique sans angélisme. Un roman, un vrai ; un roman de littérature, pas un roman à programme, et encore moins un machin didactique ou démonstratif. Un roman interdit au lectorat mononeuronal, puisqu’il faut bien comprendre que la narratrice dit il en parlant de son identité d’avant et elle en évoquant l’identité actuelle qui est la sienne.
Un roman magnifique. Émouvant. Fort bien écrit, même si c’est au plus près de la plume. Astucieusement construit et parfaitement maîtrisé…
Donc, c’est l’histoire d’Adèle, « chauffeuse » de ramassage scolaire. Adèle qui n’a pas toujours été Adèle. Femme par opération et mère par procuration, grâce aux gamins qu’elle achemine par tout temps.
L’auteure donne aux massifs montagneux omniprésents une dimension métaphorique, celle du changement physique d’Adèle et psychique de son frère. L’une s’est dépouillée de son enveloppe originelle, l’autre fait métier d’envelopper la montagne en restaurant ses contreforts. Mais ces deux actes apparemment antagonistes procèdent d’une même logique : une catharsis qui consiste à faire muer l’existant en respectant les saisons de la météo ou du désir. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le thème de l’accouchement – et de la fausse-couche – est omniprésent dans le livre.
Quatre extraits permettront de se faire une idée plus précise. Les pages renvoient à l’édition originale référencée ci-dessous.
« Se faire draguer, je trouve cette expression insupportable. Je me vois explorée jusqu’au fond, une perche pénétrante dans mes eaux, sondée jusqu’au cadavre. » (p. 37-38)
« [Mon frère] voulait me ranger dans une case un peu plus convenable pour lui. Dans certaines lettres il essayait de me faire avouer que j’étais un homosexuel refoulé, impossible pour lui de séparer identité et sexualité. Quand il écrivait ça, tu es un homo, je me voyais coucher avec une fille, ça me laissait perplexe. Je comprenais alors qu’il était complètement à côté, puisqu’il me voyait garçon couchant avec un garçon, quand j’avais déjà de si beaux seins, et le geste qui va avec. » (p. 117)
« J’essayais de me persuader que c’était impossible, que je n’avais pas d’utérus, pas d’ovaires, pas de trompes, et pourtant je sentais une poignée de chair se froisser en moi au-dessus du vagin, avec une régularité qui me paraissait à la fois implacable et démesurée.
J’avais mal à cet endroit impensable. J’avais mal à ce que je n’avais pas. Je saignais aussi, j’avais cette connaissance du sang. Je saignais sans une goutte. » (p. 138)
« Je sais que le temps passera sur les racontars, les blessures. Les ragots deviendront ce qu’ils auront cru cracher, une certaine vérité, la mienne. J’étais un garçon d’ici, et je ne suis jamais devenu un homme. J’étais un garçon, et je suis devenue une femme d’ici. Je sais que le plateau [montagneux] est assez grand pour que les bouches se fatiguent. » (p. 210)
Emmanuelle Pagano m’a fait pleurer – du nez, puisque mes yeux n’ont pas assez de larmes pour le faire spontanément.
Les adolescents troglodytes, d’Emmanuelle Pagano. POL, 2007, 218 pages.
Philca / MensGo
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 David Copperfield : peut-être gay, certainement magique… © Alphagalileo.org.
(Blogmensgo, 3 février 2010) L’universitaire britannique Holly Furneaux affirme que pour si sait lire entre les lignes, les œuvres de Charles Dickens fourmillent d’allusions à une sexualité plus diversifiée que la norme, voire à d’authentiques évocations homosexuelles. Mieux encore, l’auteure de Queer Dickens pense que l’œuvre du grand écrivain se place dans une mouvance de littérature victorienne à mille lieues du rigorisme et du puritanisme sexuels que l’on tenait pour acquis au regard de cette époque.
Le sous-titre du livre en suggère le propos : dans Queer Dickens – Erotics, Families, Masculinities, Holly Furneaux questionne la sexualité et le genre à travers le contenu potentiellement « homoérotique » des relations humaines, familiales et viriles. Et d’appuyer sa thèse sur le fait que chez Dickens, les hommes ont une furieuse tendance à tomber amoureux de la sœur de leur meilleur ami (ainsi de John Westlock et Ruth dans Martin Chuzzlewit). Plusieurs situations et thèmes récurrents seraient autant d’indices queer dans l’œuvre de Dickens : amitié cicatrisante (ainsi de Herbert soignant Pip dans Great Expectations), pères célibataires, résistance contre ses propres pulsions, besoin d’éduquer autrui, structures familiales originales – tout cela procéderait d’un « désir homoérotique » et attesterait un « corpus clairement queer ».
Dickens ne serait d’ailleurs pas un cas isolé dans la littérature victorienne. Furneaux place à cet égard Dickens dans une mouvance littéraire dont les auteurs les plus connus sont les poètes britannique Alfred Tennyson (dont la sœur était fiancée à son meilleur ami) et américain Walt Whitman (qui était probablement homosexuel, selon sa fiche Wikipédia).
Bref, Holly Furneaux va jusqu’à penser que les Victoriens n’étaient « ni aussi punitifs ni aussi pudibonds qu’on l’imaginait autrefois ».
Queer Dickens – Erotics, Families, Masculinities, de Holly Furneaux. Oxford University Press, décembre 2009, relié, 296 pages, 52,25 £ (Amazon UK) ou 61,59 € (Amazon FR).
Commentaire. Mouais. Si l’époque victorienne était aussi permissive, pourquoi a-t-elle condamné Oscar Wilde à deux ans de prison pour homosexualité ?
Philca / MensGo
(via ActuaLitté du 2 février 2010)
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 Rien n'est dû au hasard, selon Balthazart… © Mardaga.be.
(Blogmensgo, 21 janvier 2010) L’éditeur belge Mardaga publie, le 4 février 2010, un livre de Jacques Balthazart intitulé Biologie de l’homosexualité. Le neurologiste Jacques Balthazart s’assigne pour mission d’y « rendre accessible à un large public la littérature scientifique sur les bases biologiques de l’orientation sexuelle et donc de corriger les conceptions erronées très répandues au sujet des origines de l’homosexualité ». Le sous-titre du livre en résume le programme : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être ».
Professeur à l’université de Liège, Jacques Balthazart espère susciter « une acceptation plus large de l’homosexualité dans la population et réduire la souffrance des personnes concernées » en montant que l’on ne devient pas homosexuel comme on change de coiffure, mais que l’on naît homosexuel comme on naît gaucher ou droitier, garçon ou fille, avec des yeux bleus ou verts.
« C’est la première fois qu’un ouvrage est publié sur la question en français », signale le blog Gay Kosmopol, selon qui le livre est écrit « dans une prose précise et agréable, et surtout bien structurée et compréhensible ». Cet ouvrage est donc susceptible d’ouvrir à lui seul une brèche dans la muraille de la désinformation – fût-elle de bonne foi – et de l’homophobie.
Le livre est annoncé en France, au prix public de 29 euros selon Amazon.fr, et bien sûr aussi en Belgique.
Commentaire. Pour le grand public, aucun doute : on choisit son orientation sexuelle comme on choisit son orientation professionnelle. Le livre du professeur Balthazart combattrait beaucoup plus efficacement cette idée reçue s’il était vendu à un prix accessible au plus grand nombre…
Philca / MensGo
(via le blog Gay Kosmopol du 20 janvier 2010)
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(Blogmensgo, 3 décembre 2009) Publié le 30 mai 2009 par l’association et maison d’édition lesbienne Meem, le livre Bareed Mista3jil (Pli urgent) se transforme peu à peu en succès de librairie. Un tirage initial d’une centaine d’exemplaires s’est vendu très vite et les réimpressions se succèdent, au Liban mais aussi à l’étranger.
 D'après la couverture, ça parle surtout d'amour et d'espoir… © Bareedmista3jil.com.
Le livre raconte la vie, les interrogations, les problèmes, les souffrances et les espoirs de 41 Libanaises lesbiennes, bisexuelles ou transgenres. Les narratrices conservent l’anonymat, mais ce qu’elles racontent est bien réel et correspond à leur propre vécu.
Si le livre, publié en anglais et en arabe, se propose de témoigner avec simplicité, le fait de l’avoir publié apparaît comme un acte audacieux dans un pays où la loi punit d’un an d’emprisonnement les « relations sexuelles non naturelles ». Bien au-delà de l’anecdote ou de la provocation, le livre et sa publication s’assignent pour objectif d’expliquer, de démystifier et de restituer « toute la complexité du cœur humain », sans oublier pour autant de donner de l’espoir aux personnes qui liront cet ouvrage.
On profitera de cet intermède lesbien pour saluer chaleureusement la très sympathique joueuse de tennis françaises Amélie Mauresmo, qui vient d’annoncer aujourd’hui même sa retraite sportive. Elle avait révélé son homosexualité alors que sa carrière était en pleine ascension, en 1999, après avoir qu’elle eut atteint la finale de l’Open d’Australie.
Philca / MensGo
(via ActuaLitté du 2 décembre 2009)
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