Photo de la place Rouge

À quand une Gay Pride sur la place Rouge ? © Flickr.com/photos/ranopamas/ (Panoramas).

(Blogmensgo, 31 mai 2010) Deux Gay Prides se sont déroulées le 29 mai 2010, à Moscou, sans arrestation ni charge policière. Mais le double événement n’aura duré que quelques minutes.

Le principal défilé a vu 25 personnes, armées d’un gigantesque drapeau arc-en-ciel, investir l’une des grandes artères touristiques de la capitale sans réactions d’hostilité de la part des passants. Quelques heures plus tard, un autre groupe déployait un drapeau arc-en-ciel. Les slogans demandaient l’égalité des droits lors du premier happening, la fin de l’homophobie en Russie lors du second événement.

Deux Gay Prides sans policiers ni manifestants ? Il faut dire que les manifestants avaient troqué l’attitude intégralement festive pour celle de conspirateurs d’un jour. En diffusant de fausses informations, qui sur son blog, qui à des personnes peu sûres, qui à la quasi-totalité des journalistes. Tous ces subterfuges visaient à « tromper l’ennemi », c’est-à-dire à berner les forces de l’ordre, les éventuels « infiltrés » et les sempiternels contre-manifestants homophobes.

Les événements, depuis leur préparation jusqu’à leur épilogue, sont narrés en détail sur le blog de Louis-Georges Tin. On en conseille la lecture, ne serait-ce que pour découvrir le motif officiel de l’interdiction du défilé qui a fait pouffer de rire une juge en pleine séance du tribunal.

Les deux happenings auront donc pu se dérouler sans heurts ni arrestations, contrairement au défilé avorté de mai 2010. C’est une demi-victoire, dans la mesure où tout le monde a plié banderole dès le attroupement de képis. La vraie victoire sera celle de l’autorisation pleine et entière d’une Gay Pride à Moscou. Mais avec un maire aussi homophobe que Iouri Loujkov, il faudra sans doute patienter un peu.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 29 mai 2010, dont Le Figaro et Romandie News)

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Photo de Bingu wa Mutharika

Bingu wa Mutharika pense-t-il que le costard et la cravate sont plus conformes à la culture africaine que l'homosexualité ? © World Economic Forum / Eric Miller.

(Blogmensgo, 31 mai 2010) Le chef d’État du Malawi, Bingu wa Mutharika, a gracié le 29 mai 2010, « pour raisons humanitaires », le couple gay qui venait d’être condamné à quatorze ans d’emprisonnement pour homosexualité. Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza avaient été jugés la semaine précédente (cf. notre article du 20 mai 2010). Les deux hommes ont aussitôt été libérés avant de regagner séparément leur village natal, où leurs familles respectives les ont accueillis chaleureusement.

Cette « libération immédiate et sans conditions », précise le chef de l’État, intervient alors que « ces garçons ont commis un crime contre notre culture, contre notre religion, contre nos lois ». La décision de Bingu wa Mutharika n’est donc nullement un geste vers la légalisation de l’homosexualité au Malawi. Le couple gay avait été condamné pour s’être « marié » à titre symbolique lors d’une cérémonie traditionnelle.

Après cinq mois d’emprisonnement, les deux jeunes gens sont maintenant confrontés au risque d’agression, dans un pays où l’homophobie est très vivace. Le gouvernement et la hiérarchie religieuse du Malawi avaient salué la condamnation de Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza, sous prétexte que leurs actes seraient contraires à la nature humaine et à la culture malawite.

La libération des deux hommes a été saluée par la communauté internationale en général et par les organismes impliqués dans la lutte contre le sida en particulier. Michel Sidibé et Michel Kazatchkine, directeurs respectivement de l’Onusida et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avaient rencontré le président du Malawi afin qu’il ordonne la libération des deux jeunes gens ; ils lui ont expliqué que la mise au ban des homosexuels est une très mauvaise chose pour la lutte contre le sida, car cela les oblige souvent à vivre dans la clandestinité.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont NouvelObs.com et Romandie News du 29 mai, AFP du 30 mai 2010)

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Photo de Robert Gates et Mike Mullen

Robert Gates (à g.) hésite encore, Mike Mullen (à d.) est convaincu : l'homosexualité dans l'armée n'est un problème que dans la tête des hétéros. © Army.mil / Cherie Cullen.

(Blogmensgo, 28 mai 2010) La commission sénatoriale de la Défense et la Chambre des représentants ont successivement voté, le 27 mai 2010, en faveur d’une abrogation de la loi « Don’t ask, don’t tell » (Ne rien demander, ne rien dire) qui interdit jusqu’à présent aux employés de l’US Army de dévoiler leur homosexualité. Il s’agit là d’un nouveau pas vers l’acceptation de l’homosexualité au sein de l’armée des États-Unis.

Les sénateurs ont adopté le texte par 16 voix pour (dont la républicaine Susan Collins) et 12 voix contre (dont le démocrate Jim Webb), puis les députés par 234 voix pour (dont 5 républicains) et 194 voix contre (dont 26 démocrates). Le texte doit encore être adopté par le Sénat en séance plénière ; par leur vote, les députés ont inséré ce texte dans le projet de loi de finances pour 2011, qui inclut lui-même le projet de budget de la Défense.

Pendant ce temps, la commission d’enquête instituée par le Pentagone (ministère américain de la Défense) afin de voir comment légaliser l’homosexualité au sein de l’armée sans entamer le moral des troupes, poursuit ses travaux. Le texte voté stipule que l’abrogation n’entrera en vigueur que deux mois après la remise d’un rapport sur le sujet par le Pentagone.

Certains députés et sénateurs auraient préféré un vote après que cette commission d’enquête aura remis ses conclusions. C’est notamment le cas de Robert Gates, secrétaire à la Défense, des chefs des principaux corps d’armée et du républicain John McCain, membre de la commission sénatoriale de la Défense. Gates s’est rallié, mais du bout des lèvres, au texte suggérant l’abrogation. En revanche, Barack Obama et le chef suprême des armées, Mike Mullen, sont ouvertement favorables à une abrogation dans les plus brefs délais.

John McCain et les chefs de corps d’armée craignent que l’abrogation de la loi « Don’t ask don’t tell » n’entame le moral des troupes et leur ardeur au combat. L’organisme indépendant Brookings Institution a mené une étude sur les répercussions de l’intégration des homosexuels dans les armées australienne, britannique, canadienne, israélienne, néerlandaise et suédoise. Les conclusions de cette étude (disponibles en versions audio, PDF et HTML) soulignent d’une manière unanime que l’intégration de militaires homosexuels n’a jamais posé le moindre problème.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Tribune de Genève et New York Times du 27 mai, AFP du 28 mai 2010)

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