Posts Tagged “homoparentalité”

Photo du Stadtpark de Vienne

Pas beaucoup de mongolfières LGBT dans le ciel de Vienne… © Photoxpress.com/Gary.

(Blogmensgo, 31 août 2010) En vigueur depuis janvier 2010, le « partenariat enregistré » entre personnes de même sexe – version autrichienne du pacs homosexuel – n’a suscité que 289 unions de couples gay et 140 unions de couples lesbiens au cours du premier semestre 2010, selon les chiffres encore provisoires de l’agence publique Statistik Austria.

La moitié des pacs ont été célébrés à Vienne et 15,6 % ailleurs dans la même province de Basse-Autriche ; en revanche, les provinces de Burgenland et Vorarlberg ont enregistré moins de 10 pacs chacune. Le nombre de pacs gay est supérieur à celui des pacs lesbiens dans toutes les provinces, sauf au Tyrol où l’on a recensé 13 pacs de lesbiennes contre 12 pacs de gays.

À noter la forte proportion de pacsés étrangers : l’un des deux contractants est étranger dans 28 % des cas et les pacs entre deux ressortissants étrangers représentent 1,9 % des unions homosexuelles.

Le relatif désintérêt pour le pacs homosexuel ne correspond nullement à un désamour des Autrichiens à l’égard du mariage. Pour preuve, le nombre de mariages hétérosexuels en Autriche a augmenté de 5,9 % au premier semestre 2010.

En Autriche, le pacs homosexuel accorde à ses contractants presque les mêmes droits qu’aux couples hétérosexuels, à trois grosses exceptions près. Les couples gay et lesbiens ne peuvent pas se pacser en mairie et une fois leur union officialisée, ils n’ont droit ni à l’adoption homoparentale ni à la procréation médicalement assistée.

Philca / MensGo
(via Le Figaro du 27 août 2010)

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Photo de Crispin Blunt

Crispin, il est parfois crispant. Mais quel beau et large front d'intellectuel… © Crispinbluntmp.com.

(Blogmensgo, 30 août 2010) Marié depuis vingt ans et père de deux enfants, le ministre britannique délégué aux Affaires pénitentiaires, Crispin Blunt, 50 ans, a dévoilé son homosexualité, le 27 août 2010, dans un bref communiqué. Crispin Blunt a « décidé d’accepter son homosexualité », s’en est expliqué avec sa famille et a quitté sa femme.

Crispin Blunt s’est plusieurs fois signalé, en tant que député, par des propos quasi homophobes. Il a notamment déclaré, lors d’un débat parlementaire en 1998, que l’homosexualité ne pouvait être considérée « comme l’égale de l’hétérosexualité ». En presque vingt années de députation, Blunt a plusieurs fois voté contre – d’une manière effective ou en choisissant de s’absenter lors d’une dizaine de votes – des textes visant à légaliser l’adoption homoparentale ou l’accès des couples lesbiens à la procréation médicalement assistée.

Toujours en 1998, le député conservateur Crispin Blunt s’était également opposé à l’abrogation de la loi interdisant aux militaires de dévoiler leur homosexualité. Fils d’un officier, Blunt est lui-même un ancien militaire de carrière : il servit pendant une décennie dans l’armée britannique, qu’il quitta en 1990 avec le grade de capitaine.

Blunt est le onzième député conservateur a avoir publiquement révélé son homosexualité. Le premier d’entre eux fut Iain Duncan Smith, en 2002… et Blunt en avait alors profité pour demander la démission de Smith.

Crispin Blunt a néanmoins toujours été favorable au pacs et à la création d’un délit pénal pour discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

Le coming out de Crispin Blunt a suscité une vague d’interrogations, toutes tendances politiques confondues. D’aucuns évoquent une possible duplicité du ministre : il n’aurait jamais pu financer sa carrière politique sans son épouse, une riche héritière qui n’a lésiné ni sur son argent, ni sur son entregent, ni sur son abnégation personnelle. Juste avant de quitter officiellement la prison de l’hétérosexualité, Blunt était donné comme probable partant lors du prochain remaniement ministériel.

Aucun lien de parenté avec le chanteur James Blunt. En revanche, Crispin Blunt est l’oncle de l’actrice Emily Blunt.

Philca / MensGo
(via toute la presse britannique, dont BBC News et The Guardian du 27 août, et The Daily Mail du 28 août 2010)

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Photo de juge Sergio A. Valls Hernández

Le juge Sergio A. Valls Hernández fait savoir à l'Église que le Mexique est un pays laïc… © Scjn.gob.mx.

(Blogmensgo, 18 août 2010) La Cour suprême du Mexique a confirmé, le 16 août 2010, par neuf voix contre deux, la constitutionnalité de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels dans le district fédéral de Mexico. Un refus du droit à l’adoption homoparentale reviendrait à introduire dans la Constitution une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, ont estimé les juges.

La Cour suprême complète ainsi son arrêt du 5 août (cf. notre article du 6 août 2010) reconnaissant la validité du mariage homosexuel dans la capitale. Elle doit maintenant se prononcer sur le recours aux « mères porteuses » par les couples qui ne peuvent pas procréer.

Contestant cet arrêt du 5 août, le cardinal Juan Sandoval Iñiguez (fiche Wikipédia), archevêque de Guadalajara et numéro deux de l’Église catholique mexicaine, affirmait dix jours plus tard que les juges de la Cour suprême avaient été soudoyés par le maire de Mexico et par des organismes internationaux. « Ça vous plairait, à vous, d’être adopté par un couple de pédés ou de lesbiennes ? » avait ironisé le cardinal à l’encontre de ce qu’il considère comme « une aberration ». Le maire de Mexico envisage de porter plainte pour diffamation contre le prélat si celui-ci refusait de présenter des excuses.

Les onze juges de la Cour suprême ont adopté, à l’unanimité, une motion de censure – simple remontrance verbale – à l’encontre du cardinal avant de rendre leur décision concernant l’adoption homoparentale, tout en rappelant le strict principe de laïcité au Mexique.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 17 août 2010, dont AFP, RFI et Métro Montréal)

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Photo de la Cour suprême de Mexico

La douceur du microclimat LGBT de Mexico est interprétée comme une menace de tempête par les États voisins… © Scjn.gob.mx / DR.

(Blogmensgo, 6 août 2010) La Cour suprême du Mexique a validé la constitutionnalité du mariage homosexuel dans le district fédéral de Mexico, par huit voix contre deux, dans un arrêt publié le 5 août 2010. La plus haute instance judiciaire mexicaine devait aussi se prononcer le 9 août1 sur la constitutionnalité de l’adoption homoparentale et sur le fait de savoir si son jugement s’imposera aussi aux 31 États en dehors de Mexico.
[Texte non définitif, en PDF, de cet arrêt.]

La capitale Mexico2 avait légalisé le mariage gay et l’adoption homoparentale en décembre dernier (cf. notre article du 22 décembre 2009). La décision de cette petite enclave gauchiste dans un océan d’États conservateurs et ultracatholiques avait aussitôt été attaquée par le Parti de l’action nationale (PAN), formation conservatrice au pouvoir à l’échelle nationale. Mais depuis sa prise d’effet le 4 mars 2010, la loi de Mexico sur les unions entre personnes de même sexe a suscité 320 mariages homosexuels dans la capitale, dont 173 mariages gay et 147 mariages lesbiens.

Les tenants de l’inconstitutionnalité ont affirmé que le mariage était l’apanage des couples qui veulent procréer, afin de protéger au mieux l’enfant. Ils ont aussi martelé que le mariage homosexuel constituait une menace pour la survie de l’espèce humaine et que l’adoption homoparentale était préjudiciable au développement harmonieux des enfants.
Les partisans de la constitutionnalité ont affirmé qu’aucune définition précise du concept de famille n’étant donnée par la Constitution mexicaine, le mariage entre personnes de même sexe ne pouvait mettre en péril la notion même de famille. Et ce, d’autant qu’il n’est pas besoin de se marier pour procréer.

Le gouvernement fédéral et l’Église catholique ont fermement milité contre la loi sur le mariage gay, avant de déplorer la décision de la Cour suprême et d’annoncer qu’ils utiliseraient toutes les voies de recours afin de faire obstacle à cette décision.

Commentaire. Après la Californie (cf. notre article d’hier), c’est maintenant au tour de Mexico. Ces deux bonnes nouvelles attestent une très légère ouverture des mentalités… et laissent augurer du long chemin à parcourir avant que ces décisions ne deviennent juridiquement définitives.
Concernant l’argumentaire des opposants au mariage homosexuel, les deux éléments qui reviennent le plus souvent sont aussi les deux arguments les plus absurdes. S’il fallait réserver le mariage aux gens qui veulent procréer, cela invaliderait ipso facto le mariage des personnes stériles et le mariage des gens qui ne veulent pas avoir d’enfant. Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, obliger les couples mariés à procréer ? Quant à la prétendue menace pour la survie de l’humanité, n’importe quel étudiant en première année de mathématique prouverait en moins de deux minutes l’inanité d’un tel argument.

[Cet article m’a permis de tester le très utile plugin (extension) WP-Footnote, afin de vérifier si sa toute récente mise à jour corrige plusieurs défauts d’affichage. J’espère que tes yeux n’en souffriront pas, ô lecteur chéri !]

Philca / MensGo
(via toute la presse du 6 août 2010, dont Le Figaro et Associated Press)

  1. Mais le blog prendra son repos annuel du 8 au 15 août, donc je n’en parlerai qu’au retour de mes vacances sans accès à Internet… []
  2. dont l’agglomération forme une circonscription administrative ayant rang d’État []

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Photo de manifestants devant le Sénat argentin

Les partisans du mariage gay (photo) ont manifesté devant le Sénat, comme les opposants au texte. Mais séparément. © Globovisión.

(Blogmensgo, 18 juillet 2010) Le Sénat argentin a adopté, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2010, un texte de loi autorisant le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale. Quinze heures d’un débat souvent houleux auront été nécessaires pour adopter, avec une courte majorité (par 33 voix contre 27 et trois abstentions), un texte validé par l’Assemblée nationale le 5 mai. La région de la capitale Buenos Aires avait déjà institué un pacs en 2002.

Le texte s’inscrit dans le cadre d’une législation en faveur des minorités. Il autorise le mariage entre personnes de même sexe (le code civil sanctionne désormais une union entre « contractants » et non plus entre « mari et femme ») et aligne les droits des couples gay et lesbiens mariés sur ceux des couples hétérosexuels mariés. Les mariés homosexuels obtiennent par conséquent le droit à l’adoption, aux allocations familiales, aux congés parentaux, à l’héritage, etc.

Le vote du texte était notamment soutenu par le gouvernement de centre-gauche et par la présidente Cristina Fernández, qui doit encore le ratifier. En revanche, l’Église catholique en général et en particulier l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergloglio, ont appelé à l’organisation d’un référendum et à voter contre le texte, au motif que la procréation « naturelle » nécessitant un homme et une femme, l’adoption naturelle nécessite elle aussi un couple hétérosexuel. Plus de 90 % de la population argentine se dit catholique.

Les sondages antérieurs au vote sénatorial montrent une opinion publique profondément divisée sur la question du mariage homosexuel. Les sondés le refusaient à 29,6 % dans les grandes villes selon un sondage, mais à 46,2 % sur l’ensemble du territoire selon un autre sondage.

Une fois assortie de son décret présidentiel, la nouvelle loi donnera un caractère définitif et irrévocable – sauf par divorce – au mariage contracté par Alejandro Freyre et José Maria Di Bello le 28 décembre 2009 à Ushuaïa (cf. notre article du 31 décembre 2009). Les deux hommes étaient devenus le premier couple homosexuel à se marier officiellement et légalement en Argentine. La demi-douzaine de mariages homosexuels prononcés depuis lors était menacée de nullité par une décision de la Cour suprême qui n’aura donc finalement pas besoin de statuer sur cette question.

L’Argentine devient ainsi le premier pays d’Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale. Ce grand pays sud-américain est le dixième pays au monde à autoriser le mariage gay, après les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Canada, l’Afrique du Sud, la Norvège, la Suède et le Portugal.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 14 juillet et toute la presse du 15 juillet 2010, dont Le Figaro et Libération)

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