déc 232010
 

(Blogmensgo, 23 décembre 2010) Le président américain Barack Obama a officiellement contresigné, le 22 décembre 2010, la proposition de loi récemment votée par le Congrès et visant à l’abrogation du tabou gay au sein de l’US Army. Instaurée en 1993 et surnommée « Don’t ask, don’t tell » (ne rien demander, ne rien dire), cette loi militaire homophobe sera définitivement abrogée dans quelques mois, après que d’ultimes dispositions réglementaires auront été prises.

La cérémonie de signature officielle s’est transformée en un show à l’américaine entremêlant humour et émotion. Une cérémonie presque aussi marrante que moi, mais beaucoup plus émouvante et orchestrée par un mec autrement plus sexy que moi. Ce moment historique donna à l’assistance l’occasion de scander un slogan qui ne le sera pas moins : « Yes we did! » – On l’a fait !

La vidéo ci-dessus peut être visionnée, mais aussi téléchargée en MP4 (253 Mo) et – seulement pour la bande-son – téléchargée en MP3 (24 Mo).

Barack Obama aura donc tenu une de ses grandes promesses électorales, en tout cas la plus importante en ce qui nous concerne. Il devient ainsi, à mon avis, notre homme de l’année 2010 – même si ce millésime n’a pas encore dit son dernier jour.

Philca / MensGo (via toute la presse du 22 décembre 2010, dont AFP et NouvelObs.com)

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déc 202010
 
Photo du Père Noël

S’il vous plaît, dessine-moi un soldat gay ! © Army.mil / DR.

(Blogmensgo, 20 décembre 2010) Le Sénat américain a adopté le 18 décembre 2010, par 65 voix contre 31, une proposition de loi visant à abroger la loi « Don’t ask, don’t tell » (ne rien demander, ne rien dire) qui interdit aux militaires de dévoiler leur homosexualité sous peine de limogeage. Trois jours auparavant (cf. notre article du 16 décembre 2010), la Chambre des représentants votait elle aussi en faveur de l’abrogation de cette loi militaire en vigueur depuis 1993. Mais il se passera sans doute plusieurs mois entre le votre du Congrès et l’instauration d’une armée ouvertement gay-friendly.

La proposition de loi, soutenue par le camp de démocrate (55 voix), a été votée aussi par huit républicains et deux indépendants. Aucun sénateur démocrate n’a voté contre l’abrogation.

Les gays et lesbiennes peuvent-ils enfin servir dans l’armée ?

Non. Les militaires devront cacher leur homosexualité tant que la loi n’aura pas été définitivement abrogée.

Les votes de la Chambre et du Sénat ne constituent qu’une première étape. Après la ratification du vote par le chef de l’État (sans doute avant fin 2010), il faudra que les deux commissions parlementaires chargées des affaires militaires soient officiellement informées que l’US Army est bien prête à accueillir des personnels ouvertement homosexuels sans que cela nuise à son efficacité ni au moral des troupes. Une lettre en ce sens devra être cosignée par le chef de l’État, le secrétaire à la Défense et le commandement suprême des forces armées. L’abrogation de la loi « Don’t ask, don’t tell » ne prendra effet que soixante jours après la transmission de cet avis conjoint aux deux commissions parlementaires.

Un officier en retraite, Clifford Stanley, a été chargé de coordonner les efforts du Pentagone vers l’acceptation officielle de l’homosexualité au sein de l’armée américaine.

Les gays et lesbiennes peuvent donc en théorie être limogés pour homosexualité pendant ce laps de temps. Mais leur limogeage devra être validé par le commandant suprême du corps d’armée auxquels ils appartiennent.

Les militaires virés pour homosexualité seront-ils réintégrés ?

Pas forcément.

Les personnels déjà exclus de l’armée en raison de l’homosexualité ne pourront pas obtenir leur réintégration avant plusieurs mois. Le processus d’abrogation va d’ailleurs probablement geler temporairement toutes les procédures judiciaires en cours.

Il y a de fortes chances qu’ils soient réintégrés si leur limogeage avait pour unique motif leur orientation sexuelle. C’est du moins ce que préconise une étude préliminaire du Pentagone (cf. notre article du 11 novembre 2010).

Si le licenciement n’était pas directement motivé par l’homosexualité du demandeur, il n’est pas certain que la réintégration aboutisse. Les demandes de réintégration seront d’ailleurs examinées au cas par cas, sans être automatiques.

Y aura-t-il un statut spécial pour les soldats homosexuels ?

Le Pentagone alignera probablement le statut des militaires homosexuels sur celui des militaires ayant contracté mariage.

Donc, pas de discrimination par des mesures de confinement (carré des homos ou douches spéciales, etc.) ou d’identification spécifiques. Mais discrimination quand même, puisque le mariage gay n’est reconnu que par quelques États américains et non pas à l’échelle du pays tout entier.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont AFP et NouvelObs.com du 18 décembre, Los Angeles Times et Wall Street Journal du 20 décembre 2010)

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déc 172010
 
Photo d'ardoise

À l'école, les insultes s’apprennent plus vite que la lecture et l’écriture. © Photoxpress.com / Lauren Ingro.

(Blogmensgo, 17 décembre 2010) Le collectif français Inter-LGBT se dit très partagé, dans un communiqué du 16 septembre 2010, entre la satisfaction et la frustration sur la manière dont le gouvernement français lutte contre l’homophobie dans l’éducation. Au Québec, une enquête menée pendant trois ans dans les écoles secondaires et les collèges aboutit à un constat d’échec sur toute la ligne, tant la banalisation de l’homophobie et les violences homophobes semblent devenues inexpugnables.

En France, la lutte contre l’homophobie varie d’un ministère à l’autre

La satisfaction de l’Inter-LGBT vient de ce que le ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a reconduit depuis la rentrée 2010 sa campagne d’affichage lancée en 2009. Mais la campagne d’affichage sur les campus et dans les villes universitaires ne suffit pas. Le collectif interassociatif souhaite que le ministère aille plus loin en ciblant d’une part le personnel enseignant et administratif, d’autre part les étudiants eux-mêmes ; dans le premier cas, afin de renforcer la lutte contre l’homophobie et la transphobie ; dans le second cas, en aidant les étudiants gay ou lesbiennes à lutter contre le mal-être lié à l’assomption de leur homosexualité.

En revanche, constate l’Inter-LGBT, le ministère français de l’Éducation n’a pris « aucune des mesures concrètes » promises en septembre 2010 afin de prévenir et de lutter contre les discriminations à l’école, au collège et au lycée.

Au Québec, l’homophobie s’enracine en milieu scolaire

La sociologue Lyne Chamberland a dirigé une étude auprès de 4 591 élèves dans les écoles secondaires et collégiales du Québec, parmi lesquels 8 % d’élèves se disant gay ou lesbienne. Les violences ou intimidations homophobes ont contraint leurs victimes à manquer des journées de cours dans 52 % des cas, soit deux fois plus souvent qu’à l’occasion de violences ou intimidations non homophobes.

Comme partout ailleurs, l’homophobie entraîne son cortège de conséquences néfaste pour la santé psychique des jeunes homos : dévalorisation de l’image de soi, mal-être, tendances suicidaires, etc.

L’étude montre à la fois une recrudescence des propos homophobes, mais aussi un lien direct de causalité entre ce type de propos et les actes de violence. Les agressions à caractère sexuel concernent 11 % des élèves homosexuels et 3 % de leurs camarades hétérosexuels. Quant aux autres violences physiques, elles ciblent 7 % des hétéros mais 18 % des gays et lesbiennes.

Le problème de l’homophobie tient en partie à la banalisation du vocabulaire homophobe, chez les enfants mais aussi chez leurs parents, les coupables affirmant qu’il n’y a pas dans ces paroles de quoi fouetter un chat.

Des mots, des maux

En France, les insultes homophobes les plus courantes sont pédé, enculé et gouine.
Au Québec, la tiercé maudit serait plutôt gai, fif et pédé.
Le vocabulaire change, l’homophobie demeure…

Philca / MensGo
(via Rue Frontenac du 16 décembre, ici et ici, et NouvelObs.com du 17 décembre 2010 [France])

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