Le patineur belge Jorik Hendrickx fait un coming out olympique à Pyeongchang

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Le patineur belge Jorik Hendrickx fait un coming out olympique à Pyeongchang

(Blogmensgo, blog gay du 14 février 2018) Le patineur belge Jorik Hendrickx a dévoilé publiquement son homosexualité, le 12 février 2018, en marge des Jeux olympiques d’hiver 2018, soit sept ans après le patineur américain Johnny Weir et deux après le skieur américain Gus Kenworthy, mais quatre jours seulement avant son entrée dans la compétition à Pyeongchang. Le jeune homme de 25 ans avait envisagé de sortir du placard il y a quatre ans, à l’occasion des Jeux de Sotchi pour lesquels il représentait déjà la Belgique, mais il y avait renoncé, estimant n’être pas encore prêt pour ce saut trop périlleux dans une Russie très homophobe.

Être patineur, c’est s’entraîner dur. Être un patineur gay, c’est s’entraîner encore plus dur…

Jorik Hendrickx est avant tout un sportif de haut niveau. Il a toujours rêvé de faire du patinage artistique, ce qui lui a souvent valu les mêmes réflexions vexantes auxquelles ont droit les danseurs, ces patineurs sans patin.

Sauf que la danse classique n’est pas discipline olympique, alors que le patinage artistique – ou danse sur glace – rapportera peut-être une médaille à Jorik Hendrickx. Mais avant même de faire son entrée dans la patinoire olympique, Jorik a remporté une médaille, celle du courage. Il a eu le courage de faire son coming out quelques jours seulement avant la compétition. Un double courage, puisque l’homosexualité – masculine – demeure plus ou moins taboue dans son sport et que pour faire une révélation aussi cruciale à un moment aussi crucial, il faut vraiment en avoir…

Cette sortie de placard, paradoxalement, va permettre à Jorik de se consacrer désormais à ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire s’entraîner, concourir et gagner (il est champion de Belgique). Et cette fois-ci, beaucoup plus qu’une médaille nationale. Dans cette vidéo, le voici en plein effort d’entraînement… et de promotion.

Jorik Hendrickx ne faisait pas mystère de son homosexualité. Ses collègues, sa famille, ses proches, tous le savaient depuis longtemps, mais il n’a officialisé son orientation sexuelle qu’après son arrivée sur le site olympique. Il lui aura d’abord fallu « accepter » son homosexualité. « Ça fait seulement un an que je n’ai plus honte de qui je suis, de ma sexualité », explique le jeune patineur belge, qui n’a vraiment pris conscience de son homosexualité qu’à partir de 20 ans ou presque, car pour lui le sport passait avant toute autre considération personnelle.

Je le fais par honnêteté et ouverture, pour être aussi quelque part un exemple et aider les gens.
(Jorik Hendrickx, patineur belge, dans une interview au Soir)

Pourquoi un coming out à ce moment précis ? Parce que Pyeongchang n’est pas Sotchi, parce que quatre années ont passé depuis les JO en Russie, parce que Jorik a voulu prendre son destin en main et aider autrui à y parvenir, et aussi parce que d’autres gays célèbres l’ont fait avant lui et l’ont inspiré en lui ouvrant la voie.

Jorik Hendrickx

Jorik Hendrickx a fait son coming out pour ne plus avoir à baisser la tête. ©jorikhendrickx.com

Des prédécesseurs illustres

Dans sa propre discipline, deux athlètes américains ont franchi le pas avant lui, et tous deux d’une manière plus médiatique encore. En 2011, Johnny Weir avait révélé son homosexualité à l’occasion d’une autobiographie et s’était marié le dernier jour de la même année (avant de divorcer trois ou quatre ans plus tard). Weir est à la fois russophone et russophile… malgré une homophobie endémique aiguillonnée par les plus hautes autorités politiques locales.

L’autre source d’inspiration est sans doute le patineur américain Adam Rippon, 28 ans, qui vient par ailleurs d’obtenir une médaille de bronze à Pyeongchang lors de l’épreuve de patinage artistique par équipe. Sorti du placard le 2 octobre 2015, Adam Rippon est devenu le premier athlète ouvertement gay à se qualifier pour des Jeux olympiques d’hiver, en l’occurrence ceux de Pyeongchang. Le premier, car Johnny Weir ne participait pas aux Jeux de Sotchi (du moins pas en tant que sportif) et le skieur acrobatique américain Gus Kenworthy, médaillé d’argent aux JO de Sotchi en 2014, n’est sorti du placard que vingt jours après Adam Rippon, donc le 22 octobre 2015.

L’acceptation de soi a pris du temps. Il ne faut pas en sous-estimer l’importance. C’est aussi pour ça que je tiens désormais à en parler.
(Jorik Hendrickx, dans une interview à Dernière Heure)

On parle bien ici d’athlètes gays. Car l’équipe de Belgique qualifiée à Pyeongchang inclut aussi Sophie Vercruyssen (bobsleigh) et Kim Meylemans (skeleton), deux athlètes lesbiennes qui n’ont pas attendu la Corée pour officialiser leur homosexualité – et avec qui Jorik Hendrickx s’est longuement entretenu avant d’effectuer une sortie de placard en quadruple lutz.

Tous nous encouragements et nos félicitations à Jorik Hendrickx !

Eric Radford, premier gay médaillé d’or aux Jeux d’hiver

Lundi 12 février 2018, le jour même ou Jorik Hendrickx sortait du placard, le patineur canadien Eric Radford est devenu le premier athlète ouvertement gay à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver. Une médaille à l’épreuve de patinage artistique par équipes, certes, mais une médaille d’or quand même. Il a donc fait mieux à Pyeongchang qu’à Sotchi, où il avait obtenu une médaille d’argent, là aussi lors du concours par équipes.

Eric Radford

Eric Radford, tel qu'il se présente sur son compte Instagram – mais il est déjà fiancé. 😉

Eric n’est pas le premier patineur gay à obtenir l’or olympique, mais il est le premier à l’avoir fait après être sorti du placard. En effet, le patineur artistique américain Brian Boitano, médaillé d’or aux JO de Calgary en 1988, n’a fait son coming out qu’un peu avant les Jeux de 2014 à Sotchi.

Eric Radford, comme Adam Rippon et Gus Kenworthy, a fait son coming out après les Jeux de Sotchi ; pour Eric, c’était en décembre 2014. L’athlète canadien est né dans le Manitoba et vit dans l’Ontario, deux provinces où le seul sport de glace qui compte est le hockey. De même que Jorik Hendrickx, il a subi les moqueries, la difficulté d’accepter son homosexualité et une longue hésitation avant de sortir du placard. Eric, comme Jorik, aurait aimé avoir connu un athlète ouvertement gay qui eût pu lui servir de modèle, et comme Jorik aussi, Eric s’efforcera sinon de devenir un modèle, du moins de montrer la voie aux jeunes homos en quête de repères et d’émulation.

Ce n’est pas la première fois qu’Eric Radford remporte une médaille d’or. Il a été sacré champion du monde de patinage en couple (avec sa compatriote Meagan Duhamel) en 2015 et 2016. À Pyeongchang, le couple vient d’ajouter ce soir (15 février 2018) une nouvelle médaille olympique à sa collection, en l’occurrence le bronze. Médailles ou pas, Eric Radford et sa partenaire Meagan Duhamel avaient précédemment annoncé leur intention de mettre un terme à leur carrière internationale dès la fin des Jeux olympiques d’hiver de 2018.

Au fait, qui est Eric Radford ? Côté potins, ce grand gaillard (1,88 m) de 33 ans s’est fiancé le 10 juin 2017 avec un danseur sur glace espagnol nommé Luis Fenero. Pianiste et compositeur, Eric a d’ailleurs composé la musique du programme libre de son compatriote Patrick Chan.

Eric Radford n’a pas attendu les Jeux de Pyeongchang pour militer contre l’homophobie. Il le fait d’ailleurs d’une manière très officielle, au nom du comité olympique canadien.

Pour en savoir plus sur les doubles médaillés de Sotchi, on regardera cette brève interview réalisée avant leur entrée dans la patinoire olympique de Pyeongchang :

 

Philca / MensGo

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