Le Japon devient (un peu) plus LGBT-friendly

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Le Japon devient (un peu) plus LGBT-friendly

(Blogmensgo, blog gay du 10 février 2018) Le ministère japonais de la Santé a publié une directive, le 31 janvier 2018, ordonnant aux réceptifs hôteliers de ne plus discriminer la clientèle en fonction de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Une timide avancée pour les droits LGBT au Japon, que confirme – timidement là aussi – la ville de Fukuoka à travers son intention de reconnaître les unions homosexuelles.

futons dans un ryokan

Des couples gays dans un ryokan ? Ils doivent souvent faire lit à part… ©Micha L. Rieser

Les hôteliers japonais doivent se faire plus accueillants

Si la directive du 31 janvier porte a priori sur la réglementation en matière d’hygiène, elle renforce par ricochet les lois antidiscrimination existantes. Le ministère de la Santé exige des réceptifs hôteliers qu’ils cessent de refuser une clientèle LGBT sous prétexte qu’elle est LGBT.

La directive s’adresse aux hôtels classiques, mais aussi aux quelque 70.000 auberges traditionnelles japonaises (ryokan) et aux dizaines de milliers de love hotels (rabu hoteru, ou hôtels de chambres louées à l’heure) que compte l’archipel.

D’une manière générale, les réceptifs hôteliers – en particulier les auberges et les love hotels – qui ne refusent pas les couples gays les obligent soit à louer une chambre avec lits séparés, soit à louer deux chambres distinctes. Autrement dit, les love hotels, qui s’en font une spécialité, préfèrent louer anonymement leurs chambres à des couples hétéros extraconjugaux plutôt qu’à des couples homos légitimes.

Love Hotel, de Jane Unrue

Les "love hotels" sont souvent des baisodromes réservés aux hétéros. ©New Directions

Tels qu’énoncés par la directive ministérielle, les seuls motifs officiels pour refuser de louer une chambre à des clients sont l’apparence d’une maladie contagieuse ou la volonté de pratiquer des activités illégales dans les chambres. Les relations homosexuelles sont légales au Japon depuis 1880.

Des droits LGBT embryonnaires

Le ministère de l’Éducation, au titre de sa politique de lutte contre le harcèlement, a demandé en 2017 aux établissements scolaires de mieux prévenir le harcèlement des élèves en raison de leur l’identité de genre ou de leur orientation sexuelle.

Le Japon n’a légalisé ni le mariage entre personnes de même sexe, ni même un pacs. Le pays autorise toutefois les couples gays et lesbiens japonais à se marier à l’étranger dans des pays où le mariage homo est légal.

 

Fukuoka, 7e administration municipale à instituer un mariage gay ou un pacs gay

Seules quelques villes japonaises ou municipalités d’arrondissement tokyoïtes ont institué – et reconnaissent – leur propre système de pacs. Ces « certificats de partenariat » sont reconnus par leurs émetteurs comme ayant valeur de pacs ou même de mariage. Les six municipalités concernées sont deux arrondissements de Tokyo (Shibuya et Setagaya depuis 2015), les villes d’Iga, Takarazuka et Naha depuis 2016, et enfin Sapporo depuis 2017.

Love Hotel, de Christine Montalbetti

Ça se passe dans un "love hotel", avant un certain 11 mars 2011… ©POL

À compter du 1er avril 2018 – et ce n’est pas un poisson d’avril ! – les couples homos qui auront signé un « serment de partenariat » dans la ville de Fukuoka seront fiscalement traités comme des couples pacsés. Le dispositif s’adresse aux résidents de Fukuoka et aux gens qui viennent s’installer dans la ville, que le fisc nippon considère toujours comme célibataires même s’ils vivent en couple depuis des années.

La ville de Fukuoka, chef-lieu de la province homonyme, est sise comme Naha dans l’île méridionale de Kyūshū et compte environ 1,5 million d’habitants. Le maire, Soichiro Takashima, n’a pas encore fait connaître dans leur détail les modalités et avantages liés au futur partenariat homo. On ignore, par exemple, si les services municipaux tels que les écoles et les hôpitaux seront tenus de considérer les couples ayant prêté serment comme des couples à part entière. Seule certitude, le « serment de partenariat » en vigueur à Fukuoka ne sera pas reconnu par l’administration nippone.

 

Bientôt un pacs gay dans le quartier tokyoïte de Nakano

Update du 18 mai 2018. Dès l’été 2018, les couples de même sexe qui signeront un « serment de partenariat » se verront remettre un certificat par les autorités de Nakano, un arrondissement de Tokyo qui jouxte celui de Shibuya. Les certificats de pacs sont soumis à plusieurs conditions, dont un âge minimum de 20 ans et une résidence permanente – effective ou imminente – à Nakano.

Ce certificat, accompagné éventuellement d’un acte notarié, donnera aux couples ainsi pacsés les mêmes droits et avantages que les couples hétéros mariés, dans plusieurs domaines dont ceux de la santé (traitements médicaux et soins infirmiers) et du logement. Dans ce dernier cas, l’acte notarié leur servira pour une éventuelle demande de prêt immobilier.

Nakano deviendra en août 2018 la troisième mairie d’arrondissement de Tokyo à proposer une forme de pacs homo, après Shibuya (un quartier limitrophe) et Setagaya. Aucune de ces trois municipalités d’arrondissement ne délivre des certificats de pacs ou de mariage gay reconnus à titre officiel par le Japon, ce pays n’ayant toujours pas légalisé le mariage gay – et n’ayant pas l’intention de le faire.

Ça ressemble à quoi, Nakano ? Réponse dans le moyen-métrage ci-dessous…

On ignore pour l’instant si les documents de pacs et de mariage gay – donc officieux – émis par chacune des huit villes ou mairies d’arrondissement seront automatiquement reconnus par les sept autres entités.

Philca / MensGo

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