L’humoriste Rick Mercer réclame un coming out massif au Canada

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L’humoriste Rick Mercer réclame un coming out massif au Canada

(Blogmensgo, 1er novembre 2011) Rick Mercer, animateur de l’émission The Mercer Report sur la chaîne CBC, a lancé le 28 octobre 2011 un appel à la systématisation du coming out, chez les célébrités comme chez les anonymes. Révéler son homosexualité constitue selon Rick Mercer – qui est lui-même un gay assumé – le seul moyen d’éviter que ne se reproduise le drame de Jamie Hubley, ce jeune adolescent gay d’Ottawa qui s’est suicidé le 14 octobre 2011 après avoir semble-t-il été victime d’intimidations et de quolibets liés à son orientation sexuelle sur les réseaux sociaux.

Sur son blog, comme sur sa chaîne YouTube, Rick Mercer explique à quel point il ne suffit plus de dire « ça ira mieux demain » pour tranquilliser les gays qui souffrent d’être différents ou d’être brocardés. Tous les enseignants, les étudiants, les adultes doivent maintenant s’y mettre, afin que cessent de tels drames. Car chaque année, au Canada, trois cents jeunes homosexuels comme Jamie Hubley se suicident à cause de pressions homophobes, martèle Rick Mercer.

Fini de rigoler, conclut l’animateur et humoriste, manifestement très remonté : « Si vous êtes gay et engagé dans la vie publique, désolé, il ne s’agit pas de barber tout le monde en agitant un drapeau arc-en-ciel, mais vous ne pouvez pas non plus rester invisible. Plus maintenant. Trois cents gosses [qui se suicident], c’est trois cents gosses de trop. »

La vidéo ci-dessus ne dure qu’une minute trente, mais elle est incroyablement percutante. L’exceptionnelle élocution de l’animateur en facilite beaucoup la compréhension. En moins d’une semaine de diffusion sur YouTube, près de 400 000 internautes l’avaient déjà visionnée.

Reste à savoir si l’appel de Rick Mercer sera suivi d’effets. Au Canada, rares sont les personnalités comme l’acteur Xavier Dolan (cf. notre article du 12 avril 2011), l’écrivain Michel Tremblay (cf. notre article du 14 avril 2010) ou l’humoriste Dany Turcotte (cf. notre article du 9 avril 2009) à avoir officialisé leur homosexualité et à ne pas ménager leur militantisme quand il le faut. Autant de personnalités jouissant d’une relative notoriété, certes, mais peu nombreuses et d’un poids médiatique modeste même si ces déplacardisés œuvrent dans le secteur de la communication au sens large.

Commentaire. Rick Mercer explique implicitement, mieux que je ne l’ai fait dans mon article du 24 janvier 2011 sur Tim Cook, qu’un homosexuel connu qui ne sert pas la communauté est un homosexuel qui ne sert à rien, voire qui dessert la communauté.

Le problème, c’est que les sorties de placard concernent surtout des personnalités rarement à la première place du podium de la notoriété. Les coming out de Xavier Dolan, Michel Tremblay, Rick Mercer, Dany Turcotte ou plus récemment de l’acteur Zachary Quinto ont certes leur utilité, mais le phénomène aurait beaucoup plus de poids s’il concernait des mastodontes immensément célèbres des deux côtés de l’Atlantique, à l’image de John Travolta, Will Smith et Tom Cruise, dont la rumeur – peu importe qu’elle soit vraie ou fausse, c’est juste pour donner des exemples – affirme qu’ils sont des gays inassumés.

Mais les vraies stars internationales étant surtout des sportifs, c’est dans cet univers-là que le besoin de sortir du placard est le plus manifeste. Or, les sportifs mondialement connus assumant leur homosexualité au faîte de leur carrière professionnelle se comptent sur les doigts d’une seule main. Combien de Zidane, de Beckham, de Messi, de Cristiano Ronaldo et autres footballeurs ont fait leur coming out ? Aucun, à l’exception de Justin Fashanu – qui est devenu presque plus connu « grâce à » son suicide que grâce à ses crampons, hélas !

Le problème de ces footballeurs, et plus encore de leurs clubs et de leurs agents, c’est qu’ils redoutent la perte de valeur marchande qu’engendrerait un éventuel coming out. Et si c’était le contraire qui se produisait ? Si l’afflux de nouveaux fans compensait les défections, si le surcroît de notoriété l’emportait sur le déficit d’image ? Aucun grand footballeur professionnel ne s’est encore risqué à parier là-dessus. Et j’ai bien peur que cela dure encore quelque temps.

[Update du 2 novembre 2011. En Angleterre aussi, plus précisément dans l'Essex, révèle un rapport, il reste encore beaucoup à faire, plus particulièrement au sein du corps enseignant.]

Philca / MensGo
(via toute la presse canadienne, dont Cyberpress.ca [ici et ici] du 29 octobre et Le journal de Montréal du 1er novembre 2011)

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