Rendre les gens friendly grâce au porte-à-porte ?

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Rendre les gens friendly grâce au porte-à-porte ?

(Blogmensgo, blog gay du 18 octobre 2014) Le simple fait de connaître des gays et lesbiennes incite le grand public à considérer les revendications LGBT comme légitimes. Aux États-Unis, des scientifiques l’ont prouvé en analysant des campagnes de sensibilisation.

Précisons d’abord que les campagnes électorales américaines – qu’il s’agisse d’une élection ou d’un référendum – relèvent d’un folklore sans équivalent sur le Vieux Continent. Les élections, fortement bipolarisées, se préparent en amont dans chacun des deux camps, où l’on considère la moindre voix chipée au concurrent comme une victoire personnelle. Les militants n’hésitent pas à faire du porte-à-porte afin de discuter le coup avec l’habitant et lui faire valoir leur panoplie d’arguments.

Ci-dessous, la vidéo – courte mais très émouvante – d’un couple de pasteurs luthériens qui sont devenus favorables au mariage homo après une discussion avec des gays :

Les chercheurs se sont aperçus que faire savoir à quelqu’un – même à un parfait inconnu – que l’on est gay ou lesbienne est susceptible soit de le rendre plus favorable aux LGBT, soit d’accélérer sa « conversion » vers une opinion plus favorable.

L’aventure a d’abord commencé dès janvier 2009 en Californie, avec le collectif Vote for Equality. Un responsable du collectif, Dave Fleischer, a d’abord envoyé des militants dans des quartiers où la Proposition 8 de 2008 (référendum visant à interdire le mariage homo) avait fait le plein des voix. Les volontaires, homos ou hétéros, ont demandé à 11 000 habitants leur avis sur le mariage homo et le pourquoi de cette opinion, avant de s’entretenir longuement avec eux et de se dévoiler alors – ou pas – comme gay ou lesbienne, puis de les laisser s’exprimer.
Dans de nombreux cas, les personnes interrogées ont assoupli ou abandonné leurs réticences anti-LGBT.

Dave Fleischer et deux universitaires, Donald Green (Columbia) et Michael LaCour (UCLA) ont ensuite élaboré une expérience plus scientifique. Là encore, des volontaires ont rencontré 1 000 habitants de quartiers favorables à la Proposition 8. D’une manière aléatoire, la moitié du panel a eu droit au coming out d’un volontaire gay, tandis que l’autre moitié du panel parlait recyclage avec un volontaire hétéro.
Les conclusions ont triplement surpris les chercheurs à l’issue d’un complément d’enquête par téléphone, car :

  1. La proportion d’opinions friendly était deux fois supérieure au sein du panel avec coming out que dans le panel avec recyclage.
  2. Les proches des panélistes ont eux aussi adopté une opinion friendly dans des proportions presque identiques.
  3. L’évolution vers une opinion favorable était encore tangible douze mois plus tard.

Fleischer et Green ont ensuite constaté que ce principe de « viralité » du changement d’opinion fonctionnait aussi avec d’autres thèmes sensibles, par exemple les opinions politiques ou le droit à l’avortement.

On peut donc influer sur des sondages d’opinion, voire sur des scrutins à venir, par le simple fait de mettre les sondés ou les électeurs en présence de gens qui n’ont pas le même avis. Il suffit, pour cela, d’y consacrer une vingtaine de minutes par « prospect », soit une heure pour trois personnes.

Cela semble difficile à répliquer de ce côté de l’Atlantique, où les habitudes de communication sont très différentes. Mais on imagine volontiers une armée de pacifiques missi dominici gays et lesbiennes rendre la France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni beaucoup plus friendly par le simple fait d’aller discuter le coup chez l’habitant.

Et après tout, pourquoi pas ?

Philca / MensGo
(via Businessweek du 9 octobre 2014)

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