Bohemian Rhapsody, une première bande-annonce à la gomme

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Bohemian Rhapsody, une première bande-annonce à la gomme

(Blogmensgo, blog gay du 25 mai 2018) Il fait chaud et c’est vendredi, donc on ne va pas se prendre la tête avec une glose postmoderne longue comme un bras de mer. Le 15 mai 2018 sortait la première bande-annonce de Bohemian Rhapsody, le biopic évoquant le groupe Queen et son chanteur emblématique Freddie Mercury. Regardons d’abord la bande-annonce, qui atteste un bon travail d’artisan servi par un montage habile. On ne glosera pas sur le film à venir – car, je le répète, c’est vendredi et il fait chaud. Mais après la bande-annonce, on évoquera les deux éléments qui fâchent.

Pour les martiens fraîchement débarqués et pour les gens qui auraient passé trois décennies en prison à l’isolement, je rappelle que Freddie Mercury était homosexuel (il révéla publiquement son homosexualité en 1974), que le nom de son groupe n’a pas été choisi par hasard et que Freddie est mort du sida le 24 novembre 1991. C’est donc presque vingt-sept ans après sa mort que sortira le biopic Bohemian Rhapsody.

Focalisons-nous maintenant sur la première bande-annonce et sur son message d’accompagnement postés sur YouTube.
Que dit la bande-annonce de l’homosexualité de Freddie Mercury ? Rien.
Que dit le texte au sujet du sida ? Rien. Tout juste consent-il à évoquer a life-threatening illness (une maladie engageant le pronostic vital), autrement dit une maladie potentiellement mortelle qui n’est pas nommée.

Doit-on s’offusquer de ce que les producteurs passent un coup de gomme sur l’homosexualité de Freddie Mercury et sur le sida dont il est mort ? Bien sûr que oui. Sans parler des aléas qu’a déjà connus la gestation du film – remplacement d’un réalisateur gay par un hétéro, etc.

Contrairement à l’opinion dominante, je pense que ce lissage de potentielles aspérités peut avoir un effet positif, à condition que l’homosexualité et le sida de Freddie Mercury occupent dans la version définitive du film la part majeure qui leur revient.

Ce coup de gomme – scélérat ou réactionnaire, peut importe le qualificatif – aura sans nul doute pour effet de ne pas effrayer d’emblée des spectateurs potentiels qui n’iraient pas voir le film si sa bande-annonce avait un côté trop militant. Je tiens pour acquis que l’homophobie résulte en grande partie d’une adhésion – voire d’une adhérence – primaire à des clichés et des opinions toutes faites, que l’homophobe ne fait pas l’effort de remettre en question.
Que des homophobes aillent voir le film (sans savoir que…) et que le film donne aux thèmes de l’homosexualité et du sida la place qui leur revient – cela pourrait contribuer à ce qu’une partie d’entre eux finissent par reconsidérer leurs opinions homophobes.

Tiens, pas plus tard qu’hier soir j’ai vu des gens chanter une chanson de Queen. C’étaient les footballeuses de l’Olympique lyonnais, juste après leur victoire en Ligue des championnes contre le club allemand de Wolfsburg. Il suffisait de lire sur les lèvres pour comprendre qu’Eugénie Le Sommer et ses coéquipières chantaient We Are the Champions. Et dans les pays anglo-saxons, on entonne plutôt We Will Rock You comme chant de la victoire.

Philca / MensGo

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