Quelques livres pour les fêtes de Noël (ou pas)

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Quelques livres pour les fêtes de Noël (ou pas)

(Blogmensgo, 3 décembre 2011) Pourquoi ne pas offrir des livres pour les fêtes de fin d’année ? Pourquoi ne pas s’en offrir à soi-même ? Pourquoi ne pas ajouter un livre sous le sapin de Noël ? Ci-dessous, deux ou trois suggestions glanées au fil du Web.

 

Fils de…

de Taina Tervonen et Zabou Carrière

Livre Fils de…

©Transphotographic.com.

Les enfants ont toujours le dernier mot. Dans leur livre Fils de… (blog | présentation), la journaliste Taina Tervonen (collaboratrive de Têtu) et la photographe Zabou Carrière leur donnent la parole d’emblée.

Il s’agit non pas d’un banal récit de filiation, mais de 30 récits et portraits de fils et filles d’homosexuels. Ils ont entre 18 ans et 87 ans, ils ont toutes et tous grandi soit dans une famille entièrement homoparentale, soit dans une famille où seul un des parents est homosexuel. À signaler aussi la préface d’Olivier Roller, dont les amoureux de littérature apprécient aussi le travail photographique dans Le matricule des anges (selon moi la meilleure revue française de littérature).

Fils de…, par Taina Tervonen et Zabou Carrière. Éditions Trans Photographic Press, 2011, 96 pages avec 30 photos en couleurs, 25 €.

 

Triangle rose

de Michel Dufranne, Maza et Christian Lerolle

Livre Triangle rose

©Quadrants.eu.

L’été 2011 a vu s’éteindre Rudolf Brazda, dernier des Triangles roses encore en vie (cf. notre article du 4 août 2011). Ce n’est pas sa vie marquée par un terrible séjour dans les camps de la mort que raconte cette élégante bande dessinée, mais celle d’un homosexuel allemand prénommé Andreas, qui connut lui aussi l’homophobie nazie dans toute son horreur.

Le dessin présente une certaine diversité, si l’on en juge d’après les visuels de présentation. On peut éventuellement regretter la tendance à empiler les cartons horizontaux au lieu d’en agencer certains en strips ; cela donne une impression de monotonie, mais cela peut aussi suggérer une impression d’étouffement. Va falloir que je m’achète ce livre un de ces quatre pour en avoir le cœur net.

Triangle rose, de Michel Dufranne, Maza et Christian Lerolle. Éditions Quadrants, broché, 144 pages en couleurs et lavis, 17 €.

 

Les ondes de la tourmente

de Marc Devirnoy

Livre Les ondes de la tourmente

©Ondesdelatourmente.free.fr.

L’histoire que raconte Marc Devirnoy commence elle aussi pendant la période où le nazisme effectue son irrésistible ascension. Le héros du roman, Ernest Klein, devient speaker à Radio Strasbourg tout en vivant une histoire d’amour avec Paul.

Il s’agit donc à la fois d’un roman à part entière et, en filigrane, de l’évocation historique d’une période tourmentée où les flots de haine emportaient tout en se déversant partout, jusques et y compris sur les ondes.

NB. On peut se faire dédicacer le livre par l’auteur, sous réserve de l’acheter sur son site (cliquer sur le visuel).

Les ondes de la tourmente, de Marc Devirnoy. Mémoire collective éditions, septembre 2011, 188 pages, 16,95 € (ou 8 € au format PDF ou ePub).

 

Boy’sLove.fr

Portail francophone de la communauté boy’s love et yaoi
(interdit aux moins de 18 ans)

Site Boy's love

©Boyslove.fr.

Machinalement, j’aurais plutôt assimilé le syntagme boy’s love à quelque chose de gay voire de cochon. Manqué. L’excellent texte qui me sert de source pour cette notice le précise bien, « le Boy’s love a tous les attributs d'un manga gay, mais en réalité il s’adresse majoritairement à un lectorat féminin ». Il paraît que les ados japonaises en raffolent.

Dommage, ou plutôt tant mieux. Dommage pour les choses très cochonnes qui me font vite mousser. Tant mieux pour la découverte potentielle d’un univers très particulier. J’avais brièvement évoqué le phénomène yaoi ici même dans un article du 6 juin 2008 (déjà lu 675 fois, soit cinq fois plus que cet article du même mois consacré à l’écrivain Alan Hollinghurst, ce qui me surprend quand même un peu). On notera que le portail BL.fr n’a aucune difficulté à combler l’ignorance du néophyte.

Pourquoi évoquer un tel site web dans une rubrique consacrée aux livres ? Mais parce qu’il se consacre lui-même beaucoup aux livres, dès sa page d’accueil – qui est magnifique. Le visuel qui accompagne cette notice n’en… livre qu’un détail.

Site Boy’sLove.fr, disponible sur tous les bons navigateurs.

 

Hervé Guibert

(in memoriam)

Hervé Guibert est mort deux fois. L’écrivain et journaliste est mort une première fois du sida, le 27 décembre 1991. Et une seconde fois depuis le 18 octobre 2011, date depuis laquelle « le site herveguibert.net est provisoirement fermé » pour cause d’avarie informatique.

Hervé Guibert n’est pas mort. Son site web revivra très bientôt, espérons-le. L’écrivain revit ou continue de vivre depuis longtemps. L’œuvre qui a le plus marqué les esprits ? Tout le monde cite spontanément À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, premier volume de sa trilogie consacrée à la maladie qui l’emporta en quelques brèves années. Je lui préfère très nettement le deuxième volume intitulé Le protocole compassionnel, où l’auteur abdique toute prétention littéraire et se raconte au plus près de l’agonie, en une épure bouleversante.

Livres d'Hervé Guibert

Ces deux livres – surtout le second – m'auront beaucoup marqué. ©DR.

Certes, les éditeurs auraient pu nous épargner des livres tels que Cytomégalovirus (insignifiant) et Le paradis (manifestement inachevé, quoique pas inintéressant). Mais la production littéraire d’Hervé Guibert lui a en partie survécu. À quiconque veut découvrir Guibert, je suggère de commencer par Des aveugles, roman bien écrit et agréable à lire, où l’auteur entremêle un brin d’autofiction (sans lien avec l’homosexualité), un soupçon de thriller et un zeste d’humour.

Et si Guibert vivait encore, nul doute qu’il eût éclipsé plus d’un lauréat dont la présence sur les tablettes de la renommée n’honore pas certaines académies littéraires que je ne citerai pas.

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Philca / MensGo
(via 20 minutes du 8 octobre et Le Monde du 26 novembre [homoparentalité, ces deux textes sont excellents, vire lire celui du Monde avant sa mise hors Web], Graphivore du 18 octobre [Triangles roses] et Le comptoir de la BD du 15 novembre 2011 [Boy’s love, excellent article])

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