Photo d'enfants

Les homos, levez la main ! © Photoxpress.com / Gina Smith.

(Blogmensgo, 28 avril 2011) Le ministère taïwanais de l’Éducation inclut la thématique de l’homosexualité dans les cours d’éducation sexuelle qui seront proposés dès la rentrée de septembre 2011 à l’école primaire et au collège. Il ne s’agit pas d’initier ou d’inciter les élèves à l’homosexualité, précise le ministère, mais de contribuer à lutter contre les discriminations en sensibilisant les élèves à la diversité en général et à la diversité des orientations sexuelles en particulier.

Enseignants et élèves évoqueront par exemple la Gay Pride annuelle de Taipei. Ce sujet leur servira de prétexte pour étudier les droits des personnes homosexuelles, les discriminations qu’elles subissent et les moyens de remédier à ces discriminations.

Des associations de parents d’élèves demandent que les nouveaux programmes scolaires n’abordent pas les thèmes portant sur « l’homosexualité et les désirs sexuels », car les écoliers et les collégiens seraient trop jeunes pour appréhender de tels sujets.

La modification du programme d’éducation sexuelle fait suite à l’adoption, en 2004, de la loi taïwanaise sur l’éducation à l’égalité des genres.

Commentaire. De nombreuses expérimentations ont montré que les enfants, même dès les premières années du primaire, sont parfaitement capables d’évoquer des sujets délicats voire douloureux. Des « classes de philosophie », par exemple, les ont vus fort à l’aise avec des concepts aussi « adultes » que la mort, la douleur, la violence, la justice et l’injustice, le pouvoir et ses abus, la discrimination, etc.

Prétendre que des moutards capables de se passionner pour des concepts aussi ardus seraient perturbés ou infichus d’appréhender d’autres sujets pas plus complexes, voilà qui relève tout simplement de la mauvaise foi.

Philca / MensGo

(via Taiwan Headlines du 27 avril 2011)

Diffuser, bookmarker, envoyer ou imprimer ce texte (cliquer pour + de choix)
 
Logo Silence H

H comme homophobie hospitalière, ou bien homosexualité à l'hôpital ? © Silence.h.sitew.com.

(Blogmensgo, 23 février 2011) Les étudiants de Lille (dans le département du Nord) sont-ils plus gay-friendly que leurs camarades franciliens ? Le sondage dont on a parlé hier ne leur pas été administré, mais une initiative toute récente semble indiquer qu’à Lille comme en Île-de-France, l’administration universitaire est assez peu ouverte à la lutte contre l’homophobie.

L’association Silence H (site web en construction | page Facebook) organise, du 21 février au 11 mars 2011, une exposition photographique (page Facebook) sur le thème de l’homosexualité, dans le hall même de la faculté de médecine Henri-Warembourg à l’université de Lille II. L’exposition proprement dite s’intitule « Homosexualités » et regroupe 35 clichés, en provenance du club photo de l’université lilloise, illustrant l’homosexualité sous toutes ses formes.

Il semble, d’après l’article qui me sert ici de source, que les responsables administratifs de la fac de médecine sont très réticents à juguler des « traditions » aussi homophobes que certaines chansons sur les bizuths, par exemple celle où l’on serine que « Les P1 sont des homosexuels, homosexuels… » [où P1, j’imagine, fait référence aux étudiants en première année de médecine]. Quant à l’expo photo, elle a été plutôt favorablement accueillie par les étudiants, malgré quelques voix discordantes apparemment très minoritaires.

L’inauguration du 21 février était suivie d’une conférence-débat animée par le pédopsychiatre Stéphane Clerget, qui publia en 2006 le livre Comment devient-on homo ou hétéro ? (chez Lattès).

Comme le rappelle son site web, « Silence H! est une association créée en juin 2010 et visant à sensibiliser à l’homophobie dans les milieux médical et estudiantin ».

[Update du 3 mars 2011. Des inconnus ont vandalisé l’expo, signale La voix du Nord.]

Commentaire. Dommage que ni la page Facebook de Silence H ni celle de l’expo photo ne publie la moindre photo de cet événement, ni aucune des photos exposées, pas même celle qui a remporté le prix de la meilleure photo attribué pendant la soirée inaugurale.

Pas lu le livre de Stéphane Clerget dont il est question ci-dessus. Mais je le retiens comme une excellente suggestion. De cet auteur, j’ai lu il y a quelques années son essai Enfants accros de la télé ! (Marabout), qui m’a paru tout simplement brillantissime.

Philca / MensGo

(via La voix du Nord du 23 février 2011)

Diffuser, bookmarker, envoyer ou imprimer ce texte (cliquer pour + de choix)
 
Étude SOS Homophobie

Deux heures de cours par an sur l'homophobie, est-ce trop demander ? © Sos-homophobie.org.

(Blogmensgo, 22 février 2011) L’association SOS Homophobie et le Collectif des associations LGBT étudiantes d’Île-de-France (Caélif) ont publié, le 17 février 2011, les conclusions d’un sondage (en PDF) sur « Les représentations de l’homosexualité dans le milieu étudiant » francilien. Quelque 4 638 étudiants, issus pour une bonne moitié des grandes écoles et pour une petite moitié de l’université, avaient répondu à un questionnaire anonyme en ligne administré du 7 avril au 5 mai 2010. Parmi les répondants des deux sexes (presque 50 % pour chaque sexe), 75 % se déclaraient hétérosexuels, 6 % bisexuels et 11 % gays ou lesbiennes.

L’étude montre que les étudiants franciliens affichent une compréhension ou une tolérance assez larges, mais qu’une minorité à élasticité variable reste plus ou moins inconciliante voire carrément homophobe.

Ainsi 82 % des personnes interrogées considèrent-elles que l’homosexualité est une manière d’aimer comme une autre, alors que 13 % y voient une orientation sexuelle déviante. De même, 12 % des sondés ignorent quelle serait leur réaction si leur meilleur ami ou amie annonçait son homosexualité, tandis que 84 % disent que cela n’aurait aucun impact sur leur amitié.

Si 19 % des étudiants trouvent choquant de voir deux personnes de même sexe s’embrasser ou se donner la main, ils sont 11 % à trouver ça choquant quel que soit le type de couple (homo ou hétéro), ce qui laisse 8 % vraiment choqués par une manifestation ostensible d’homosexualité.

Et les manifestations d’homophobie ? Les mots « enculé, pédé, gouine, camionneuse, pédale, tapette » sont considérés comme des insultes homophobes par seulement 42 % des sondés, alors que 21 % y voient des insultes non homophobes, que 10 % ne considèrent comme insultes que certains de ces mots et que selon 39 %, seul le contexte détermine s’il s’agit d’insultes.

[Commentaire. Si l’on suit la même logique, ça veut dire que les mots « connard, crétin, abruti, pauvre andouille » ne sont pas forcément des insultes. À quoi sert-il de faire des études si c’est pour en arriver là ?]

Concernant l’interdiction du mariage homosexuel et de l’adoption homoparentale, respectivement 60 % et 43 % pensent que ce sont des mesures clairement homophobes. La lutte contre l’homophobie implique-t-elle d’autoriser le mariage gay et l’adoption par les homosexuels ? C’est souhaitable selon 29 % des étudiants, voire indispensable selon 44 % d’entre eux.

Commentaire. Les organisateurs du sondage (dont je n’ai évoqué que certains éléments) soulignent les difficultés rencontrées auprès de plusieurs administrations pour diffuser leur questionnaire. L’administration universitaire, plus homophobe que les étudiants ? Cela semble logique, puisque sa moyenne d’âge est forcément plus élevée que celle des étudiants. On gagnerait sans doute à cibler plus l’administration que les étudiants à l’occasion d’une prochaine campagne contre l’homophobie…

Quant à la non-perception de certains mots comme vecteurs d’homophobie, là, je suis un peu perplexe. Le langage évolue et les expressions perdent parfois de leur force quand elles ne changent pas tout simplement pas de signification. Par exemple, les expressions « ne pas faire long feu » ou « tirer les marrons du feu » ou « faire des coupes sombres » sont employées à contre-sens par une majorité de gens. De même l’expression péjorative « remède de bonne femme » est-elle à l’origine, une déformation parfaitement sexiste de « remède de bonne fame », c’est-à-dire de bonne réputation, de bon aloi ; cette même expression a perdu son caractère manifestement sexiste au fil des décennies, même si elle conserve un relent de condescendance qui me gêne.

Bref, dois-je m’offusquer de ce que 43 % des répondants ne voient pas où est l’homophobie quand l’équipe qui perd un match de foot se fait traiter de « tarlouzes » ? Cette insulte – car c’en est bien une – est tellement enracinée dans le vocabulaire des supporters de football que je me pose des questions. Mais le foot n’est-il pas lui-même le sport homophobe par excellence ?

Philca / MensGo

(via toute la presse, dont Métro du 17 février 2011)

Diffuser, bookmarker, envoyer ou imprimer ce texte (cliquer pour + de choix)
© 2011 Blog gay de MensGo
Blog gay communautaire, informatif et festif de MensGo
Reproduction interdite sans accord préalable par écrit Suffusion theme by Sayontan Sinha