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Un psy britannique sur six accepte de « soigner » l’homosexualité ou la bisexualité de ses patients

Freud nu (photomontage)
Chez plus d'un psy britannique, Freud peut toujours aller se rhabiller. © Yves Le Bail.

(Blogmensgo, 26 mars 2009) La revue spécialisée BMC Psychiatry publie le 26 mars 2009 une étude montrant qu’au Royaume-Uni, un professionnel de la santé mentale sur six a déjà aidé un patient à lutter contre ses penchants homosexuels ou bisexuels.

Menée par les chercheurs londoniens Annie Bartlett, Glenn Smith et Michael King, l’étude porte sur la manière dont les professionnels de la santé mentale répondent aux patients qui souhaitent modifier ou réorienter leur attirance homosexuelle ou bisexuelle (résumé en HTML | texte complet en PDF non mis en pages). Les réponses de 1 328 psychiatres ou psychothérapeutes ont été analysées. Il en ressort que 17 % d’entre eux ont déjà « aidé au moins un patient à édulcorer ou changer ses tendances gay ou lesbiennes », ce qui représente 413 patients « aidés » par 222 praticiens. Seuls 4 % des répondants se disent toutefois prêts à le faire spontanément si un client le leur demande.

Plus grave encore, 28 % des 413 patients ainsi traités ont été laissés dans la nature sans aucun suivi, une fois la « thérapie » achevée. Sur les 222 thérapeutes ci-dessus, 72 % affirment qu’il faudrait créer un service pour les patients qui souhaitent changer d’orientation sexuelle. La principale raison justifiant une « aide » de cette nature fait référence à la « détresse des patients », certains thérapeutes s’efforçant d’agir dans le sens des convictions religieuses, culturelles ou morales de leurs patients.

« La littérature scientifique n’apporte aucune preuve laissant penser que l’orientation sexuelle d’une personne puisse être transformée d’homosexuelle en hétérosexuelle », rappellent les auteurs de l’étude. Et les trois chercheurs de préciser que ni la psychanalyse ni la thérapie comportementale n’ont jamais démontré l’efficacité des tentatives de ce genre. Les 222 thérapeutes incriminés « semblent n’avoir guère tenu compte de la nocivité potentielle consistant à administrer des traitements qui n’ont jamais prouvé leur efficacité ».

Commentaire. Les auteurs de l’étude suggèrent, avec beaucoup de tact, qu’une action de formation continue en direction de certains psys ne serait pas inutile. Traduction en langage non diplomatique : au moins un thérapeute britannique sur six pratique le charlatanisme.

Philca / MensGo
(via BMC Psychiatry et Romandie News du 26 mars 2009)

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