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Coming out de l’écrivain kényan Binyavanga Wainaina

(Blogmensgo, blog gay du 23 janvier 2014) L’écrivain kényan Binyavanga Wainaina a fait son coming out le 18 janvier 2014, jour de son quarante-troisième anniversaire, en publiant une nouvelle intitulée « I am a Homosexual, Mum » (Je suis gay, maman). Il entend ainsi lutter contre la montée de l’homophobie d’État en Afrique.
Update. Binyavanga Wainaina est mort le 21 mai 2019, à 48 ans, des suites d’une brève maladie. Plus de détails en toute fin d’article.

Binyavanga Wainaina : Facebook | Twitter | photos

Ci-dessous, Binyavanga Wainaina dans « Mille ans de haine » à l’encontre des LGBT, quatrième extrait d’une série de six vidéos intitulée We Must Free Our Imaginations :

Binyavanga Wainaina a publié son bref texte d’autofiction ici, puis ici et ici (son propre site web est actuellement hors service). Puis l’écrivain kényan a confirmé l’information sur son compte Twitter :
I am, for anybody confused or in doubt, Gay, and quite happy.
(Je suis – pour ceux que ça gêne ou qui doutent – gay et parfaitement heureux.)

Tweet de Binyavanga Wainaina

La nouvelle de Binyavanga Wainaina est présentée comme un « chapitre perdu » de son œuvre autobiographique One Day I Will Write About This Place [B&N, en papier ou numérique | Amazon, en poche ou Kindle], publiée en 2011 et traduite en italien (Un giorno scriverò di questo posto), en allemand (Eines Tages werde ich über diesen Ort schreiben: Erinnerungen) et en espagnol (Algún día escribiré sobre África), mais toujours pas en français (Un jour j’écrirai sur cet endroit).

Tweet de Binyavanga Wainaina

Le court texte livre le coming out de l’écrivain en kaléidoscope, le réel et le fantasmé se disputant l’espace narratif. L’une des versions racontées dit ceci : « I am twenty-nine. It is 11 July, 2000. I, Binyavanga Wainaina, quite honestly swear I have known I am a homosexual since I was five. I have never touched a man sexually. I have slept with three women in my life. […] It will take me five years after my mother’s death to find a man who will give me a massage and some brief, paid-for love. […] I cannot say the word gay until I am thirty-nine, four years after that brief massage encounter. Today, it is 18 January 2013, and I am forty three. »
(« J’ai vingt-neuf ans. On est le 11 juillet 2000. Moi, Binyavanga Wainaina, en toute honnêteté je le jure, je sais que je suis homosexuel depuis que j’ai cinq ans. Je n’ai jamais touché un homme sexuellement. J’ai couché avec trois femmes dans ma vie. […] Il me faudra cinq années après la mort de ma mère pour trouver un homme qui me fera un massage et un bref amour tarifé. […] Je ne peux pas prononcer le mot gay avant d’avoir trente-neuf ans, quatre ans après ce bref massage. Aujourd’hui on est le 18 janvier 2013, et j’ai quarante-trois ans. »)

Puis, en guise de conclusion : « I am a homosexual. » (« Je suis gay. »)

Par ce coming out littéraire, Binyavanga Wainaina s’insurge artistiquement contre les lois homophobes qui récemment ont été votées (Nigeria) ou failli être votées (Ouganda). Au Kenya, les relations homosexuelles masculines sont passibles d’un emprisonnement pouvant atteindre quatorze ans, même entre adultes majeurs consentants. Les poursuites effectives y sont rares, mais la police harcèle les gays et lesbiennes au moindre prétexte.

Tweet de Binyavanga Wainaina
Le tiercé de Binyavanga Wainaina : détournement littéraire, humour et football. 🙂

Commentaire. Binyavanga Wainaina a lancé au Kenya, en 2003, le magazine littéraire Kwani?, considéré aujourd’hui comme un pilier de la littérature subsaharienne d’expression anglaise. Malgré l’aura de cette prestigieuse publication, le crédit littéraire et le poids sociétal de Binyavanga Wainaina sont hélas ! plus grands en Occident qu’en Afrique de l’Est, où le grand public n’a guère les moyens de s’offrir des livres et des magazines onéreux.

Quoi qu’il en soit, le geste littéraire, personnel et sociétal de Binyavanga Wainaina contribuera, on l’espère, à faire de l’homophobie en Afrique une espèce (de connerie) en voie de disparition.

Update. du 29 mai 2019 Binyavanga Wainaina est mort le 21 mai 2019, à 48 ans, des suites d’une brève maladie. Deux jours plus tard, une formation de trois juges siégeant à la Haute Cour du Kenya refusait unanimement de dépénaliser les relations homosexuelles entre adultes consentants, au motif que le code pénal en vigueur n’enfreint pas la Constitution de 2010.

Binyavanga Wainaina était séropo (il révéla sa séropositivité le 1er décembre 2016, en marge de la Journée mondiale de lutte contre le sida) et fit une crise cardiaque en 2015. Il y a un an, le 14 mai 2018, il disait être à la recherche d’un avocat spécialiste des questions d’immigration en Afrique du Sud, sans préciser le motif de sa requête.

tweet de Binyavanga Wainaina

On a su ensuite qu’il voulait épouser son compagnon de longue date en Afrique du Sud, où le mariage gay est légal.

J’ai l’intuition qu’un autre écrivain kényan, Ngũgĩ wa Thiongʼo, pourrait bien obtenir le prix Nobel de littérature en 2019, son nom étant souvent cité parmi les favoris potentiels depuis quelques années. Le cas échéant, j’espère que Ngũgĩ wa Thiongʼo honorera la mémoire de Binyavanga Wainaina en appelant le Kenya à dépénaliser l’homosexualité.

livre de Binyavanga Wainaina
En 2011, Binyavanga Wainaina publiait un livre de souvenirs intitulé One Day I Will Write About This Place ©Graywolf Press

Philca / MensGo

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