Grand froid sur le dialogue social chez Sidaction

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Grand froid sur le dialogue social chez Sidaction

(Blogmensgo, 2 février 2012) Libération publie, dans son édition du 1er février 2012, une enquête très circonstanciée sur le climat social au sein de Sidaction. Le quotidien français s’étonne que l’association de lutte contre le sida ait provisionné « pour 2010, près de 416 000 euros » au titre des « risques sociaux ».

Initiative cofondée par Pierre Bergé en 1994, le Sidaction est devenu en 2005 une association qui a franchi le cap des 50 salariés en 2010. Ce cap, en droit français, renforce les obligations de l’employeur en matière de représentation des salariés au sein des instances de décision. Et c’est justement ce qui semble poser problème, explique Libération en citant des exemples précis. Les nouvelles obligations légales dérangeraient, au sein de l’association, les divers départements qui fleurissaient auparavant comme autant de baronnies.

Le quotidien français livre une longue liste de cas de figure traduisant un mal-être croissant au sein de l’association : dialogue de sourds entre salariés et direction, pressions hiérarchiques insoutenables, procès en cascade, menaces, pétitions, licenciements, démissions, bruit et fureur…

Les pouvoirs publics ont déjà dit leur mot à plusieurs reprises, à l’image de l’inspection du travail qui a successivement refusé plusieurs licenciements apparemment infondés. En mai 2011, le Rapport d’expertise sur l’analyse des risques psychosociaux à Sidaction, rédigé par le cabinet indépendant Cédaet, livrait des « préconisations » en forme de camouflet à la direction de l’ONG. « Je peux commander et payer un rapport qui dira tout le contraire », contre-attaquait Pierre Bergé.

Entre-temps, les conditions de travail chez Sidaction semblent s’être détériorées voire envenimées.

Ce contexte polémique n’a pas empêché Sidaction de récolter 750 000 euros le 26 janvier 2012. Le traditionnel « dîner de la mode de Sidaction » a en effet réuni 700 personnalités qui auront offert en moyenne plus de 1 000 euros chacun (compte rendu en PDF).

La prochaine collecte nationale du Sidaction est programmée du 30 mars au 1er avril 2012, rappelle le site de Sidaction, juste au-dessus d’une vidéo mettant en scène de jeunes enfants.

Commentaire. Mon commentaire sera juridique, journalistique et éthique.

Le fait d’entretenir une série d’actions répétées – ici, le financement à grands frais de procédures judiciaires – amputant les finances d’une association peut s’assimiler à un acte anormal de gestion dès lors que ces actions sont parfaitement évitables. On peut éviter le climat social délétère et ses conséquences dommageables en appliquant mieux les règles de droit au sein de l’entreprise, en encourageant le dialogue social et en limogeant les dirigeants dont le maintien constitue une entrave manifeste à l’apaisement du climat social et à la marche normale de l’entreprise.

Le fait de passer sous silence une information importante s’appelle un ratage. J’excelle dans l’art du ratage. Mes confrères de Têtu ont fait un joli papier sur la récente collecte de fonds de Sidaction, mais à l’heure où j’écris cette phrase, eux pourtant si prompts à multiplier les pixels sur la moindre bribe d’actualité, ils n’ont toujours rien écrit au sujet de cette « affaire » Sidaction évoquée par Libé. Pierre Bergé est aussi le propriétaire de Têtu, à qui je souhaite la bienvenue au club du ratage.

« Attenter à la dignité des enfants » en mettant en scène des enfants afin de lever des fonds pour une cause humanitaire ? C’est ignoble, a fustigé un certain Pierre B. en 2009. Faites ce que je dis…

Philca / MensGo
(via Libération du 1er février 2012)

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