Archives pour la catégorie “culture”

Livre Biologie de l'homosexualité

Rien n'est dû au hasard, selon Balthazart… © Mardaga.be.

(Blogmensgo, 21 janvier 2010) L’éditeur belge Mardaga publie, le 4 février 2010, un livre de Jacques Balthazart intitulé Biologie de l’homosexualité. Le neurologiste Jacques Balthazart s’assigne pour mission d’y « rendre accessible à un large public la littérature scientifique sur les bases biologiques de l’orientation sexuelle et donc de corriger les conceptions erronées très répandues au sujet des origines de l’homosexualité ». Le sous-titre du livre en résume le programme : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être ».

Professeur à l’université de Liège, Jacques Balthazart espère susciter « une acceptation plus large de l’homosexualité dans la population et réduire la souffrance des personnes concernées » en montant que l’on ne devient pas homosexuel comme on change de coiffure, mais que l’on naît homosexuel comme on naît gaucher ou droitier, garçon ou fille, avec des yeux bleus ou verts.

« C’est la première fois qu’un ouvrage est publié sur la question en français », signale le blog Gay Kosmopol, selon qui le livre est écrit « dans une prose précise et agréable, et surtout bien structurée et compréhensible ». Cet ouvrage est donc susceptible d’ouvrir à lui seul une brèche dans la muraille de la désinformation – fût-elle de bonne foi – et de l’homophobie.

Le livre est annoncé en France, au prix public de 29 euros selon Amazon.fr, et bien sûr aussi en Belgique.

Commentaire. Pour le grand public, aucun doute : on choisit son orientation sexuelle comme on choisit son orientation professionnelle. Le livre du professeur Balthazart combattrait beaucoup plus efficacement cette idée reçue s’il était vendu à un prix accessible au plus grand nombre…

Philca / MensGo
(via le blog Gay Kosmopol du 20 janvier 2010)

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Photo d'Elton John

Mieux vaut écouter Elton John chanter en regardant Stephan Weiler… plutôt que l'inverse. © Tara Gore / Eltonjohn.com.

(Blogmensgo, 15 décembre 2009) Elton John, Freddie Mercury et Stephen Fry chez les hommes, Judy Garland, Kylie Minogue et Madonna chez les femmes sont, dans cet ordre, les plus grandes icônes mondiales gay de tous les temps. Tel est le début du palmarès selon un sondage de l’institut britannique OnePoll effectué auprès de 5 000 internautes et rendu public le 10 décembre 2009.

Seul un hétéro, le footballeur David Beckham, apparaît dans la catégorie masculine, alors que le palmarès féminin se compose essentiellement de femmes non lesbiennes. C’est la preuve, selon OnePoll, que les sondés s’intéressent plus aux valeurs de tolérance véhiculées par les personnalités qu’à leur appartenance effective à la communauté homosexuelle.

Si l’on prend les deux lauréats de chaque sexe, le palmarès est très cohérent. Elton John vivait depuis douze ans avec David Furnish lorsqu’il se pacsa avec lui en décembre 2005, le jour même où l’Angleterre légalisait les unions homosexuelles. Freddie Mercury, mort en 1991 d’une maladie opportuniste consécutive au sida, assuma ostensiblement son homosexualité à la scène comme à la ville. Quant aux deux principales lauréates, elles ont toujours affiché une attitude voire un militantisme parfaitement gay-friendly et n’ont jamais hésité à se produire dans des lieux ou lors d’événements LGBT.

Pour la liste complète du palmarès, cliquer sur la photo.

Commentaire. Électorat britannique oblige, le palmarès ignore superbement la chanson française en général et Dalida en particulier. Le football français (Yohann Gourcuff) et portugais (Cristiano Rinaldo) est tout aussi snobé.
Tout aussi incompréhensible est la mise à l’écart du beau et sympa Sergio Lara, alias Mister Gay Europe 2009 (cf. notre article du 31 août 2009), qui ressemble d’ailleurs un peu à David Beckham, sauf quand il joue au ballon. Et n’avoir pas retenu Stephan Weiler, l’hétéro au regard de braise élu Mister Suisse 2008 (cf. notre article du 27 août 2008), apparaît comme une faute de goût.

Philca / MensGo
(via Yahoo Actualités du 14 décembre 2009)

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Photo d'Evergon

Contrairement aux apparences, Evergon n'est pas barbant… © Evergon.ca.

(Blogmensgo, 8 décembre 2009) Le photographe canadien Evergon expose, jusqu’au 12 décembre 2009, ses dernières photos et vidéos à la Galerie Verticale de Laval (Québec). Son exposition, intitulée « Jeux de la passion », réunit 11 grands clichés et 16 vidéos qui « interrogent les modes de préservation de lieux et de pratiques gay ». Et le résultat n’est pas banal !

Montréalais d’adoption, l’artiste n’hésite pas à mettre devant l’objectif son propre corps atypique et sexagénaire. Ses œuvres s’intéressent au corps en tant que concept à la fois physique (la chair) et intellectuel (le désir).

Evergon donne volontiers à voir des images surprenantes ou dérangeantes, que ce soit par les thèmes abordés, par les postures représentées, mais aussi par un certain goût pour le tératologique. Ceux qui n’ont pas la possibilité d’aller dans la Belle Province pourront quand même jeter un coup d’œil à son portfolio.

Philca / MensGo
(via Courrier Laval du 7 décembre 2009)

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Affiche Festival LGBT de Saint-Étienne

Avec Ander en avant-première, le 26 novembre 2009 à 20 h 30. © Festivalfaceaface.fr.

(Blogmensgo, 26 novembre 2009) Du 26 au 29 novembre 2009 se tient le 5e Festival du cinéma gay et lesbien de Saint-Étienne (France). En marge de l’événement ont lieu, à l’intention notamment des 12 organisateurs de festivals similaires, les 1res Assises nationales du cinéma gay et lesbien.

Outre le long-métrage espagnol Ander de Roberto Castón en avant-première (sortie en février 2010, selon sa fiche Allociné) et le spectacle Opération du Saint-Esprit des Emplumés, l’un des principaux temps forts sera le spectacle artistique Étoiles et toiles après le concert de Calogero. Donc, pas que du cinéma.

Les assises, le festival et sa riche programmation résultent d’une initiative de l’association stéphanoise Face-à-face, qui a obtenu le soutien de nombreux partenaires.

Les organisateurs espèrent atteindre cette année les 2 000 entrées payantes, à raison de 5 euros la séance ou 30 euros forfaitaires. À noter que le festival ménage aussi des séances de dialogue spécifiques à l’intention des lycéens stéphanois.

Philca / MensGo
(via Le Progrès du 26 novembre 2009)

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Couverture du Journal d'André Gide

Gide n'est pas encore au Panthéon, mais on le trouve chez tous les bouquinistes. © Priceminister.com.

(Blogmensgo, 25 novembre 2009) Quel écrivain exclusivement gay était fou amoureux de sa femme ? André Gide, bien sûr, dont le Journal fourmille d’anecdotes sur la question. Soixante années d’une vie sur mille cinq cents pages, voire mille huit cents pages si l’on y ajoute les opuscules autobiographiques Et nunc manet in te (où l’auteur évoque sa femme) et Ainsi soit-il (ultime texte de Gide).

Le Journal d’André Gide évoque plusieurs fois l’homosexualité, d’une manière indirecte (vue à travers son œuvre en général, son apologétique Corydon en particulier) ou directe. On trouvera ci-dessous les principales réflexions relatives à l’homosexualité consignées par Gide dans un journal qui s’étend sur six décennies.
(Les extraits publiés dans le Journal sont référencés par date, les autres par le nom de l’œuvre.)

« J’ai passé tout un temps de jeunesse à tâcher de prouver aux autres des émotions que j’aurais peut-être eues, si cet effort pour les prouver ne les eût pas toutes tuées. » (3 juin 1893)

« Je voudrais qu’il ne fût jamais permis de se prononcer sur les questions sexuelles, qu’à ceux qui ont eu l’occasion d’élever et de surveiller des animaux. Peut-être enfin consentiraient-ils à comprendre que ne sont pas moins naturelles que d’autres, bien des difficultés, des déviations, des irrégularités qu’ils s’obstinent à considérer comme “contre nature” et anormales. » (5 octobre 1914)

« J’appelle pédéraste celui qui, comme le mot l’indique, s’éprend des jeunes garçons. J’appelle sodomite (“On dit sodomite, Monsieur”, répondait Verlaine au juge qui lui demandait s’il était vrai qu’il fût sodomiste) celui dont le désir s’adresse aux hommes faits.
« J’appelle inverti celui qui, dans la comédie de l’amour, assume le rôle d’une femme et désire être possédé.
« Ces trois sortes d’homosexuels ne sont point toujours nettement tranchées ; il y a des glissements possibles de l’une à l’autre ; mais le plus souvent, la différence entre eux est telle qu’ils éprouvent un profond dégoût les uns pour les autres ; dégoût accompagné d’une réprobation qui ne le cède parfois en rien à celle que vous (hétérosexuels) manifestez âprement pour les trois.
« Les pédérastes, dont je suis (pourquoi ne puis-je dire cela tout simplement, sans qu’aussitôt vous prétendiez voir, dans mon aveu, forfanterie ?), sont beaucoup rares, les sodomites beaucoup plus nombreux, que je ne pouvais croire d’abord. J’en parle d’après les confidences que j’ai reçues, et veux bien croire qu’en un autre temps et dans un autre pays il n’en eût pas été de même. Quant aux invertis, que j’ai fort peu fréquentés, il m’a toujours paru qu’eux seuls méritaient ce reproche de déformation morale ou intellectuelle et tombaient sous le coup de certaines accusations que l’on adresse communément à tous les homosexuels.
« J’ajoute ceci, qui pourra paraître spécieux, mais que je crois parfaitement exact : c’est que nombre d’hétérosexuels, soit par timidité, soit par demi-impuissance, se comportent en face de l’autre sexe comme des femmes et, dans une conjugaison en apparence “normale”, jouent le rôle de véritables invertis. L’on serait tenté de les appeler des Lesbiens. Oserai-je dire que je les crois très nombreux ? » (Feuillets II, entre 1918 et 1919)

« De nos jours, où pourtant le risque d’un discrédit moral est moins grand qu’il n’était naguère et la sanction moins rigoureuse, les feintes et les camouflages en littérature sont nombreux, je le sais. Je me dis qu’on a toujours menti, lorsque les mœurs ont contraint de mentir, et, rien ne m’autorisant à croire Sodome plus peuplée aujourd’hui qu’hier, je deviens quelque peu soupçonneux à l’endroit de certains de nos anciens auteurs. » (8 décembre 1929)

« Comme il [Roger Martin du Gard] nous interroge hier sur les nouvelles lois de l’URSS concernant l’homosexualité, la conversation se prolonge sur ce sujet. Nous discutons le bien-fondé de cette loi. Protège-t-elle vraiment la famille, comme elle prétend le faire ? Je soutiens qu’un hétérosexuel coureur et débauché peut amener plus de trouble dans les ménages que ne ferait un pédéraste. [Pierre] Herbart fait judicieusement observer que les époques où la pédérastie a été le plus admise ne semblent nullement avoir été des époques de “dénatalité”.
« Je soutiens que celui qui considère la femme exclusivement comme un instrument de plaisir et ne voit en elle que l’amante possible, se soucie fort peu de l’engrosser ; et comme je risque ceci (qui n’est peut-être pas si paradoxal qu’il peut paraître d’abord) : que l’homosexuel marié trouve son compte dans l’occupation de sa femme par la grossesse…, Roger, avec un grand rire, s’écrie que : « il n’y en a certainement pas un sur mille qui pense jamais à cela. »
« (Le curieux – mais cette réflexion ne me vient qu’ensuite – c’est que pas un instant nous n’envisageons la question du lesbianisme, qui, pourtant, risque de détourner la femme de la maternité bien autrement que ne le fait l’homosexualité d’un mari.) » (2 octobre 1936)

« Il est aisé, pour un pédéraste, de passer pour chaste aux yeux d’un hétérosexuel. Par contre, le vrai chaste est aisément soupçonné par l’homosexuel de n’être lui-même qu’un homosexuel qui se défend de l’être et se résiste, ou qui s’ignore. Ces soupçons, il faut bien le dire, sont assez souvent fondés. » (12 mars 1938)

« Le grand nombre des confidences que j’ai été appelé à recevoir m’a persuadé que la diversité des cas d’homosexualité est plus grande, et de beaucoup, que celle des cas d’hétérosexualité. Il y a plus : l’irrépressible dégoût que peut éprouver un homosexuel pour un autre dont les appétits ne sont pas les mêmes est chose dont l’hétérosexuel ne peut se rendre compte : il les fourre tous dans le même sac pour les jeter par-dessus bord en bloc, ce qui est évidemment beaucoup plus expédient. » (Ainsi soit-il)

Avis aux amateurs : On trouve facilement et en abondance, d’occasion et souvent à vil prix, les deux volumes que La Pléiade (Gallimard) consacre au Journal d’André Gide. Pour ce faire, mieux vaut attendre que les prix redeviennent normaux, après les fêtes de fin d’année. Ces deux volumes, achetés d’occasion sur eBay, m’auront coûté à peine 30 euros en tout.

Philca / MensGo

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