L’État australien du Victoria va bannir les thérapies de conversion, mais…

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L’État australien du Victoria va bannir les thérapies de conversion, mais…

(Blogmensgo, blog gay du 6 février 2019) Juste avant de participer le 3 février 2019 à la Midsumma Pride March de Melbourne, le Premier ministre du Victoria, Dan Andrews, a promis que le Victoria deviendrait le premier État australien à bannir les thérapies de conversion. Cette promesse ne se concrétisera toutefois qu’en 2020, le temps – un an minimum – de réunir une large concertation sur le sujet et de présenter un projet de loi au Parlement.

Dan Andrews

Dan Andrews. Le Premier ministre du Victoria, friendly jusqu'au bout du défilé à Melbourne. © @DanielAndrewsMP

Les thérapies de conversion relèvent d’un « charlatanisme fanatique se faisant passer pour un service de santé », a déclaré Dan Andrews. Par « thérapies de conversion », il faut entendre les activités et les pseudo-traitements qui prétendent « guérir » des gens en inversant leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Le Premier ministre du Victoria appuie ses dires sur un rapport de la Commission des plaintes de santé (HCC), qui atteste l’enracinement en Australie de ces pratiques d’un autre âge et les ravages psychologiques qu’elles provoquent.

It’s not LGBTI people who need to change—It’s our laws!
(Ce ne sont pas les personnes LGBTI qui doivent changer – ce sont nos lois !)
Dan Andrews, Premier ministre du Victoria

Le délai d’au moins un an servira d’une part à fournir des détails à l’opposition parlementaire sur la méthodologie d’interdiction (les députés d’opposition ont donné un accord de principe et attendent d’en savoir plus avant de se mobiliser), d’autre part à organiser une concertation avec les diverses parties prenantes (associations LGBTQ, mais aussi cultuelles), et enfin à concevoir un texte de loi et une stratégie visant à éradiquer totalement les thérapies de conversion – totalement, c’est-à-dire sans leur donner la possibilité de survivre en marge de la légalité ni même dans la clandestinité.

Toujours intéressant de voir à quoi ressemble chaque défilé de Gay Pride dans le monde. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent, et la Midsumma Pride March 2019 ne fait pas exception à la règle. J’ai choisi un visionnage au plus près des participants, en son direct non commenté, pendant plus d’une heure, en deux volets dont voici le premier :

Le détail des mesures législatives envisagées n’est pas encore connu, mais il inclura sans doute de nouvelles dispositions civiles et pénales. Le secteur éducatif sera sans doute également sollicité, au titre du nécessaire travail de prévention et de conscientisation.

Aux termes d’une loi de février 2016 en vigueur depuis 2017, la HCC est habilitée à sanctionner les individus et les entités qui pratiquent ou encouragent les thérapies de conversion. La palette des sanctions s’échelonne du simple avertissement jusqu’à l’interdiction d’exercer toute activité dans le Victoria. En revanche, la HCC ne dispose d’aucun pouvoir de sanction civile ou pénale.

Karen Cusack, commissaire aux plaintes de santé dans le Victoria, se dit « très contente […] que les thérapies de conversion soient [bientôt] interdites dans le Victoria ».

En mai 2018, l’Australie-Occidentale et le Territoire de la Capitale australienne avaient envisagé d’interdire les thérapies de conversion, mais l’idée ne s’est pas concrétisée. Un mois auparavant, le Parti libéral (opposition) du Victoria envisageait de débattre sur une éventuelle motion favorable aux thérapies de conversion, mais y a vite renoncé en raison d’une vive indignation au sein même du parti.

Et voici la seconde partie du défilé 2019 de la Midsumma Pride à Melbourne…

La députée fédérale indépendante et ouvertement lesbienne Kerryn Phelps invite l’Australie à bannir les thérapies de conversion sur l’ensemble du territoire national. Le Parti travailliste australien avait déjà eu l’occasion de dire son soutien à une interdiction des thérapies de conversion et le Sénat fédéral a validé à l’unanimité, en septembre 2018, une motion appelant les États à proscrire ces pseudo-thérapies. Mais ce n’étaient là que des déclarations, pas des textes de loi.

Philca / MensGo

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