L’Église unifiée d’Australie envisage d’inciter ses pasteurs à célébrer des mariages homos

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L’Église unifiée d’Australie envisage d’inciter ses pasteurs à célébrer des mariages homos

(Blogmensgo, blog gay du 30 avril 2018) Un comité préparatoire à la prochaine assemblée nationale de l’Église unifiée d’Australie (ou UCA, Uniting Church in Australia) préconise l’adoption d’un rapport interne validant la célébration de mariages entre personnes de même sexe. Si les propositions ainsi retenues par le comité permanent de l’assemblée générale sont définitivement acceptées en juillet 2018, cette obédience protestante deviendra la première Église représentative australienne à recommander que ses pasteurs acceptent de marier des couples gays ou lesbiens et d’accepter les personnes LGBTQI sans discrimination, au même titre que ses fidèles hétéros.

L’Église unifiée d’Australie ne parle pas de « mariage entre personnes de même sexe », mais de « mariage entre personnes de même genre », soi-disant parce que cet intitulé facilite la traduction dans d’autres langues (le document est traduit en coréen, tongien, fidjien, indonésien et chinois). Malgré cette pudeur sémantique, le rapport sur le mariage et les relations entre personnes de même genre estime que les principaux arguments pour ou contre le mariage entre personnes de même sexe genre sont légitimés par l’Évangile. Autrement dit, tout le monde a raison. De plus, précise le rapport interne de l’UCA, les découvertes scientifiques attestent que l’homosexualité est parfaitement normale.

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Le mariage homo, première des propositions soumises à validation par l'UCA (capture d'écran). ©uniting.church

Le rapport s’est également penché sur l’institution du mariage et en conclut que son profil varie beaucoup en fonction des époques, des cultures et des sociétés, ce qui revient à dire que le rite du mariage tel que le pratiquent les protestants ne correspond qu’à une forme de mariage parmi tant d’autres.

Le rapport constate néanmoins une inversion graduelle des tendances, celle favorable au mariage gay ayant gagné en dynamisme ces dernières années. Une tendance que la légalisation par l’Australie du mariage homo en décembre 2017 a confortée en la légitimant.

C’est en juillet 2018 que se tiendra la prochaine session plénière triennale de l’assemblée nationale de l’UCA. C’est à cette instance qu’il appartiendra, le cas échéant, de valider la nouvelle politique LGBT-friendly de l’Église unifiée d’Australie. Si cet organe décisionnaire valide officiellement la célébration de mariages entre personnes de même sexe, ce choix n’aura aucun caractère contraignant : les célébrants qui le souhaitent pourront refuser de célébrer des mariages homos.

Le rapport interne de l’UCA prévoit dès maintenant une modification de la terminologie officielle. Les célébrants ne marieraient plus « un homme et une femme », mais « deux personnes ».

Selon Wikipedia, l’Église unifiée d’Australie revendique 243.000 membres en 2018, ce qui en fait la troisième obédience australienne, après l’Église catholique et l’Église anglicane. Le recensement de 2016 créditait l’UCA de 870.000 fidèles, soit 3,7 % de la population, devant les musulmans (2,6 %), mais loin derrière les catholiques (22,6 %) et les anglicans (13,3 %), dans un pays où l’on dénombre 30,1 % de personnes se déclarant sans religion. Précisons que l’UCA, née d’un schisme en 1977, regroupe surtout des méthodistes et des presbytériens.

Dans la Nouvelle-Zélande voisine, les célébrants religieux peuvent refuser de marier des couples homosexuels. En revanche, dès lors qu’il s’agit de mariages civils, les célébrants mandatés par l’administration n’ont pas le droit de refuser le mariage aux couples de même sexe, même pour des motifs soi-disant religieux.

Le ministère néo-zélandais de l’Intérieur a par conséquent invalidé 47 demandes d’agrément présentées par des célébrants indépendants depuis que ces demandes se font uniquement en ligne (7 septembre 2015). Les candidats évincés refusaient de célébrer des unions homosexuelles pour des motifs religieux. Le ministère considère qu’un tel refus de mariage correspond à une discrimination inacceptable et illégale, quel qu’en soit le motif.

En Nouvelle-Zélande, les mariages religieux doivent être célébrés par les célébrants dûment présentés par les organisations religieuses. L’État valide leur nomination, mais contrairement aux mariages civils, les célébrants de mariages confessionnels ont le droit de refuser d’unir des couples de même sexe.

Philca / MensGo

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