The Miseducation of Cameron Post obtient le grand prix du festival de Sundance

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The Miseducation of Cameron Post obtient le grand prix du festival de Sundance

(Blogmensgo, blog gay du 30 janvier 2018) C’est un long-métrage anglo-américain consacré aux thérapies de conversion, The Miseducation of Cameron Post, qui a remporté le grand prix du festival du film indépendant de Sundance (Utah) dans la catégorie œuvres dramatiques, le 28 janvier 2018. Le film de la réalisatrice irano-américaine bisexuelle Desiree Akhavan, coécrit par Cecilia Frugiuele, est adapté d’un roman homonyme d’Emily M. Danforth, écrivaine américaine lesbienne originaire du Montana, où se situe l’action du livre et du film.

The Miseducation of Cameron Post

Des camps pour « redevenir » hétéro ? Il faut être bien fou de dieu pour croire à de telles sornettes… ©Sundance.org

L’histoire du film, en quelques mots

The Miseducation of Cameron Post raconte l’histoire d’une collégienne, Cameron Post (Chloë Grace Moretz), dont l’homosexualité est découverte le soir même du bal de promo. Une gouine au bal de promo ? Double crime de lèse-promo et de lèse-éducation (religieuse). Cameron est aussitôt expédiée, par sa tante et tutrice Ruth Post (Kerry Butler), dans un camp de concentration centre de thérapie de conversion où le personnel lui enseigne les principes de la foi chrétienne, le premier de ces principes consistant à ne pas mélanger les genres – ou plutôt à les mélanger, l’interaction mâle-femelle étant supposée délivrer l’humanité bien-pensante du triste fléau des pédégouines.

Ce qui promettait de devenir un enfer sur terre pour Cameron se révèle sinon un paradis, du moins un purgatoire. Un lieu où la torture psychique est bien présente, mais où elle s’accompagne de la découverte – voire révélation – d’un univers lesbien jusque-là inconnu de l’héroïne. Au lieu de transformer la sale petite gouine en proprette hétéro ultrachrétienne, le camp de déshomosexualisation se transformera pour Cameron en expérience d’enrichissement et d’approfondissement de son homosexualité.

The Miseducation of Cameron Post (livre)

D'après un best-seller pour ados signé emily m. danforth et publié en 2012…

Les raisons d’un grand prix

The Miseducation of Cameron Post n’est ni tout à fait un film sur la fin de l’enfance et de l’adolescence, ni tout à fait un film pour ados, ni tout à fait une dénonciation des thérapies de conversion, mais tout cela à la foi. C’est aussi le film d’une réalisatrice et coscénariste ouvertement lesbienne, donc sans la condescendance ni le misérabilisme dont se croient tenus d’user les cinéastes hétéros. Enfin, c’est un film dont l’un des personnages n’est autre que le Montana, un État qui aura produit nombre d’écrivains de renom, à commencer par Emily M. Danforth (ou plutôt emily m. danforth, selon la graphie officielle de l’auteure) dont ce livre de young adult fiction (littérature pour ados) que viennent d’adapter Desiree Akhavan et Cecilia Frugiuele était aussi, en 2012, le premier roman.

Vu que le film ne dispose pour l’instant d’aucune bande-annonce officielle ou officieuse, voici la bande-annonce du livre The Miseducation of Cameron Post :

Une autre explication tient peut-être aussi au jeu des actrices et acteurs. À commencer par Chloë Grace Moretz, dont deux des quatre frères – dans la vraie vie – sont gays et qui milite elle-même en faveur d’une égalité intégrale des droits.
La jeune actrice – elle aura 21 ans le 10 février 2018 – et ses quatre frangins ont été élevés dans une famille très chrétienne.

Avant d’interpréter le rôle de Cameron Post, Chloë a rencontré des gays et lesbiennes qui avaient subi des cures visant à les « guérir » de leur homosexualité. Chloë Grace Moretz, dans son discours de réception du prix du meilleur film à Sundance, a « dédié cette récompense aux survivants LGBT des thérapies de conversion » (vidéo ci-dessous).

Pour comprendre comment une partie de l’équipe a abordé le film, voici une interview réalisée par Glaad le 23 janvier 2018, donc cinq jours avant la proclamation du palmarès.

Enfin, le film de Desiree Akhavan entremêle volontiers les scènes d’une grande intensité dramatique et un humour plus ou moins léger – un mélange des genres que pratiquait volontiers le grand Shakespeare.

Pas vu le film (le festival de Sundance le présentait en première mondiale) ni lu le livre. Voici ce qu’en pense quelqu’un qui a lu le livre puis vu le film (on y comprend les différences de traitement narratif). Le magazine Variety a, quant à lui, trouvé le film un peu plat et simpliste.

Philca / MensGo

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