Festival 2015 de la photo de nu à Arles

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Festival 2015 de la photo de nu à Arles

(Blogmensgo, blog gay du 23 avril 2015) La 15e édition du Festival européen de la photo de nu se tiendra du 7 au 17 mai 2015 à Arles, dans le sud de la France. Le corps masculin y sera représenté – chichement mais bellement.

Photo d'homme nu par Nathalie bagarry

Photo d'homme nu, © série Omu, Nathalie Bagarry. Cliquer pour agrandir.

Sur la quarantaine d’artistes invités, quelques-uns seulement consacrent tout ou partie de leur production au corps masculin. Manque d’intérêt ou de maturité ? De la part des artistes, du public, des commanditaires, des festival(ier)s ou de tous les acteurs de la filière ? On ne se prononcera pas sur les causes du phénomène. La conséquence, on l’a dit, est la très faible de nudité masculine – par rapport à la nudité féminine – dans les arts graphiques en général et en particulier dans la photographie.

Une production faible en quantité, certes, mais forte en qualité. Nathalie Bagarry confirme cette impression à travers une série en noir et blanc de 80 clichés doubles, avec d’un côté le visage d’un homme et de l’autre le sexe du mec.

La photographe d’origine corse a intitulé cette série Omu, qui signifie homme en langue corse. Donc le visage d’un omu mais pas son regard. Car systématiquement le regard est empêché, qui par une main, qui par un bras, qui par des paupières closes. Et « en regard » du visage, un sexe de mec au repos, sans érection – puisque l’érection nécessite le regard, vecteur premier du désir.

« Comment envisager ces hommes sans regard ? La chair, le sexe masculin peuvent-ils incarner l’âme masculine ? »
(Nathalie Bagarry, photographe)

Cette synecdoque photographique met en lumière – et souvent en clair-obscur – une « esthétique du fragment » dont le point focal n’est plus le regard, empêché qu’il est, mais la peau. Puisque le regard est empêché « les mains voient pour les yeux clos », dit le dossier de presse.

Cette formulation me rappelle précisément une expérience menée jadis par Dominique Webb. L’hypnotiseur français avait eu l’idée de conduire une voiture les yeux bandés, avec pour tout guide sa seule main tendue vers l’extérieur. Résultat, la voiture s’était vite retrouvée dans le fossé. Webb avait commis l’erreur de mener l’expérience sur un chemin forestier, dans un calme absolu.
Or, avait-il compris, la main a besoin d’une oreille pour guider au mieux le regard aboli. Il avait alors réitéré l’expérience, mais en plein centre-ville et à la stupéfaction des automobilistes au regard acéré. Je crois me souvenir qu’il avait pu rouler sans anicroche.
(C’était avant l’arrivée du Web qui permet aujourd’hui de circuler en cliquant sur des URL même les yeux fermés. Humour facile, je l’admets…)

Sur son site, Nathalie Bagarry livre ces quelques précisions importantes :

« Photographier le corps sans artifice, sans présence des codes sociaux, des corps sincères non retouchés en post-traitement. Conserver les rides, les boutons, les cicatrices etc. »
(Nathalie Bagarry)

Le vernissage de l’expo est annoncé pour le 8 mai 2015 à 19 h à Arles (Espace Van Gogh, rez-de-chaussée sud).

À noter que l’événement arlésien présente plusieurs artistes de très grande qualité, pour autant qu’on puisse en juger d’après son site. Outre Nathalie Bagarry – dont la huitaine de diptyques présentée dans le dossier de presse m’a emballé – j’ai surtout flashé pour les compositions étonnantes d’Alain Rivière-Lecoeur et celles tout aussi surprenantes de Louis Blanc, ou pour l’évocation astucieuse par Jérémie Mazenq des rapports entre le réel et le virtuel.

(Attention, ne pas confondre cet événement avec les Rencontres de la photographie, programmées elles aussi à Arles mais 6 au 20 juillet 2015.)

Philca / MensGo

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