Ados gays britanniques : trop discriminés à l’école, mal informés sur le VIH/sida

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Ados gays britanniques : trop discriminés à l’école, mal informés sur le VIH/sida

(Blogmensgo, blog gay du 13 mars 2015) Comment les jeunes gays et bisexuels britanniques s’informent-ils sur le sexe, les relations sexuelles et le VIH ? C’est ce qu’a voulu savoir l’organisme National Aids Trust à travers un sondage en ligne. Les résultats sont préoccupants voire alarmants.

Ci-dessous, la présentation et les principaux résultats du sondage :

Très, très mal informés

Les jeunes gays britanniques souffrent d’un grave manque de connaissances au sujet des relations (homo)sexuelles et du VIH/sida. Les carences éducatives en la matière et le manque de fiabilité des informations glanées n’importe où font le lit des légendes urbaines et de la désinformation.

Les carences de l’éducation sexuelle

Trois quarts des répondants affirment que les cours d’éducation sexuelle ne leur ont procuré ni informations, ni conseils, ni soutien au sujet des relations homosexuelles.

Deux tiers des jeunes interrogés disent n’avoir reçu aucune information sur le dépistage du VIH.
Et selon un tiers d’entre eux, aucune information ne leur a été délivrée sur la transmission du VIH et sur les mesures de protection (safer sex).

Un cruel manque d’informations

Concernant le VIH, plus de la moitié du panel n’a pas cherché d’infos, de conseils ou d’aide. Non par manque de curiosité, mais plutôt par gêne ou par honte.

Les jeunes gays et bis se tournent surtout vers les sites web spécialisés, notamment ceux de la communauté gay. Ils n’hésitent pas à visiter des sites pornographiques afin d’y recueillir des infos sur le sexe entre mecs. Certains, afin de se renseigner, contactent directement des enseignants ou adultes en milieu scolaire, voire des centres d’information sur la santé.

Tout et n’importe quoi

Concernant la prophylaxie, 71 % des sondés ignorent l’existence de médicaments post-exposition (après un rapport sexuel non protégé). Dans leur grande majorité (60 %), ils ne savent pas non plus que les gays qui ont une activité sexuelle devraient se faire dépister au moins une fois par an.

Extrait du sondage

Cliquer pour agrandir. ©Nat.org.uk.

Le niveau d’information sur les bases du VIH/sida est tout aussi alarmant. Parmi les répondants, 29 % ne savent pas que le VIH ne se transmet ni par la salive ni par un baiser. Et 27 % ne savent pas que le VIH peut être transmis par le sperme, le sang, le lait humain et tout fluide vaginal ou rectal.

Harcèlement et discrimination homophobes à l’école

À cause de leur orientation sexuelle, 55 % des jeunes sondés ont été victimes de harcèlement ou de discrimination à l’école. Le cas échéant, de la part d’un autre élève (99 %) voire d’un enseignant ou d’un autre adulte en milieu scolaire (39 %).

Idem en ligne, où les trois quarts des répondants ont déjà subi harcèlement ou discrimination à raison de leur orientation sexuelle.

Un pays de non-droit(s) ?

Pas moins de 75 % des jeunes gays interrogés ignorent que la loi britannique interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle des gens.

Méthodologie. L’étude en ligne Boys Who Like Boys a interrogé 1 096 garçons homosexuels, bisexuels ou trans âgés de 14 ans à 19 ans et vivant au Royaume-Uni. Les résultats définitifs portent sur 961 questionnaires remplis et correspondant au panel recherché (gays et bis). Questionnaires administrés entre avril et juin 2014.

Aucun quota n’ayant été appliqué, les données brutes sont assez hétérogènes. L’échantillon validé privilégie la tranche des 16-17 ans (48 % de l’échantillon) par rapport aux 14-15 ans (27 %) et aux 18-19 ans (25 %). Une écrasante majorité des questionnaires provient de Blancs (91 %) et de jeunes qui résident en Angleterre (83 %). Le panel final inclut 61 % d’ados qui se considèrent comme gays et 39 % comme bisexuels.

Commentaire La méconnaissance par les gays de leurs droits les plus élémentaires balise le terrain pour des comportements homophobes en catimini ou au grand jour, et souvent en toute impunité.

Quant au VIH/sida, il est illusoire de chercher à endiguer la pandémie sans une participation active, donc bien informée, des jeunes gays et bisexuels. Et peu importe que ce soit au Royaume-Uni ou ailleurs.

Philca / MensGo
(via The Independent du 8 mars 2015)

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