Deux magazines lesbiens, sinon (avant c’était) rien !

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Deux magazines lesbiens, sinon (avant c’était) rien !

(Blogmensgo, blog gay du 15 septembre 2014) La presse lesbienne française s’est enrichie, le 12 septembre 2014, du magazine semestriel Well Well Well. Quelques mois auparavant était lancé le mensuel numérique Jeanne. Les deux titres, fort dissemblables, attestent que les lesbiennes sont comme les gays : leurs goûts conjuguent la finesse et l’éclectisme.

Well Well Well : site web | page Facebook
Jeanne : site web | page Facebook

Well Well Well, pour la lesbienne plutôt intello

Couverture de WellWellWell

Espérons-le, “All's wellwellell that ends wellwellwell” (comme disait Skakespearepearepeare). ©Revuewellwellwell.fr.

Well Well Well est à mi-chemin entre le magazine et le livre. Autrement dit, c’est un mook (mot-valise associant magazine et book). Le semestriel coûte le prix d’un livre, soit 15 € pour 128 pages écrites, illustrées et mises en page avec élégance, le tout imprimé sur un papier de qualité. Et sans publicité.

C’est la culture qui tient le haut du sommaire. Culture littéraire avec un inédit de Virginie Despentes, culture cinématographique avec une longue interview de Céline Schiamma (avec ton portrait à la une). Et cul(ture) avec un article sur le « porno féministe ». Les questions de société ne sont pas oubliées pour autant, comme l’atteste un coup de projecteur sur le « mariage pour tous » un an plus tard.

« Il n’y aura ni conso, ni psycho, ni conseils beauté, d’autres le font déjà. » […] « Nous écrivons pour vous, pas pour les annonceurs. »
(Well Well Well)

Voilà qui explique en partie le positionnement haut de gamme et la vente en librairie (liste des revendeurs) plutôt qu’en kiosque. L’essentiel de 3 000 exemplaires est même distribué dans les seules librairies de la capitale, en attendant des relais provinciaux pérennes. On pourra aussi acheter la revue directement sur son site web à compter du 16 septembre 2014.

À noter que Well Well Well a obtenu sur la plateforme Ulule un financement participatif (crowdfunding) de 17 366 €, soit 173 % de plus qu’attendu, à travers 427 donatrices et donateurs. Le magazine fonctionne sur un mode associatif et repose sur l’enthousiasme d’une dizaine de journalistes bénévoles – y compris la rédactrice en chef Marie Kirschen – et d’une vingtaine de collaborations extérieures.

Jeanne Magazine, pour la lesbienne plutôt populo

Tout autre est le positionnement du mensuel numérique Jeanne Magazine, dont la huitième livraison porte la date de septembre 2014. Ce titre est beaucoup plus proche des hebdos féminins classiques, tant par le prix (2,69 € pour 94 pages) que par les thèmes abordés.

Couverture de Jeanne Magazine

Jeanne : l'avion est prêt, les ventes vont décoller. ©Jeanne-magazine.com.

Les interviews (Florence Foresti) et focus (Jane Goodall) donnent moins dans le genre intello, de même que les rubriques phares consacrée à la psycho, la sexo, la famille, le tourisme et la cuisine (cf. le sommaire de septembre 2014).

Pour le reste, le contenu du mensuel n’est pas moins militant ou fémino-lesbien, comme l’atteste un reportage sur les vingt ans de l’association suisse Lilith.

Jeanne Magazine peut être lu « sur tablettes, smartphones et ordinateurs » et son contenu multimédia inclut des photos, musiques et vidéos. On peut acheter au numéro ou s’abonner pour six mois, un an ou deux ans.
Le format du magazine n’est pas précisé, mais il semble que l’on doive télécharger une application pour le lire.

Les deux magazines comblent le vide laissé par la disparition fin 2012 de Lesbia Magazine (créé trois ans après Le gai pied, en 1982) et en 2013 de La dixième muse. Il est vrai que l’homosexualité féminine en magazine souffre d’un double handicap : elle se vend peu et n’attire guère les annonceurs.

Commentaire. L’argumentaire utilisé par Well Well Well pour trouver un capital d’amorçage est assez révélateur. Le nouveau titre se veut « un bel objet qui allie la démarche journalistique et la qualité iconographique d’un magazine à l'écriture soignée d’un livre ». Cette « écriture soignée » étant l’apanage du livre et non de la presse magazine. Cruel constat.

Philca / MensGo
(via Libération Écrans du 9 septembre et Le Monde du 14 septembre 2014)

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