VIH, adultère et boîtes de nuit

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VIH, adultère et boîtes de nuit

infographie Truvada

Ceux qui prennent du Truvada deviennent-ils moins infidèles ? ©Truvada.com.

(Blogmensgo, 11 février 2013) Une équipe de chercheurs dirigée par Steve E. Bellan, de l’université du Texas à Austin a publié le 5 février 2013, dans The Lancet, les conclusions préliminaires d’une étude visant à mesurer la part des contaminations au VIH ayant pour cause l’adultère. Bien que le panel étudié par les chercheurs se compose uniquement de couples hétérosexuels en Afrique subsaharienne, les conclusions présentent un certain intérêt car il s’agit là de la première mesure scientifique du phénomène.

The Lancet : résumé (gratuit) | texte complet (payant)

L’infidélité conjugale est à l’origine d’une contamination au VIH dans 27 % à 61 % des cas chez les hommes, dans 21 % à 51 % des cas parmi les femmes. Pour la seule année 2011, environ 32 % à 65 % des nouveaux cas de VIH sont imputables à une transmission extraconjugale chez les hommes, contre 10 % à 47 % des femmes. Telles sont les principales conclusions chiffrées auquel a abouti l’équipe de Steve Bellan.

Pour y parvenir, les chercheurs ont étudié un panel de 27 201 couples mariés ou concubins dans 18 pays subsahariens. Les résultats comparent d’un côté des réponses déclaratives et de l’autre des données plus objectives. Un modèle mathématique a été spécialement utilisé afin d’inclure des éléments factuels comme la prévalence du VIH dans tel pays, la durée moyenne d’exposition au VIH et le taux de couverture par antirétroviraux. Côté déclaratif, une compilation des données relatives à chaque couple : âge de l’homme et de la femme, statut et antériorité sérologiques, âge du premier rapport sexuel, niveau de fidélité, etc.

Si un calcul scientifique du taux des contaminations dues à l’adultère est une première mondiale, il ne fait que confirmer des intuitions généralement admises.

L’intérêt de l’étude concerne surtout les éléments réutilisables dans les stratégies de prévention du VIH en général, à l’aide d’antirétroviraux en particulier. L’équipe de Steve Bellan préconise de ne pas limiter la prévention aux seuls couples sérodiscordants, mais de l’élargir à l’ensemble de la population sexuellement active, en raison justement du fort taux de contamination d’origine extraconjugale.

C’est plus ou moins pour ces raisons que l’association Aides, dans une interview à Têtu (5 février 2013), confirme son souhait d’utiliser le Truvada comme traitement préventif. Pour « les personnes des communautés subsahariennes et les gays », car « il existe, dans ces groupes, des personnes qui ont des difficultés avec l’usage systématique du préservatif, à un moment donné de leur vie ».

Mais pas question d’utiliser le Truvada pour remplacer la capote, car les antirétroviraux ont une faible efficacité prophylactique contre le VIH/sida et ils ne protègent pas contre les autres infections sexuellement transmissibles.

L’efficacité des antirétroviraux en administration préventive n’est pas encore démontrée sur le long terme. Aux États-Unis, le Truvada en traitement préventif n’est en effet autorisé que depuis juillet 2012.

En fouinant dans The Lancet j’ai également trouvé un article du 12 janvier 2013 (disponible en texte intégral) qui évoque, dans les boîtes gay de Londres, la recrudescence des pratiques toxicomaniaques à risque et leurs conséquences épidémiologiques potentielles.

Philca / MensGo
(via Têtu (Truvada) du 5 février et The Economist du 9 février 2013 [adultère])

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