Les députés suisses votent une adoption homoparentale au rabais

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Les députés suisses votent une adoption homoparentale au rabais

(Blogmensgo, 13 décembre 2012) Le Conseil national, chambre basse du Parlement suisse, a adopté le 13 décembre 2012 une motion intitulée « Droit de l'adoption. Mêmes chances pour toutes les familles. » Ce texte autorise les couples de même sexe à adopter l’enfant du conjoint.

Photo du Conseil national

L'éléphant parlementaire accouche d'une souris législative. ©2009 Béatrice Devènes / Pixsil.

La motion a obtenu 113 voix pour et 64 voix contre. Elle limite toutefois l’adoption à l’enfant du partenaire de même sexe dans le cadre d’un partenariat enregistré (version helvétique du pacs). Le Conseil des États, chambre haute du Parlement suisse, avait voté le 14 mars dernier une motion autorisant l’adoption par des personnes homosexuelles quels que soient leur statut conjugal et le sexe de leur conjoint (cf. notre article du 15 mars 2012).

Le député socialiste Carlo Sommaruga souligne que selon la commission parlementaire préparatoire « aucune étude scientifique sérieuse ne permet de conclure que les enfants vivant dans un contexte homoparental ou ayant été adoptés par des parents homosexuels aient un développement personnel négatif, ce qui pourrait justifier une réserve en matière d’adoption homoparentale ».

Les députés ont adopté une version amoindrie du texte initial présenté aux sénateurs, alors que pourtant la législation actuelle « aboutit à des distorsions et à des situations absurdes », a dit le député Sommaruga. Et de souligner que « le droit actuel est incohérent, puisqu’il permet l’adoption individuelle alors même que des personnes en partenariat enregistré ou en concubinage ne peuvent pas adopter d’enfants ».

Les socialistes et les écologistes ont pleinement soutenu cette motion, laquelle a divisé le groupe libéral-radical (droite) et a été rejetée par l’UDC (extrême droite).

Le texte doit maintenant repasser en seconde lecture devant le Conseil des États. Si les sénateurs valident le texte dans sa version actuelle, les homosexuels de Suisse auront le droit d’adopter l’enfant de leur conjoint mais ne pourront toujours pas se marier.

Commentaire. Cathy Ecoffoy, coprésidente de l’association faîtière Familles arc-en-ciel, « salue haut et fort ce vote puisqu’il prend en compte la réalité des enfants ». Dont acte.
Il n’empêche que c’est aussi et surtout une loi au rabais : les couples pacsés pourront adopter exclusivement l’enfant du partenaire, seuls des célibataires ayant la capacité juridique d’adopter un autre enfant.

Plusieurs députés – et des sénateurs avant eux – ont brandi contre le texte initial et sa version amoindrie des arguments soi-disant logiques où la notion de « nature » tenait lieu de prêt-à-penser. Exemple en provenance du député Christian Lüscher : « La nature a décidé que les fleuves vont de la source à l’embouchure. De la même façon, elle a voulu qu’un enfant ait un papa et une maman et non pas deux papas ou deux mamans. » Dont acte.
Si l’on suit le député Lüscher et sa logique digne d’une cour de récréation, les saumons qui pour frayer remontent de l’embouchure à la source, et des tortues qui retournent sur leur lieu de naissance pour y pondent leurs œufs – ces animaux vont à contre-courant de la nature lüscherienne et ces êtres contre-nature font obstacle à la logique de cet aimable député, laquelle exclut évidemment les barrages, ponts et autres aménagements fluviaux que la nature n’a jamais prévus qu’elle ne saurait par conséquent accepter.

En France, les députés envisagent d’autoriser les lesbiennes à se marier sans leur accorder aucun droit à la procréation médicalement assistée (PMA). En Suisse, les parlementaires envisagent d’autoriser les gays et lesbiennes à adopter (a minima) sans leur permettre de se marier. Et ces deux pays, adeptes chez eux de demi-mesures en matière de droits de la personnes, se croient aptes à donner des leçons de démocratie au monde entier.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 13 décembre 2012, dont Le Figaro, Libération et Le journal de Saône-et-Loire)

0 réponses

  1. […] aumenta as disposições de uma lei votada em 2012 com uma distribuição quase idêntica de votos (nosso artigo). A lei de 2012 era na realidade aplicada na prática para os pares. Nesta época o Conselho […]

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