L’Église catholique française cherche à contrer la légalisation du mariage gay

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L’Église catholique française cherche à contrer la légalisation du mariage gay

Photo de prêtre officiant

L'abus de vin de messe est dangereux pour la santé… mentale. ©Photoxpress/Fotosergio.

(Blogmensgo, 30 août 2012) Le gouvernement français envisage de soumettre au législateur, vers octobre 2012, un projet de loi visant à légaliser le mariage homosexuel. La hiérarchie catholique française, hostile à un tel projet, étudie les moyens de riposter. L’idée consisterait à célébrer des mariages religieux – hétérosexuels – avant qu’ils n’aient été validés en mairie.

Le raisonnement de l’Église catholique, tel que l’explique France Inter (lancement en HTML | son en MP3), est assez simple. « Si le mariage [civil] s’ouvre aux homosexuels, alors il est dénaturé, donc plus besoin de le respecter. »

Des prêtres catholiques qui ne se sentiraient plus tenus de respecter la prééminence du mariage civil sur le mariage religieux ? C’est légal dans la plupart des pays, mais c’est illégal en France, où un mariage n’a d’existence légale que s’il est prononcé en mairie (ou dans tout lieu désigné comme tel), un mariage religieux ne pouvant être célébré qu’après validation du mariage civil.

Tout ministre d’un culte (prêtre, pasteur, rabbin, imam ou autre) est tenu, avant de célébrer un mariage religieux, de vérifier l’acte de mariage civil des futurs conjoints. L’article 433-21 du code pénal punit tout contrevenant « de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende ».

La prééminence juridique du mariage civil sur le mariage religieux remonte à une loi du 20 septembre 1792 et au code civil édicté le 21 mars 1804 par Napoléon Ier. Depuis lors, le mariage religieux n’est plus obligatoire, il n’a plus aucune valeur légale et ne peut plus être prononcé avant un mariage civil.

Les poursuites à l’encontre de mariages religieux prononcés en contravention avec la chronologie légale sont rarissimes. De telles poursuites concernent plus souvent des faits non liés à la chronologie, par exemple des soupçons de mariage blanc ou de mariage forcé.

Commentaire. On imagine mal un juge français poursuivre tel curé ou tel évêché, dans un pays où certaines émanations religieuses sont très généreusement subventionnées (écoles confessionnelles, lieux de culte complaisamment estampillés « monument historique », lieux de pèlerinage reconnus comme tels sur la foi de quelques illuminés).

Paradoxalement, on imagine tout aussi mal l’épiscopat français s’enferrer dans un déni de l’homosexualité, alors même que le petit clergé et qu’une forte minorité de catholiques pratiquants ne trouvent rien à reprocher aux gays et lesbiennes qui veulent se marier. L’Église catholique française fut vent debout contre le pacs ; elle n’y est aujourd’hui plus vraiment hostile. L’Église catholique est vent debout contre le mariage gay ; elle changera d’avis à mesure que la baudruche de sa hargne se dégonflera.

Philca / MensGo
(via L’Express du 27 août et Rue89.com du 28 août 2012)

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