L’État de New York recense 7 % de mariages homosexuels

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas encore d'évaluation)
Loading...

L’État de New York recense 7 % de mariages homosexuels

(Blogmensgo, 27 février 2012) Sur les 34 000 mariages célébrés dans l’État de New York depuis la légalisation du mariage gay le 24 juillet 2011, environ 7 %, soit 2 376 mariages, correspondent à des unions entre personnes de même sexe. Cette statistique – qui s’arrête au 31 janvier 2012 et n’inclut pas la ville de New York – émane du ministère new-yorkais de la Santé, mais elle est très certainement inférieure à la réalité car 20 % des couples se sont mariés sans préciser le sexe de chacun des époux.

Photo de Michael Bloomberg

Michael Bloomberg (au centre) milite pour le mariage gay. ©NYC/Edward Reed.

Les statistiques varient fortement d’une commune à l’autre. Dans la ville de Woodstock, par exemple, un bon tiers des 50 mariages célébrés concernait des couples homosexuels dont la plupart se sont épousés le jour même où l’État légalisait le mariage entre personnes de même sexe. En revanche, la ville de Deerpark n’a officialisé qu’un seul mariage homosexuel sur un total de 19 mariages.

Les analystes estiment que la moyenne officielle de 7 % est un bon chiffre, et ce pour une double raison : cette statistique englobe tout le territoire rural de l’État sans inclure la ville de New York, qui est aussi la plus peuplée de l’État ; et elle intervient seulement six mois après légalisation du mariage entre personnes de même sexe (cf. notre article du 25 juillet 2011).

Les avis divergent en revanche sur au moins deux points : le niveau d’acceptation du mariage homosexuel dans l’État et le taux de non-acceptation du mariage gay par les homosexuels eux-mêmes. Dans les deux cas, il est difficile de hasarder le moindre chiffre, faute de statistiques spécifiques.

Quoi qu’il en soit, les droits d’enregistrement des mariages ont rapporté à l’État de New York environ 200 000 dollars de plus au second semestre 2011 par rapport à la même période de 2010. Sans compter les recettes indirectes telles que les nuitées dans les hôtels, les effets sur l’activité touristique, voire les emménagements définitifs.

New York était en juillet 2011 le sixième État ayant légalisé le mariage homosexuel, après le Massachusetts, le Connecticut, l’Iowa, le New Hampshire, le Vermont et la ville de Washington (la capitale fédérale se situe dans le district de Columbia, lequel n’a pas rang d’État). S’y ajoutent deux autres États qui ont légalisé le mariage homosexuel en février 2012 : l’État de Washington (8 février) et celui du Maryland (23 février, entrée en vigueur peut-être à l’automne 2012). Le New Jersey pourrait très prochainement devenir le neuvième État américain à légaliser le mariage entre personnes de même sexe, à condition que le gouverneur Chris Christie revienne sur son veto à l’encontre de la loi votée les 16 et 17 février 2012.

 

Dans l’État de New York, le mariage gay fait revivre l’église de Kingston

La légalisation du mariage gay dans l’État de New York arrange les affaires de Paul Joffe, qui voyait son église de Kingston péricliter et l’avait même mise en vente peu avant la promulgation de la loi sur le mariage homosexuel. Le pasteur a aussitôt reconverti son église de Wurts Street et y célèbre essentiellement, toutes obédiences confondues, des mariages entre personnes de même sexe.

Celebration Wedding Chapel

Un mariage judéo-islamo-bouddhiste ? No problem. ©Celebrationweddingchapel.com.

Rebaptisée Celebration Wedding Chapel, l’église reçoit trois à cinq demandes de mariage chaque semaine et plus de la moitié des unions qu’elle consacre se fait entre personnes de même sexe. Les candidats au mariage gay religieux doivent maintenant réserver une année à l’avance.

 

Le Maryland veut devenir mari-lande

Les couples homosexuels du Maryland n’ont pas attendu la promulgation du mariage gay dans leur État pour convoler en justes noces. Quelques kilomètres jusqu’à Washington suffisent pour officialiser un grand amour ou une union qui dure.

Le Maryland valide en effet toute union de ses ressortissants prononcée légalement dans un autre État. Y compris dans la ville de Washington et le district de Columbia, bien que ces entités soient administrativement rattachées au Maryland.

La légalisation du mariage homosexuel dans le Maryland ne prendra effet qu’à l’automne prochain, même si le gouverneur Martin O’Malley ratifie comme il l’a promis le mariage homosexuel dès le 1er mars 2012. C’est aux électeurs qu’il appartiendra de se prononcer, à l’occasion d’un référendum en novembre 2012, sur le texte adopté en février par une courte majorité sénatoriale (25 voix contre 22).

Le cas échéant, les droits des couples homosexuels mariés du Maryland seront alignés sur ceux des couples hétérosexuels mariés. Quelque 240 avantages réservés aux hétéros mariés pourraient ainsi être conquis à l’occasion du référendum. C’est aussi pour cette raison que de nombreux couples du Maryland choisissent de se marier dans un autre État : ce faisant, ils bénéficient des mêmes droits que des époux hétérosexuels.

En attendant la Cour suprême

C’est aujourd’hui dans le district de Columbia que l’on enregistre la plus forte proportion de ménages homosexuels aux États-Unis : sur 1 000 ménages, quelque 18,08 d’entre eux sont homosexuels, contre 5,81 au Maryland qui se classe au dix-neuvième rang américain. Une légalisation définitive du mariage gay apporterait sans doute au Maryland un meilleur classement sur ce critère.

Aux États-Unis, le dernier mot revient toujours à la justice fédérale et plus particulièrement à la Cour suprême. La plus haute juridiction américaine devra, tôt ou tard, se prononcer sur la question du mariage entre personnes de même sexe. Il s’agira par exemple de déterminer si le référendum de 2008 invalidant le mariage homosexuel en Californie (Proposition 8) était ou non conforme à la Constitution fédérale. Les sages auront sans doute à se prononcer sur la constitutionnalité des décisions prises par certains États de l’Union, qui en faveur du mariage gay, qui à l’encontre des unions homosexuelles.

Le plus difficile sera ensuite de transcrire dans la Constitution ou la loi de chaque État les arbitrages de la Cour suprême. Car les États-Unis demeurent fortement divisés sur la question du mariage entre personnes de même sexe. Une moitié de la population y est favorable et l’autre moitié s’y oppose, avec un pourcentage quasi identique dans chaque camp. D’où la quasi-imprévisibilité des scrutins en matière de droits homosexuels, qu’ils se fassent par voie parlementaire ou référendaire.

Philca / MensGo
(via toute la presse américaine du 27 février 2012, dont Washington Square News [NY], Times Herald-Record [église], Centre Daily Times [Maryland] et The DePaulia)

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *