(Blogmensgo, 15 février 2012) Les enfants ne naissent ni par fellation ni par sodomie. Si tu en doutes, file chez un psy. Si tu n’en doutes pas, sache que le présent article te mettra sur la voie de la parentalité (ou pas). Supposons qu’hier, à l’occasion de la Saint-Valentin, nos amis Valentin et Valentin aient décidé d’avoir un Valentino. Ils n’ont qu’une seule alternative : soit ils font des prières, soit ils vont chez Feeling Parental.
Le site veut « faire se rencontrer des hommes et des femmes souhaitant réaliser leur rêve d’avoir un enfant ». Il s’agit bien d’un site de rencontres, mais de rencontres à finalité procréative. Un baisodrome ? Pas franchement. Un enfer hétéro ? Pas tout à fait non plus.
Feeling Parental s’adresse en partie aux femmes et aux hommes hétérosexuels qui veulent procréer. Mais il s’adresse aussi (surtout ?) « aux femmes, aux hommes et aux couples homosexuels qui souhaitent créer un projet de coparentalité et d’homoparentalité ». Depuis novembre 2011, le site met en relation des femmes qui veulent devenir maman et des hommes qui veulent qui veulent devenir papa.
Concrètement, Feeling Parental met en relation un homme qui veut avoir un enfant avec une femme qui veut avoir un enfant, même (surtout ?) si l’homme est gay et la femme lesbienne. Ce sera donc généralement un projet à quatre (un couple lesbien et un couple gay) réalisé par un père biologique et une mère biologique sans que les deux géniteurs ne forment un couple autrement que pour la procréation et pour l’état-civil.
Feeling Parental veut donc faire se rencontrer de futurs parents biologiques et les préparer, ainsi que le partenaire de chaque géniteur, à devenir « des parents préparés qui accueillent sereinement leurs bébés ». L’insémination artificielle étant illégale en France pour les couples lesbiens, seules restent envisageables dans l’Hexagone une procréation non assistée médicalement et une coparentalité classique. Et c’est là qu’intervient Feeling Parental.
Le site www.feelingparental.com se veut gratuit jusqu’en mai 2012. Son créateur, Clément Carjat, espère fédérer 50 000 inscriptions pendant la phase de gratuité. Outre les prestations fournies sur le site lui-même, Feeling Parental proposera de multiples points de vue et informations – notamment sociologiques et juridiques – à travers un blog d’accompagnement.
Le blog est quasi vierge à ce jour. La page Facebook de Feeling Parental, à peine plus loquace, affiche quatre fans.
Le dossier de presse ne précise pas quels seront les tarifs à partir de juin 2012.
Commentaire. J’ai longtemps hésité avant de relayer l’information. D’abord parce que j’ai cru qu’il s’agissait d’un canular ou d’une idée plus ou moins délirante. N’oublions pas qu’en France, le statut juridique des homoparents – plus particulièrement ceux du beau-parent et du parent non biologique – a de quoi faire pleurer. Mais le site n’a pas une vocation strictement hexagonale, il cible aussi la Belgique et la Suisse – qui ne sont pas plus en pointe que la France dans ce domaine.
Ensuite, plusieurs formulations du dossier de presse m’ont semblé hasardeuses ou maladroites. Exemple : « Une équipe de modérateurs basée à Paris contrôlera le contenu du site Internet, des profils et des échanges entre les membres. » Vous avez dit 1984-Parents.com ?
Enfin, la page d’accueil de Feeling Parental m’a paru tellement moche, avec son bébé engendré par un CD d’images libres de droits, qu’il m’aura fallu plusieurs mois pour surmonter cette hideur primale.
Je n’ai pas poussé l’expérience jusqu’à m’inscrire sur Feeling Parental, bien que ce soit une condition indispensable pour voir ce qui s’y passe. Peut-être le site est-il foisonnant, peut-être est-il à l’abandon. En tout cas, Valentino ferait un bien joli prénom.
Philca / MensGo
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Trop trop bon votre article.
Merci pour cette humour toujours juste, et sympathique.