La militante ougandaise Kasha Jacqueline Nabagesera reçoit le prix Martin Ennals des droits de l’homme

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La militante ougandaise Kasha Jacqueline Nabagesera reçoit le prix Martin Ennals des droits de l’homme

(Blogmensgo, 15 octobre 2011) Kasha Jacqueline Nabagesera, fondatrice et présidente de l’association LGBT Freedom and Roam Uganda (Farug), a officiellement reçu, le 13 octobre 2011, à Genève, le prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’homme. Le millésime 2011 récompense « une femme exceptionnelle d’un rare courage, se battant sous menace de mort contre l’homophobie », a déclaré le président du jury, Hans Thoolen.

La lauréate et son association luttent en particulier contre une proposition de loi qui reprend plus ou moins les stipulations d’un projet de loi présenté il y a deux ans (cf. notre article du 19 octobre 2009) et dont les mesures les plus extrêmes avaient été abandonnées entre-temps. Cette proposition de loi, entre autres dispositions, vise à introduire – dans un pays où l’homosexualité et les homosexuels sont déjà passibles de quatorze années d’emprisonnement – la peine de mort pour « homosexualité aggravée », c’est-à-dire pour relations sexuelles d’un homosexuel avec un mineur ou un handicapé, ou d’un homosexuel séropositif avec une autre personne.
Créée en juillet 2003, l’association Farug a lancé, le 10 août 2011, une campagne contre la haine homophobe en Ouganda. Le manifeste rappelle que les gays et lesbiennes « ne recrutent pas, n’ont jamais recruté et ne recruteront jamais » d’adeptes et que « la discrimination retarde le développement » d’un pays.

Ce manifeste vise à inverser une tendance qui stigmatise la communauté LGBT ougandaise depuis de longues années, torpillant ainsi les efforts de prévention et de prophylaxie antisida, amplifiant la proportion de suicides (par exemple celui du militant Samuel Odhiambo cette année) et de meurtres homophobes (comme celui de David Kato, le 26 janvier dernier, que la police tente de faire passer pour un vulgaire crime de droit commun). La stigmatisation la plus visible fut l’appel au meurtre d’homos outés lancé l’an dernier par le magazine ougandais Rolling Stone (cf. notre article du 2 novembre 2010), qui exigeait la pendaison de David Kato, de Kasha Jacqueline Nabagesera et d’autres personnalités homosexuelles.

Le prix Martin Ennals a été créé en 1994 par dix ONG internationales (liste complète au bas de cette page), dont Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Dans la vidéo qui illustre cet article, l’allocution de Kasha commence à 5 min 43 s. « Les gens comme nous ont besoin de gens comme vous […] car on ne peut pas être libre si son voisin n’est pas libre », a-t-elle notamment déclaré.

Commentaire. Ne surtout pas croire que la récompense décernée à Kasha atteste une décrispation des mentalités en Ouganda, bien au contraire ! Mais c’est un geste nécessaire en vue d’une telle décrispation.

Le chemin sera long en Ouganda, où l’homophobie est quasiment une institution (interdiction absolue d’y parler d’homosexualité à la radio) dont la grande prêtresse n’est autre que la femme du chef de l’État. Et puis les LGBT sont des boucs émissaires bien pratiques lorsqu’il s’agit de détourner le regard de la population pour se laisser corrompre à qui mieux-mieux. Faut dire que la grande prêtresse, hein…

Philca / MensGo
(via Tribune de Genève du 13 octobre 2011)

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