Le VIH devient endémique dans le monde arabe chez les gays et les bisexuels

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Le VIH devient endémique dans le monde arabe chez les gays et les bisexuels

(Blogmensgo, 5 août 2011) Le Medicine Journal de la Public Library of Science (PLoS) a publié, le 2 août 2011, une étude signalant que le VIH dans le monde arabe (soit 23 pays d’Afrique du Nord, du Proche-Orient et du Moyen-Orient) affiche une prévalence infiniment plus forte chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes que dans le reste de la population. Des mesures urgentes sont désormais nécessaires en termes de prévention, de prophylaxie et non-stigmatisation des populations à risque, plaide cette étude coordonnée par Ghina Mumtaz, du groupe d’épidémiologie des maladies infectieuses au Weil Medical College du Qatar.

Ruban rouge et drapeau arc-en-ciel

L’étude mentionne discrètement les ravages de la religiosité… ©Photoxpress.com / indochine.

Dans plusieurs pays, la prévalence du VIH chez certains groupes homosexuels ou bisexuels atteint jusqu’à 28 % (par exemple 27,6 % au Pakistan). La contamination au VIH dépasse même 25 % des cas dans plusieurs pays.

Les comportements à risque ont tendance à se cumuler ici et là : nombre élevé de partenaires (la moyenne varie, en fonction des groupes étudiés, de 4 à 14 partenaires différents au cours des six derniers mois), faible utilisation du préservatif (généralement moins de 25 %), recours à la prostitution masculine ou féminine (chez 20 % à 76 % des sujets en moyenne), toxicomanie, etc. Un facteur de risque majeur est la stigmatisation des gays et des bisexuels, qui freine voire empêche les opérations de sensibilisation, de prévention et de traitement.

Il serait simpliste de prendre pour argent comptant certaines données apparemment satisfaisantes. S’il est vrai que les connaissances élémentaires concernant le VIH/sida sont plutôt bien assimilées, la véritable compréhension des enjeux est d’autant plus limitée que de nombreux gays et bisexuels jugent faible le risque d’infection au VIH. Ainsi, 80 % connaissent l’existence du préservatif mais ses effets protecteurs ne sont cités que par 31 % à 51 % des répondants, sauf au Liban où 96 % des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes savent que le préservatif empêche la transmission du VIH lors d’une pénétration anale.

L’étude entrevoit une lueur d’espoir – à tout le moins une initiative à encourager – dans le fait que plusieurs pays (dont l’Algérie, le Liban, le Maroc, le Pakistan et la Tunisie) contournent les tabous sociaux et religieux en finançant d’une manière directe ou indirecte des ONG qui se chargent elles-mêmes d’informer et de sensibiliser les populations sur tout ce qui concerne, entre autres, le VIH.

Mumtaz G., Hilmi N., McFarland W., Kaplan R.L., Akala F.A., et al. (2010) : Are HIV Epidemics among Men Who Have Sex with Men Emerging in the Middle East and North Africa? A Systematic Review and Data Synthesis.
En HMTL | en PDF.
L’étude s’appuie principalement sur le croisement d’études, de rapports et de statistiques remontant à 2008.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 3 août 2011, dont Le Point et Les Échos)

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