Les étudiants franciliens sont gay-friendly, mais pas trop

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Les étudiants franciliens sont gay-friendly, mais pas trop

Étude SOS Homophobie

Deux heures de cours par an sur l'homophobie, est-ce trop demander ? © Sos-homophobie.org.

(Blogmensgo, 22 février 2011) L’association SOS Homophobie et le Collectif des associations LGBT étudiantes d’Île-de-France (Caélif) ont publié, le 17 février 2011, les conclusions d’un sondage (en PDF) sur « Les représentations de l’homosexualité dans le milieu étudiant » francilien. Quelque 4 638 étudiants, issus pour une bonne moitié des grandes écoles et pour une petite moitié de l’université, avaient répondu à un questionnaire anonyme en ligne administré du 7 avril au 5 mai 2010. Parmi les répondants des deux sexes (presque 50 % pour chaque sexe), 75 % se déclaraient hétérosexuels, 6 % bisexuels et 11 % gays ou lesbiennes.

L’étude montre que les étudiants franciliens affichent une compréhension ou une tolérance assez larges, mais qu’une minorité à élasticité variable reste plus ou moins inconciliante voire carrément homophobe.

Ainsi 82 % des personnes interrogées considèrent-elles que l’homosexualité est une manière d’aimer comme une autre, alors que 13 % y voient une orientation sexuelle déviante. De même, 12 % des sondés ignorent quelle serait leur réaction si leur meilleur ami ou amie annonçait son homosexualité, tandis que 84 % disent que cela n’aurait aucun impact sur leur amitié.

Si 19 % des étudiants trouvent choquant de voir deux personnes de même sexe s’embrasser ou se donner la main, ils sont 11 % à trouver ça choquant quel que soit le type de couple (homo ou hétéro), ce qui laisse 8 % vraiment choqués par une manifestation ostensible d’homosexualité.

Et les manifestations d’homophobie ? Les mots « enculé, pédé, gouine, camionneuse, pédale, tapette » sont considérés comme des insultes homophobes par seulement 42 % des sondés, alors que 21 % y voient des insultes non homophobes, que 10 % ne considèrent comme insultes que certains de ces mots et que selon 39 %, seul le contexte détermine s’il s’agit d’insultes.

[Commentaire. Si l’on suit la même logique, ça veut dire que les mots « connard, crétin, abruti, pauvre andouille » ne sont pas forcément des insultes. À quoi sert-il de faire des études si c’est pour en arriver là ?]

Concernant l’interdiction du mariage homosexuel et de l’adoption homoparentale, respectivement 60 % et 43 % pensent que ce sont des mesures clairement homophobes. La lutte contre l’homophobie implique-t-elle d’autoriser le mariage gay et l’adoption par les homosexuels ? C’est souhaitable selon 29 % des étudiants, voire indispensable selon 44 % d’entre eux.

Commentaire. Les organisateurs du sondage (dont je n’ai évoqué que certains éléments) soulignent les difficultés rencontrées auprès de plusieurs administrations pour diffuser leur questionnaire. L’administration universitaire, plus homophobe que les étudiants ? Cela semble logique, puisque sa moyenne d’âge est forcément plus élevée que celle des étudiants. On gagnerait sans doute à cibler plus l’administration que les étudiants à l’occasion d’une prochaine campagne contre l’homophobie…

Quant à la non-perception de certains mots comme vecteurs d’homophobie, là, je suis un peu perplexe. Le langage évolue et les expressions perdent parfois de leur force quand elles ne changent pas tout simplement pas de signification. Par exemple, les expressions « ne pas faire long feu » ou « tirer les marrons du feu » ou « faire des coupes sombres » sont employées à contre-sens par une majorité de gens. De même l’expression péjorative « remède de bonne femme » est-elle à l’origine, une déformation parfaitement sexiste de « remède de bonne fame », c’est-à-dire de bonne réputation, de bon aloi ; cette même expression a perdu son caractère manifestement sexiste au fil des décennies, même si elle conserve un relent de condescendance qui me gêne.

Bref, dois-je m’offusquer de ce que 43 % des répondants ne voient pas où est l’homophobie quand l’équipe qui perd un match de foot se fait traiter de « tarlouzes » ? Cette insulte – car c’en est bien une – est tellement enracinée dans le vocabulaire des supporters de football que je me pose des questions. Mais le foot n’est-il pas lui-même le sport homophobe par excellence ?

Philca / MensGo

(via toute la presse, dont Métro du 17 février 2011)

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