Photo de cloches d'église

« Ô culte d'un dieu qui n'est pas / Quand feras-tu taire tes cloches ? » (Jules Laforgue) © PhotoXpress.com / Joy Fera.

(Blogmensgo, 15 juin 2009) Une école protestante est fondée à licencier un enseignant ou un pasteur ayant des relations homosexuelles même lorsque celles-ci relèvent strictement de la vie privée. Ainsi en a décidé le Conseil d’État, dont le gouvernement souhaitait obtenir l’avis à la suite d’un tel licenciement prononcé fin 2008.

L’avis du Conseil d’État s’appuie sur des directives européennes relatives aux normes et valeurs en usage dans certains milieux éducatifs. L’homosexualité contreviendrait aux attentes liées à la fonction d’un enseignant ou d’un pasteur et justifierait ipso facto un licenciement pourtant contraire à la loi néerlandaise sur les discriminations, estime le Conseil d’État. Ainsi parviendrait-on, comme le souhaitent certains hiérarques de l’Église réformée, à distinguer une « orientation sexuelle » respectable et des « relations sexuelles » honteuses.

C’est cet avis que les députés puis le gouvernement vont bientôt examiner. Il pourrait en découler une proposition de loi ou un projet de loi. On ignore pour l’instant si le texte s’inscrira dans une logique de continuité ou de rupture par rapport à l’avis du Conseil d’État. Qu’il soit favorable ou hostile à la cause homosexuelle, il est certain que le futur texte suscitera la controverse.

Commentaire. Orientation sexuelle mais pas relations sexuelles ? Bel exemple de casuistique. Comme si l’on autorisait une femme à devenir mère tout en lui interdisant d’avoir des enfants, ou encore un protestant à vivre sa foi tout en lui interdisant l’accès aux lieux de culte.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 12 juin 2009, mise en ligne provisoire)

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(Blogmensgo, 15 juin 2009) Évoquant dans un communiqué du 11 juin 2009 le sondage de Sport/Foot Magazine dont on a parlé ici même il y a cinq jours, l’association Arc-en-ciel Wallonie estime qu’il y a eu tricherie. « Les joueurs interrogés apprécieront l’indélicatesse de Sport/Foot Magazine qui n’a pas hésité à travestir leurs réponses et à leur attribuer une image rétrograde », fustige l’association LGBT.

Photo match de football

Le Turc vient de marquer un but. La Turquie est un pays où les arbitres n'ont pas le droit d'être gay. © 2008 Getty Images / Alex Livesey.

Retour en arrière. Selon les résultats statistiques présentés par le magazine, les réponses spécifiques à l’homosexualité ou à l’homophobie laisseraient croire que « les homosexuels n’ont pas leur place dans le football » (67,8 %) et que l’homosexualité existe dans le milieu du football (environ 25 %).

Le libellé de la première question était « Y a-t-il de la place pour l’homosexualité dans le football ? », signale Arc-en-ciel Wallonie. À cette question 67,8 % des joueurs professionnels évoluant en Belgique dans le championnat de Division 1 ont répondu « Non » et 32,2 % ont répondu « Oui ».

Entre la question réellement posée (y a-t-il de la place pour l’homosexualité dans le football ?) et la réponse apparemment inventée (les homosexuels n’ont pas leur place dans le football), il y a tout un monde d’interprétation que l’association LGBT refuse de franchir, même si elle reconnaît implicitement que le football n’est pas un terreau gay-friendly pour gazon vert belge.

Le communiqué précise que la question « L’homosexualité existe-t-elle dans le football ? » a obtenu 25,3 % de réponses positives contre 18,5 % de réponses négatives, tandis que 56,2 % des sondés ne se sont pas prononcés (ce qui, à mon avis, enlève toute portée significative aux réponses).

Dans le même communiqué, Arc-en-ciel Wallonie évoque toute une série de mesures, d’initiatives et de sanctions relatives à l’homophobie dans les stades de football européens. Ce texte fort instructif mérite une lecture approfondie.

Commentaire. On ne soulignera jamais assez le soin qu’il faut apporter à la rédaction d’un questionnaire et la nécessité d’en vérifier la pertinence auprès d’un échantillon restreint. Il s’agit de la phase de pilotage, comme on dit dans le jargon des instituts de sondage. Même le libellé de la « vraie » question (« Y a-t-il de la place pour l’homosexualité dans le football ? ») demeure passablement ambigu, car susceptible d’interprétations multiples. Je doute par conséquent qu’il s’agisse là du libellé exact (et que le questionnaire ait été administré uniquement en français). Mais si ce libellé est avéré, alors la personne qui a validé le questionnaire mérite un carton rouge.

Philca / MensGo
(via communiqué d’Arc-en-ciel Wallonie du 11 juin 2009, reçu le 12 juin par courriel)

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