Au Congo-Kinshasa, situation aussi pire qu’ailleurs…

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Au Congo-Kinshasa, situation aussi pire qu’ailleurs…

Photo de Joseph Kabila

Joseph Kabila, seul chef d'État au monde dont le site présidentiel propose de la pub pour Les 3 Suisses (véridique !). © Presidentrdc.cd.

(Blogmensgo, 5 mai 2009) Comme chacun sait, il ne fait pas bon afficher trop ouvertement son homosexualité en Afrique. La République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) se situe à cet égard dans la moyenne et les clichés homophobes, quelque saugrenus qu’ils soient, y ont la vie dure.

Dans un long article publié le 5 mai 2009 par le magazine Africultures, Christophe Cassiau-Haurie et Sylvestre Luwa évoquent le cas de la RDC en resituant ce pays dans son contexte africain. L’article s’intitule « L’homosexualité en Afrique, un tabou persistant – Le cas de la RDC ». Pour quiconque méconnaît l’Afrique, cet article sera une véritable révélation. Même ceux – dont moi – qui ont déjà séjourné dans plusieurs pays du continent noir apprendront des tas de choses en lisant l’article d’Africultures.

J’y ai notamment appris comment une rumeur infondée réussit à fausser le référendum constitutionnel de 2005. Une polémique germa d’un article dont une lecture hâtive et erronée fit croire qu’il était ouvertement gay-friendly. « Tout individu a le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, et de fonder une famille… » disait cet article. De nombreuses voix, y compris celles d’intellectuels, s’élevèrent pour dénoncer la prétendue immoralité du projet de Constitution, croyant que le texte autorisait le mariage gay. Résultat, la portée du scrutin en fut passablement dénaturée.

Toute personne ayant séjourné à Kinshasa connaît le foisonnement radiophonique et télévisuel qui sévit dans la capitale congolaise. Là-bas, les sectes à prétentions religieuses ont pignon sur rue et disposent souvent d’espaces d’expression dans les médias audiovisuels quand elles ne possèdent pas tout simplement leurs propres médias. Il en résulte des discours où le simplisme le dispute souvent à la caricature. Mais dans 100 % des cas, les homosexuels et l’homosexualité y sont présentés sous des traits plus ou moins démoniaques. Bref, les tropiques ressemblent plus souvent à l’enfer qu’au paradis.

Cela n’empêche pas le site de la présidence congolaise d’affirmer sans rire que « grâce à la vision et à la clairvoyance du raïs Joseph Kabila, les Congolais de tous bords politiques et philosophiques se sentent libres et s’expriment sans peur d’être inquiétés et malmenés pour leurs opinions » (c’est moi qui souligne). Ce texte ampoulé, dont le ridicule confine au comique, émane du porte-parole du chef de l’État. Encore un qui fait semblant d’ignorer le calvaire que subissent ses compatriotes homosexuels…

Philca / MensGo
(via Africultures du 5 mai 2009)

2 réponses

  1. christophe cassiau-haurie

    Merci de faire le relais d’un de mes articles. Vous pouviez d’ailleurs tout à fait le reproduire in extenso. Enfin, bon courage pour votre noble combat. Celui-ci ne concerne pas qu’une catégorie de personnes mais touche tout le monde : il s’agit simplement du droit à la différence.
    Amicalement.

  2. philca

    Merci, Christophe. On s’efforce ici – dans la mesure du possible – de mentionner des sources sans les siphonner. 😉

    Quant au droit à la différence, même l’autoproclamé « berceau des droits de l’homme », c’est-à-dire la France, considère ce droit comme quantité négligeable. Il n’est que de lire le dernier rapport de SOS Homophobie pour s’en convaincre…

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