La hiérarchie catholique édulcore la position de l’Église sur le préservatif

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La hiérarchie catholique édulcore la position de l’Église sur le préservatif

(Blogmensgo, 1er avril 2009) Deux déclarations successives laissent penser que certains hiérarques de l’Église catholique sont moins obtus que leur chef suprême quand il s’agit d’évoquer l’utilité du préservatif dans la lutte contre le VIH/sida.

L’Osservatore romano consacre dans son édition du 22 mars un article à la position de l’Église par rapport au sida, en s’appuyant sur l’exemple de l’Ouganda à travers l’interview d’un prêtre (Daniele Giovanni Giusti) qui travaille là-bas depuis trois décennies.
Texte original du 22 mars en italien | synthèse en français (édition hebdo du 31 mars, mise en ligne provisoire).

Dans cet article, le quotidien officiel du Vatican cite en exemple l’Ouganda, qui a divisé par trois la prévalence du VIH (taux de personnes contaminées) grâce à une méthode originale intitulée ABC : A pour abstinence, B pour bonne fidélité, C pour capote. Grâce à cette méthode, la prévalence est passée de 15 % en 1991 à 5 % en 2001. L’article, ô nouveauté, souligne le rôle positif du préservatif pour trois groupes à risques : les homosexuels, les prostituées et les toxicomanes. L’efficacité de la capote étant chiffrée à 96 % en temps normal et à 87 % dans un contexte africain, l’abstinence reste donc le seul moyen efficace à 100 %, affirme le quotidien catholique. Et l’interview de relativiser les propos du pape, qui s’en serait pris au triomphalisme des fabricants de capotes plutôt qu’à l’efficacité intrinsèque du préservatif.

Photo d'Ilídio Pinto Leandro

Différente du pape est la position (du missionnaire ? ) qu'adopte l'évêque portugais Ilídio Pinto Leandro. © Diocesedeviseu.pt.

Ilídio Pinto Leandro, évêque du diocèse de Viseu (Portugal), a pour sa part tenu à rectifier le tir en expliquant que toute personne sidéenne « qui ne peut éviter d’avoir des rapports sexuels, est moralement obligée de ne pas transmettre la maladie, en utilisant un préservatif ». Le même texte (en portugais au format Word [n’est plus en ligne]), publié sur le site web du diocèse, explique toutefois comprendre parfaitement la position du pape, dont les déclarations ont récemment suscité la polémique.

Commentaire. Si les propos de l’évêque portugais sont sans commune mesure avec l’obscurantisme du Vatican, ils ne sont pas dénués d’une bonne dose de jésuitisme.
Quant au prétendu succès de l’Ouganda, il n’est pas innocent. D’abord parce que l’Ouganda est peut-être le plus homophobe de tous les pays d’Afrique de l’Est ; le simple fait d’y évoquer l’homosexualité sur les ondes d’une radio privée peut se solder par une peine d’emprisonnement. Ensuite parce que l’Ouganda, pays à la confluence de la chrétienté et de l’islam, est un terreau fertile pour les évangélistes et prédicateurs de tout bord, fous de dieu dont l’action ressortit plus à l’illuminisme sectaire qu’à la bienveillance spirituelle. Dans ce pays comme dans toute la sous-région, de nombreuses ONG à financements religieux n’hésitent pas à sacrifier des pans entiers de l’action sanitaire et sociale, sous prétexte qu’elles sont hostiles à l’utilisation du préservatif. Du trinôme ABC, il ne reste bien souvent que le binôme AB – dont on sait les effets dévastateurs quand il est peu respecté ou mal compris en milieu rural sous-informé.

Philca / MensGo
(via 20 Minutes du 25 mars [Vatican], Le Figaro et NouvelObs.com [Portugal] du 28 mars 2009)

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